25 août 2005
LES INEGALITES AUX USA
Quelques extraits traduits d’une excellente tribune de Steven Rattner, ancien dirigeant de Lazard, et patron d’une banque d’affaires de Wall Street, parue dans le Business Week du 8 août 2005.
Pour ne pas biaiser l’info il faut savoir que Rattner est ouvertement démocrate et qu’il conseillait Kerry lors de sa campagne.
« Bravo au New York Times et au Wall Street Journal d’avoir remis les problèmes de classe en Amérique à la une. Et honte au reste d’entre nous (…)
Pour les plus favorisés, la vie est un doux mélange de mégafortunes, villas somptueuses et yachts immenses. Pendant ce temps là, 80% de la population fait face à la stagnation, en particulier celle des salaires réels qui n’ont pas augmenté depuis 14 mois (…)
Au cours des 30 dernières années, la part des revenus des plus favorisés a augmenté régulièrement, pour atteindre des niveaux jamais vus depuis la veille de la Grande Dépression (…)
La part de revenus des 1% les plus riches est passée de 7.7% au début des années 70 à 14.7% en 2002. En 1928, cette part s’élevait à 19.6% (…)
Les inégalités ont augmenté à tous les niveaux de l’échelle. Les 10% les plus riches ont vu leur part de revenu augmenter de 30%. Les 0.001% les plus riches (13 000 foyers avec un revenu moyen de 10.8 millions de dollars en 2002) ont vu leur part de revenu multipliée par 4. (…)
Qui blâmer ? certainement la mondialisation : les coûts de main d’œuvre dans les marchés émergents mettent un pression sur les salaires des travailleurs américains (…) Les fruits des succès en matière de services et de technologie ne concernent que la tranche de main d’œuvre avec les qualifications nécessaires. D’autres facteurs, comme le tax code, ont joué un rôle (…)
Pourtant la croissance et la réduction des inégalités ne s’excluent pas mutuellement (…) Les solutions existent, mais sont complexes : formation de la main d’oeuvre, vigilance sur les « tax plans » qui créent des inégalités (comme tous ceux de G. W. Bush), protection des populations à risque avec l’assurance salariale (…)
Sans politique de réduction des inégalités, la pression sociale renforcera des courants « durs » comme le protectionnisme. L’inégalité des revenus est plus grande aux Etats-Unis que n’importe où dans le monde industriel, et comparable avec celle des pays du tiers monde. Est-ce cela le rêve américain ? »
