19 août 2007
Bye bye
Je mets un terme à ce blog deux ans jour pour jour après l'avoir ouvert. Ca a été une aventure formidable, dont j'avais tiré un bilan après un an, auquel je n'ai pas grand chose à ajouter ou enlever. J'en retiendrai surtout les rencontres virtuelles ou réelles et en particulier les amitiés qui sont nées sur ces pages (pas de noms, ils se reconnaîtront), et un enrichissement personnel (dont un certain apprentissage de la modestie). Il y a quelques jours, Eric Mainville demandait sur Facebook "qu'est-ce qu'un bon blog ?", j'ai répondu "celui qui rend son auteur un peu moins con". J'espère qu'Adam Kesher aura été un bon blog... Si vous voulez en savoir plus sur la suite de mes aventures n'hésitez pas à m'envoyer un mail. Merci à tous ceux qui sont passés par ici et en particulier aux commentateurs, cela a beaucoup compté pour moi. Je laisse le blog ouvert.
11 août 2007
Le mot du jour
"Là, si tu me touches le sexe je vais bander, c'est une question de feeling avec la personne. D'ailleurs tu fais l'interview d'un acteur porno, pour faire ton sujet à fond tu devrais baiser avec moi. A Beyrouth ou en Irak, les journalistes vont directement sur le terrain, sous les bombes et les grenades !"
- Sebastian Barrio, à l'aimable attention de Sarah Constantin qui l'interviewait pour le numéro d'été "Sexe" des Inrocks .
25 juillet 2007
Brief client

C'est signé Olivox.
(cliquer pour agrandir)
24 juillet 2007
Et le dialogue, bordel.
Si vous avez lu le dernier Stratégies sur les "Blogs de com", vous n'avez pas manqué de jeter un oeil sur la trentaine de blogs - dont certain très estimables - sélectionnés par la rédaction, à qui "Stratégies a proposé (...) d'envoyer trois éléments : leur note la plus représentative, un verbe résumant leur projet et une photo". A lire en ligne ici.
Vous avez alors peut-être remarqué (ou pas) que parmi tous les verbes choisis par les blogueurs pour décrire leur projet (communiquer, décrypter, décloisonner, évangéliser, informer, oser, différencier...), aucun n'a choisi "dialoguer" ou "converser". Mention spéciale tout de même à Emmanuel Brunet qui a choisi "interagir".
Significatif ?
10 juillet 2007
Daniel Schneidermann sur l'image televisuelle
Tiens, je retombe je ne sais comment sur cette conference donnee par Daniel Schneidermann a l'Universite de tous les savoirs en 2004, sur un sujet passionnant mais de moins en moins debattu (effet d'Internet ?) : l'influence de l'image televisuelle. A telecharger ici.
07 juillet 2007
Les 7 nouvelles merveilles du monde, pardon, d’Internet
Enfin ! On va connaître ce soir quelles sont les 7 merveilles du monde. Pas celles du monde antique, qui ont toutes disparu à l’exception des pyramides d’Egypte. On va connaître ce soir les 7 merveilles du monde MODERNE, élues démocratiquement par les internautes du monde entier, invités depuis 2001 à choisir parmi une sélection de 21 monuments présentant l’avantage de ne pas avoir (encore) disparu.
C’est à la base une initiative du cinéaste suisse Bernard Weber, créateur de la fondation privée New7Wonders, qui va donc opportunément livrer le 7/7/07 les résultats des 70 millions de votes (soixante-dix millions), au cours d'une cérémonie pleine de pipoles en tous genres.
Alors, la Tour Eiffel ? La grande muraille de Chine ? Tombouctou ? Angkor ? Stonehenge ? L'opéra de Sydney ? Peu importe le résultat final que l'on ne connaît pas encore à cette heure, puisqu'il s’agit ici (et comme souvent) de discuter de la forme plutôt que du fond. (Et passons aussi sur l’idée d’établir un hit-parade des monuments nationaux.)
L’idée des 7 nouvelles merveilles du monde est une idée géniale (car capable de mobiliser des millions de personnes autour d’un concept pensé en deux secondes et réalisable en deux minutes) et dangereuse. Car on est en plein dans un nouveau mirage de la démocratie participative.
Il est bien évident que les résultats ne reflèteront pas une quelconque objectivité (illusoire de toutes façons sur ce type de sujet) ou une quelconque expertise des 70 millions de votants, mais seulement la force des images et la capacité à mobiliser.
Comme toujours ou presque avec les votes sur Internet (votes de jeunes talents, etc.), le vainqueur n’est pas le « meilleur », mais celui qui arrive le mieux à mobiliser l’opinion autour de lui (ou pire, celui qui gruge le mieux). Un concours de jeunes artistes récompense au moins autant le plus habile et celui qui réussit le mieux sa communication, que celui qui plaît ou encore moins celui qui a du talent.
Même chose ici : le résultat est une savante équation entre l’envie de gagner manifestée par les parties prenantes (voir ci-dessous), les taux de connections et le potentiel de foules mobilisables (il y a plus de Brésiliens que de jordaniens). Bref, ces résultats seront un mélange entre des représentations ("pour moi, la grande muraille de Chine est un monument plus important que le Kremlin") et des luttes d'influence ("votez pour moi").
Quelques extraits de cet article du Monde « Pour les 7 merveilles, votez Machu Picchu », daté du 7/7, pour achever de s’en persuader :
« Au Pérou, ce concours passionne. Des ordinateurs ont même été installés dans les supermarchés afin de pousser les clients à voter. Soutenue par de nombreuses entreprises, la campagne a aussi reçu l’appui du gouvernement, qui aurait consacré entre 15 000 et 20 000 dollars à la promotion du site archéologique. «Si l’on gagne, le pays attirera sûrement plus de touristes », estime le ministre du commerce extérieur et du tourisme, Mercedez Araoz, pour qui la mobilisation autour du Machu Picchu a été l’occasion de « créer un élément d’identité nationale ».
L’engouement pour le concours n’a pas touché que le Pérou. Au Brésil, le Président Luiz Inacio Lula da Silva a appelé à voter en faveur du Christ rédempteur de Rio, tout comme la famille royale jordanienne l’a fait pour la ville de Pétra. Le dirigeant de la Bavière, Edmund Stoiber, a appelé les Allemands à soutenir en masse le château de Neuschwanstein. Le concours est par contre passé inaperçu dans d’autres pays comme la Chine ou la France, pourtant bien placés dans la compétition avec la Grande Muraille et la Tour Eiffel. »
Je ne suis pas sûr qu’il faille commenter beaucoup plus : ce concours appelle (et c’est un des problèmes de la démocratie participative sur Internet, exacerbé dans les mécaniques de concours où il y a quelque chose à gagner), au mieux à voter en fonction de l’image ou de l’expérience personnelle qu’on l’on a de tel ou tel monument, au pire il amène ses participants à biaiser les résultats par des effets de mobilisations militants – alors qu’on est au contraire dans un sujet d’experts (1).
Experts qui, s’ils devaient plancher sur une nouvelle liste des merveilles du monde, commenceraient par établir des critères, seraient sélectionnés sur une connaissance exhaustive des sites, s’auditionneraient les uns les autres, pour arriver peut-être, sans doute même, à un résultat subjectif, mais motivé. Et c’est ce qui manque ici – comme, encore une fois, dans toutes les mécaniques de concours sur Internet.
Difficile de dire quel sera l’impact de ce vote : sera-t-il pris au sérieux ou non ? Utilisé comme un label par les sites concernés ? Très médiatisé ou pas ? Générateur de tourisme ou pas ? Les réponses à ces questions légitimeront ou non les mobilisations et les investissements péruvo-brésilo-jordano-allemands.
Si le retentissement est international et plus qu’anecdotique, on pourra en déduire qu’Internet remplace l’expertise par le marketing et que ce concours est un nouvel avatar de la société de l’image.
Si ce concours reste pris pour ce qu’il est, une sympathique initiative permettant de faire connaître une vingtaine de sites magnifiques, mais sans plus, on pourra en déduire que l’opinion conserve un minimum de jugeotte.
En attendant, je lance le concours de la plus belle ville du monde. Internautes de tous les pays, mobilisez-vous.
05 juillet 2007
"870 000 vidéos vues, selon l'AFP"
Vous avez peut-être entendu parler du coup de sang de la journaliste américaine Mika Brzezinski, présentatrice d'une émission du matin sur la chaîne câblée américaine MSNBC, refusant il y a quelques jours d'ouvrir son journal sur la sortie de prison de Paris Hilton - on la comprend (1) - et s'engueulant en direct avec ses co-présentateurs. La vidéo est évidemment sortie sur le net et a fait un petit tour du monde.
Pour ma part c'est avant-hier via lemonde.fr que j'ai entendu parler de l'affaire - assez marrante, désespérante ou revigorante, au choix. Mais il y a une petite phrase dans cet article relatant l'affaire qui, je trouve, mérite une minute d'attention :
"Et une fois encore, un site de partage de vidéos en ligne a permis qu'il (le coup de sang) soit aussitôt et largement diffusé sur les écrans du monde : selon l'AFP, l'épisode aurait été vu quelque 870 000 fois sur YouTube."
Que veut nous dire Le Monde par là ? Autant que sur la "résistance" de la journaliste au système (saluable),
l'information mise en exergue est la capacité du net à diffuser une information - en l'occurrence, une vidéo.
Cet article, en substance, dit "comment le net a une nouvelle fois permis à une vidéo de faire le tour du monde". Donc c'est un article sur la puissance d'Internet. Et donc, ce qui m'amuse / m'interpelle / me fatigue, c'est ça :
"Selon l'AFP, l'épisode aurait été vu quelque 870 000 fois sur YouTube".
Et selon la police ?
On a ici un concentré de plein de choses intéressantes :
- "je parle de la puissance d'Internet, mais
je ne maîtrise pas assez bien pour vérifier les chiffres pourtant
disponibles en ligne et accessibles en 30 secondes" (15 secondes habituellement, mais reconnaissons que la journaliste a un nom compliqué qui rend la recherche particulièrement complexe)
- la paresse journalistique et l'AFP-dépendance : "l'AFP a dit, donc j'écris"
- une forme de prudence suite à quelques plantages de journalistes sur les dénombrage des vidéos vues : "si jamais le chiffre n'était pas bon, notez bien que ce n'est pas moi qui ai compté" (à ce sujet, relire l'analyse de Guilhem Fouetillou sur la vidéo de Sarkozy bourré / pas bourré au G8 ainsi que celle de André Gunthert sur le Figaro qui n'avait rien compris au système des tags)
Au moment où j'ai lu ce billet du Monde (mise à jour le 3 juillet à 16h38), la première vidéo qui sortait sur la recherche 'Mika Brzezinski" sur Youtube avait été vue 1.8 millions de fois - et je ne parle que du premier résultat de la recherche, pas d'une recherche approfondie. A l'heure où j'écris ces lignes, les vidéos taguées "Mika Brzezinski" sur le seul YouTube ont été vues environ 2.4 millions de fois. On est donc très au-delà du chiffre annoncé par l'AFP et repris par le Monde de 870 000 vidéos vues.
Au final j'abonde dans le sens du Monde puisque le propos est de dire que les chiffres sont impressionnants et ont permis à une séquence câblée, isolée, d'être largement diffusée et vue. Mais la difficulté des journalistes (et ce n'est pas propre au Monde) à manier les chiffres d'Internet, et en particulier les vidéos vues, m'impressionne.
Il n'y a pourtant pas grand-chose de plus à faire que d'identifier les plates-formes (YouTube, DailyMotion etc.), chercher la vidéo postée en réfléchissant aux tags ayant pu être utilisée par les internautes (Mika Brzezinski, MSNBC, Morning Joe, Paris Hilton...) et compter. La nature de l'exercice rend la précision difficile mais permet d'indiquer des grandes masses très facilement.
Dans le genre "on compte les vidéos", voir l'exercice très intéressant effectué par Sylvain Weber.
Notons enfin que Lemonde.fr ne permet de cliquer pour regarder la vidéo que dans un premier article sur le sujet et pas dans l'article sus-mentionné. Pour cela, il faut lacer Youtube et chercher... Il faudra bientôt écrire sur l'utilisation des principes de navigation sur Internet par les grands médias.
(1) et au passage et pour faire suite au billet précédent, on peut aller soutenir quelques causes anti-Paris Hilton sur Facebook, comme celle-ci :
04 juillet 2007
Les bonnes causes de Facebook
Parmi les fonctionnalités intéressantes de Facebook se trouve l'application "Causes" qui permet de relayer sur sa page perso ce qui sont en principe de bonnes oeuvres et de faire / récolter des dons. Si cette application est potentiellement un réceptacle à tout et n'importe quoi (petits malins qui proposent de "soutenir le réchauffement climatique", combats life / choice, pro / anti Bush, pro / anti mariage homo, pro / anti port d'armes...), il est intéressant de voir le potentiel de mobilisation à ce stade du développement de Facebook.
Evidemment on est en quasi-territoire américain et la nature des causes les plus populaires s'en ressent. Je me suis donc amusé à récolter quelques chiffres pour dégager des tendances. A savoir d'abord : si Facebook compte 28 millions de membres (combien sont actifs ?), l'application "Causes" est utilisée par un peu plus d'1.3 millions de personnes.
Le hit-parade des causes les plus soutenues à ce jour donne les résultats suivants (je me suis arrêté à celles qui réunissaient au moins 20 000 membres) :
(cliquez pour agrandir)
Je ne saurais absolument pas dire si les
causes les plus po
pulaires de Facebook sont représentatives des causes
populaires tout court, mais on voit à la fois une diversité de sujets
et de grosses disparités de mobilisation dans ce graphe en forme de
longue traîne. A partir de combien de membres une campagne est-elle une réussite ? Je n'en sais rien mais on voit que les 3 campagnes star concernent le cancer du sein (seul sujet santé qui ressort), le réchauffement climatique et le Darfour.
Les 3 thèmes qui nourrissent ce classeme
nt sont l'international (Darfour, Ouganda, campagne "One", Palestine, Amnesty), l'environnement (réchauffement climatique, WWF, Green) et... la défense des animaux (au moins j'aurais appris qu'il y a des combats clandestins de chiens aux USA et que 60 000 facebookers se sentent concernés).
Le ration don / engagement est très faible (maximum 0,1 dollar par membre, pour la campagne One ; minimum pour l'anecdote : 0,001 dollar par membre pour.... "Legalize it") et seuls les gros effets de masse permettent de voir arriver des dons (un tout petit peu) significatifs. 12 campagnes ont ainsi réussi à lever plus de... 1000 dollars :
(cliquez pour agrandir)
Je ne suis pas certain des conclusions qu'il faille tirer de ces constats. A priori Facebook est un outil fastoche à utiliser pour relayer une campagne, et l'ONG ou l'agence gouvernementale qui veut faire soutenir sa bonne cause a tout intérêt à prendre les 15 mn nécessaires à proposer sa campagne sur Facebook. Peu importe que mon initiative soit peu relayée, même si j'ai peu de visibilité, elle est gratuite - c'est le fameux modèle bas coûts / bas revenus d'Internet. Mais il y a je pense deux inconnues :
- la dose d'effort réel pour faire connaître sa campagne sur Facebook. Comment arrive-t-on réellement à obtenir le soutien de 460 000 personnes ? Quelle est la part de spontanéité, de viralité véritable, et quelle est la part d'investissement en temps pour celui qui lance la campagne ?
- le potentiel de reprise dans la communauté française de Facebook : leur nombre et leur envie de relayer ou non des campagnes.
Les campagnes françaises type ONG ou action gouvernementale sont pour le moment totalement absentes de cette application "Causes". Mais comme ça ne coûte rien d'essayer, ça ne devrait pas durer : magie d'Internet, le média des sans-voix et des sans-le-sou.
03 juillet 2007
On a retrouvé la SFP...
... et ses clients-partners, et c'est sur Daily Motion... 15 ans après, a-t-on réussi à mieux caricaturer le milieu de la pub ?
PS : je suis vivant
19 mai 2007
Nike entre à l'Elysée
(cliquez pour agrandir)
Chaussures, chaussettes, short : Nike est entré en force à l'Elysée avant-hier. Ce n'est pas très économiquement patriote, mais après tout peut-être que le patriotisme économique a vécu. Je me demande sérieusement ce qu'ils en disent chez Nike... Le Président de la République en Nike, n'est-ce pas une date dans l'histoire des marques ?
En tout cas, je verrais bien Puma, avec sa stratégie de soutien des petites équipes, se rabattre sur Hollande et le P.S.


