Adam Kesher

Médias. Communication. Société.

30 septembre 2005

L’AVENIR, C’EST LES AUTRES (2)

impasse_avenirSuite du billet d’hier et tentative de réponse à la question : peut-on assurer des conditions de vie décentes à 9 ou 12 milliards d’humains, quand les inégalités qui frappent le monde en 2005 sont aussi importantes ?

La question du développement durable (la capacité de notre génération à satisfaire ses besoins sans compromettre ceux des
générations futures) est déjà décisive. On peut se demander si, dans les pays dits « du Nord », notre génération n’aura pas été la plus privilégiée de toute l’histoire de l’humanité, malgré le chômage, malgré le sida.

Mais le développement durable est trop souvent abordé, au sein des entreprises, comme un alibi pour se donner bonne conscience et se faire bien voir. Bien rares sont celles dont la vision dépasse celle du « qu’est-ce que cela me rapporte ? ».

Au-delà de cette question, les défis majeurs sont ceux de l’alimentation, de l’économie, de la médication et de la politique.

La question de la nourriture devra être résolue par la stabilité politique (les famines récentes n’ont jamais été le résultat d’une absence d’offre alimentaire, mais de désordres politiques ou de conflits), et peut-être par les OGM et les pesticides. J’ai tendance à penser que le rejet des OGM et des pesticides est un snobisme et une absence de projection dans le futur. Etre capable de produire en masse des cultures dont l’existence ne serait pas menacée par la vermine est un enjeu majeur. A-t-on une meilleure solution que les OGM ou les pesticides pour y parvenir ? Pas vache, je vous invite à lire Michel Edouard Leclerc sur ce sujet, favorable mais réservé.

Il faut aussi mettre les pays pauvres en situation de se développer réellement. Il est très inquiétant de voir l’Afrique faire du sur place alors que le monde avance. Que ce soit l’annulation des dettes, l’éducation, les transferts de technologies, les investissements sur place, il n’y a pas de raison d’en rester là. Du point de vue des intérêts privés, investir aujourd’hui, c’est récolter les fruits de la consommation de 15% de la population mondiale demain. Reste à oser.

Bien sûr la question sanitaire est cruciale. Accès des PVD à l’offre médicamenteuse, enrayement des épidémies… Cela passe par les progrès de la science mais aussi par une plus grande générosité des « pays du Nord » avec les « pays du Sud ».

Toutes ces questions renvoient à la stabilité politique. Mais bien malin qui sera capable de prédire les évolutions géopolitiques de demain. Entre la menace nucléaire, la menace terroriste ou les guerres électoralistes américaines d’une part, mais d’autre part la stabilité européenne, et plus globalement le fait que la guerre est devenue économique plutôt que militaire, il y a à la fois des raisons de douter et d’espérer. Alors, espérons.

Espérons que les visions à long terme prennent le dessus. Nos enfants ont tous à y gagner. Malheureusement, le système capitalistique actuel demande des résultats immédiats. Il exige une vision de court terme. Les sociétés avancées ont fait le choix de l’individualisme. Elles ne prépareront leur futur qu’à condition de faire celui de l’altruisme.

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29 septembre 2005

L’AVENIR, C’EST LES AUTRES (1)

overpopulationC’est dans TGV Magazine que je l’ai lu : au mois de décembre prochain, sans savoir ni où ni exactement quand, la terre accueillera son 6,5 milliardième habitant. Le cap des 6 milliards avait été franchi en 1999. On anticipe une population mondiale à 9 milliards d’habitants en 2050, 12 en 2100.

En matière de démographie aussi, la planète est donc en train de vivre une révolution majeure. Après les révolutions industrielles et technologiques, qui ont fait avancer l’humanité en un clin d’œil à l’échelle de son Histoire, on assiste à un accroissement de population dont il serait mineur de le qualifier de spectaculaire : il nous dépasse complètement.

Cette tendance peut être considérée comme une bonne nouvelle, puisqu’elle résulte de la hausse de la natalité et la baisse de la mortalité. C’est le résultat du développement humain, social et sanitaire de nos sociétés. Des progrès de la science et de la médecine, et d’une meilleure capacité des Etats à s’entendre sans se faire la guerre.

Et pourtant, tant reste à faire. Les pays qui vivent dans la richesse ont de nombreux problèmes intérieurs à régler, mais l’écart de développement qui les sépare des autres est scandaleux.

Cette évolution démographique est donc peut-être le résultat de phénomènes dont il faut se féliciter, mais elle s’accompagne d’enjeux sur lesquels il serait bon de se pencher.

Il faut se méfier des solutions faciles. Considérer par exemple que tous les problèmes se règlent par la croissance, c’est sans doute vouloir éviter de se faire mal au crâne en y réfléchissant.

Il faudra guetter les tentations de vouloir régler les problèmes par le cynisme. C’est à dire non pas de vouloir satisfaire leurs besoins essentiels, alimentaires ou sanitaires, mais de laisser famines, épidémies ou génocides régler les problèmes. J’ai toujours le sang glacé quand je pense à cette phrase attribuée à François Mitterrand à propos du génocide rwandais : « un génocide, là-bas, ce n’est pas trop grave ».

Peut-on (et si oui comment) assurer des conditions de vie décentes à 9 ou 12 milliards d’humains, quand les inégalités qui frappent le monde en 2005 sont aussi importantes ?

A vos avis... Je posterai la suite de mon message demain.

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28 septembre 2005

LA SECONDE CHANCE

rainbow_attitudeUne campagne publicitaire montrant deux homosexuels en train de s’embrasser : refusée. Une campagne publicitaire montrant
des fleuristes agressés, torturés, tués : refusée. Une campagne
publicitaire mettant en parallèle le nombre de morts dans les tours jumelles et le nombre de morts de faim, du sida et la pauvreté dans le monde : refusée. Une campagne publicitaire montrant la déchéance d'une toxicomane : retirée.

Les exemples historiques sont légion, les exemples récents ne manquent pas, ici ou ailleurs : la publicité a toujours été sujette à polémiques. Celle du moment porte donc sur la représentation de l’homosexualité et relance donc le débat sur l’homosexualité elle-même.

Résumé des épisodes précédents : le salon Rainbow Attitude projette d’afficher dans le métro une campagne montrant des gays et des lesbiennes s’embrasser, avec le claim suivant : « Ca change quoi pour vous ? Parce que pour nous, c’est important ».

La société Metrobus, qui gère les espaces publicitaires de la RATP, juge qu’elle ne peut accepter les visuels en l’état et demande à ce qu’ils soient remplacés. Ce sera le cas. Plus de baisers, juste des étreintes et des regards.

La campagne de Rainbow Attitude est donc refusée alors qu’elle appelle à la tolérance. Voilà un paradoxe qui sert les intérêts de la cause défendue. Qu’on soit pour ou contre, le débat est soulevé.

De mon adolescence, je me souviens justement de ces discussions sur le bien-fondé de telle ou telle publicité (Benetton en tête), qui créent des divergences, permettent d’identifier des alliés, et forgent le caractère. Dans notre vingt-et-unième siècle
édulcoré, où chaque décision est ralentie ou paralysée par la peur du risque (sur ce point, Christophe Lambert a raison), j’ai envie de saluer toutes les formes d’audace.

Question : n’est-il pas plus efficace pour Rainbow Attitude d’avoir provoqué le débat, en étant positionné comme la victime, tout en diffusant quand même sa campagne de repli ?

La stratégie publicitaire devient bataille médiatique. Rainbow Attitude n’a pas forcément perdu en visibilité sur les affiches, mais a gagné en presse et en marketing viral. La puissance publicitaire reste intéressante, et le buzz permet de gagner en adhésion.

Une bonne solution, pour Rainbow Attitude, consisterait non seulement à alimenter le débat (je cite lemonde.fr : « l'association a décidé de porter plainte pour discriminations contre Metrobus et de saisir la toute nouvelle Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), présidée par l'ancien PDG de Renault, Louis Schweitzer »), mais aussi à organiser un bon marketing viral (à l’image de MTV, cité plus haut).

Dans toute crise, il y a opportunité. Internet offre la seconde chance : celle d’être vu malgré tout. C’est quand même une sacrée sécurité.

Pourquoi d’ailleurs ne pas aller plus loin ? Bien malin sera celui qui concevra une campagne pour qu’elle soit refusée, de façon à rebondir sur les autres terrains de communication. Avec une formidable économie d’achat d’espace, cela participerait d’une meilleure complémentarité entre les différents métiers de la communication : publicité, RP, marketing viral, etc., qui trop souvent s’ignorent.

Au final, quelle efficacité ? En préparant cet article, je me suis rendu compte que beaucoup d’internautes sont sceptiques quant à l’impact du marketing viral. Cela pose une question très large, qui est celle de l’évaluation de l’impact des campagnes de communication. Un sujet à traiter prochainement…

Et à propos, Rainbow Attitude, c’est du 21 au 24 octobre, porte de Versailles à Paris.

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27 septembre 2005

BACK TO THE BLOGS

chaineComme
tout média qui se respecte, le BAK est à la recherche d’exclus. J’en
tiens une aujourd’hui avec l’interview de Frédéric Lambert,
l’initiateur du réseau d’Actlog (auquel le BAK réitère sa fierté
d’appartenance).

Trop rare dans les médias ☺, Fred ne se dévoile que rarement. On peut lire ses posts sur son blog Actuz
et profiter de ses commentaires à droite et à gauche, mais jusqu’ici,
Fred a toujours privilégié le fond à la forme, le débat à la promo.
Longtemps rétif au principe de cette interview (« La vedette, ce sont
les idées que l’on trouve sur les blogs. La vedette ce n’est pas Fred
Lambert »- j’ai dû répondre qu’il n’était pas facile d’interviewer les
idées), Fred la jouait low profile.

Après l’avoir
harcelé d’appels pendant trois semaines et fait trois jours de grève de
la faim au pied de son domicile, il a fini par accepter de recevoir le
représentant du BAK. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur
Actlog ou presque… C’est maintenant.

Depuis combien de temps blogues-tu ? 
Actuz est né en avril 2005 mais l'idée m'est venu en février lors d'un meeting de Patrick Amiel. La base était sur l'actu mais l'idée de départ était de faire l'actu façon "guignols". C'est moins vrai aujourd'hui.

Qu’est-ce qui t’a surpris dans les blogs ? En bien ou en mal ?
Quand
j'ai découvert la blogosphère, c'était via le blog de Patrick Amiel
(encore lui :)) et à ce moment-là, il disait que les blogs pouvaient
changer la façon de faire du marketing. Au premier abord je n'ai pas
compris et très vite j'ai vu l'influence que pouvait avoir les blogs.
Mais le plus intéressant c'est la montée en puissance de la
blogosphère, alors je peux dire que j'ai été surpris et en bien.

On
te sent effectivement très enthousiaste dans tes commentaires, tu dis
souvent qu’il « se passe quelque chose »… Comment définirais-tu le
projet Actlog ? Quelle est son ambition ?

C'est une grande question (cf. un excellent blog).
Tout d'abord Actlog est né parce que je trouvais intéressante l'idée
que l'on puisse avoir une certaine réactivité avec l'actu. Me disant
qu'on est plus fort à plusieurs, j'ai décidé de créer un réseau de blog
qui voulait inciter les internautes à commenter l'actu. C’est aussi
simple que ça. Quant à son ambition, je suis en train d'y réfléchir. Je
pense qu'il va falloir une pause dans le recrutement afin de stabiliser
le réseau pour se donner une ligne directrice cohérente.

On
sent effectivement qu’il y a des affinités qui se créent et qu’elles
doivent se matérialiser dans un projet… Au bout de combien de temps
as-tu reçu la première demande de participation à Actlog ?

Une grosse semaine. Et maintenant, Actlog réunit 9 blogs.

Qui sont les actloggeurs ? Quels sont leurs points communs ? Leurs différences ? Ils sont où ? Ils font quoi?
Cf.
le podcast qui doit bientôt arriver. Il y a de tout et c’est ça qui est
intéressant. Même des supporters parisiens et marseillais ! Actlog est
à Bordeaux, Caen, Lille, Paris, Toulouse, … Il nous faudrait juste
quelqu’un dans l’est pour compléter !

C’est du teasing ! Le réseau est complètement virtuel. Comment faites-vous pour vous coordonner ?
Pour
le moment, essentiellement par téléphone et mail mais j'ai commencé à
en rencontrer et je souhaite donc tous les rencontrer avant de
développer le réseau.

Comment vois-tu ton rôle au sein d’Actlog ? Un animateur, un modérateur, un promoteur, un chef ?
Un
peu de tout en fait, mais comme tout le monde fait son possible pour le
réseau, ma tâche est du coup très allégée. Alors surtout un animateur
et promoteur mais en aucun cas un modérateur.

Quels sont les moyens que tu veux mettre en place pour arriver à ton objectif ? Quels sont les projets dans les cartons ?
Surprise !!! et il va y en avoir.

Encore un teasing ! Comment concilier le fait que des opinions très différentes pourraient s’exprimer dans le même réseau ?
C'est
justement ce que je trouve intéressant afin que tout le monde y trouve
son compte. Ce qu'Actlog revendique, c'est le fait de pousser les
internautes à réagir sur l'information. De favoriser des espaces
d’échanges, de discussions.

Quel est le point fort d’Actlog ?
La qualité de ces blogs. ☺

Est-ce
que tu as peur que d’autres réseaux se forment sur le même modèle ?
Est-ce que tu aspires à ce que ce réseau soit LE réseau de référence ?
Le
réseau de référence, ça pourrait être excellent, mais il est bien trop
tôt pour le dire. En ce qui concerne les autres réseaux, je trouve que
ça serait au contraire très bien, une compétition entre les réseaux ne
pourrait nous pousser qu'à être meilleurs.

Quels sont pour toi les premiers résultats que Actlog a donné ?
Plutôt bons, je ne pensais pas être obligé de refuser des blogs après 2 mois d'existence.

Est-ce qu'il y a des blogs dont tu rêverais qu'ils fassent partie d'Actlog ?
Bien sûr ☺

Pas de drague ouverte, donc ! Comment vois-tu Actlog dans un an ?
Aucune idée. Mais déjà comment sera la blogosphère dans un an?

Même ma boule de cristal ne le dit pas. Ton Top 5 Blogs en dehors du réseau ?
Carnets de nuits, Point blog, Darkplanneur, TheBenitoReport, Ginisty

Merci
Fred et à bientôt avec le projet ficelé alors. En bonus pour
aujourd’hui, j’aimerais faire de la pub pour 5 actloggeurs qui
s’ignorent :

Claire, qui pose pratiquement une Grande Question
qui tue tous les jours… Et qui invite au débat. Elle a parfois déjà la
réponse et nous aussi, mais l’important n’est pas là : il est dans les
textes, à la fois bien documentés et qui constituent d’excellentes introductions au débat.

Le club des vigilants.
Je n’ai pas très bien compris d’où sortait ce club, mais le résultat
est un blog d’actu très très documenté et de très haut niveau.

Parce qu’il y a des gens de communication qui font davantage parler d’eux que lui, le blog PR Land d’Eric Maillard, DGA de l’agence de RP Ketchum. Un communicant qui parle de communication.

Un journaliste économique incontournable : Erik Izraelewicz,
très assidu et facile à lire (pourtant, je vous assure que c’est bien
d’économie qu’il parle). Dommage que les blogs des Echos nécessitent
d’être inscrit pour poster des commentaires. On se contentera de le
lire.

Et si vous n’y êtes pas encore venus, et parce que vous y viendrez, l’inévitable (au moins pour ceux qui le lisent ☺) Carnets de Nuit
de José Ferré. Le Périgord Vert ne doit pas seulement aérer l’esprit :
il le rend plus puissant. D’ailleurs je devrais planifier mes prochains
week-ends, moi…

Posté par adam kesher à 08:35 - 4. web - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 septembre 2005

LE MARCHE DE L’INTELLIGENCE

shadokErik Izraelewicz s’inquiète du moral des cadres, qu'ils ont dans les chaussettes : « Ils se sentent de plus en plus comme les mal-aimés de l’entreprise. Il y a, entre eux et leur société, une distance croissante, une distance qui menace de conduire au divorce. Les trois millions de cadres que compte la France ont le sentiment d’avoir été évincés du pouvoir, d’être devenus, eux aussi, des « serviettes jetables » dans des affaires désormais motivées par une logique uniquement financière. »

Je voudrais proposer un élément d’explication très pessimiste sur ce sujet. Les cadres ont le moral à zéro parce qu’ils sont pris dans un phénomène beaucoup plus large : dans la société actuelle, la demande d’intelligence est bien inférieure à l’offre.

La demande d’intelligence, c’est le besoin que la société exprime pour ce qu’on va appeler d’une manière générale la réflexion, l’analyse, la qualité, le recul. L’offre d’intelligence, ce sont les hommes qui l’ont en eux.

Autour de moi, j’ai donc le sentiment que cette demande serait bien inférieure à l’offre, et que cela s’expliquerait par les tendances actuelles qui gouvernent l’économie. Je vois des entreprises mondialisées où les décisions sont uniquement prises par un siège, le plus souvent aux Etats-Unis, et qui ne demandent à leur filiales nationales que de la mise en œuvre. Même au niveau des directions générales.

Les Américains ont-ils plus d’intelligence à offrir ? Qu’il s’agisse d’une intelligence de réflexion, d’une intelligence technique, d’une intelligence commerciale ? Sans doute pas. Mais ils ont les capitaux, donc le pouvoir et le délèguent peu. Le fameux « think global, act local » incarne très exactement cette philosophie.

Je vois des diplômés de grandes écoles ou de bonnes universités dans des jobs où leurs capacités ne s’expriment qu’à moitié. (Exactement comme une équipe de foot où chaque joueur est capable de gestes étonnants mais qui reçoit une consigne de risque zéro : au stade, c’est à l’entraînement qu’on voit les beaux gestes.)

Je vois des débutants plein d’illusions, qui aimeraient mettre en pratique ce qu’ils ont appris, être incités à moins réfléchir. A entrer dans le moule.

Je vois des réflexions dans l’entreprise, dont le but est d’amener les individus à ne pas avoir à réfléchir. On appelle cela des process. Une forme de taylorisation de l’intellect. C’est effectivement confortable pour l’individu, mais cela participe de ce mouvement qui me semble accompagner la recherche de rationalité économique… elle-même corollaire de l’objectif unique poursuivi par les entreprises : la recherche du profit.

En face de cela, j’ai le sentiment que n’importe quel job pourrait être exécuté par des tas de personnes qualifiées et compétentes. Que la rareté ne serait pas celle de l’intelligence, mais celle de la demande d’intelligence.

Je sais que je n’ai pas tout à fait raison. On manque de diplômés en sciences, en médecine. Certaines entreprises ont les pires difficultés à trouver les profils recherchés. Je veux me tromper.

Mais il serait bon de s’interroger collectivement sur ce phénomène. Le monde recèle d’intelligence, comment l’utilise-t-il ? Comment créer un équilibre sur le marché de l’intelligence ?

Posté par adam kesher à 07:52 - 5. économie - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 septembre 2005

LES PENSEES DE LA SEMAINE

lucian_freud_kate_mossLundi : le « manque de temps »

Le
manque de temps n’est-il pas l’excuse n°1 pour tous les rendez-vous
manqués de notre société ? Il nous est tellement resservi à toutes les
sauces qu’il en devient insupportable.

Car surtout, le
manque de temps n’existe pas. On a toujours du temps. Tout le monde a
toujours le temps. Ceux qui « manquent de temps » utilisent bien leur
temps à faire quelque chose. Le vrai problème n’est pas celui du temps,
c’est celui
des priorités.

« Je n’ai pas eu le temps »
: non. « Ce n’était pas ma priorité » : oui. Quand on veut vraiment
faire quelque chose, on y arrive.

A méditer ? Ou à s’approprier ?

Mardi : la société urbaine coupée en deux

Etrange
vie parisienne où un clivage net s’est établi entre d’une part les
actifs qui courent éperdument après leur temps de loisir, pardon, qui
essaient de remettre les loisirs dans leurs priorités, pour qui le vrai
luxe serait de se demander, ne serait-ce que pour quelques heures, quoi
faire.

Et d’autre part, les chercheurs d’emploi, qui courent éperdument après leur temps « utile », qui ont besoin de cette activité
professionnelle pour se rassurer, se remplir de sens.

Ils
regardent les actifs avec envie, alors que les actifs nourrissent le
fantasme d’échanger les rôles. Et les jalousies réciproques de naître…
Frustration, tu nous tiens.

Mercredi : le racisme tu

La
forme de racisme la plus tue dans notre société, la plus inconsciente,
la plus impalpable, la plus perverse, n’est-elle pas le racisme
anti-laideur ?

Salue-t-on de la même façon les personnes
laides que les autres ? Ont-elles accès aux mêmes responsabilités que
la moyenne ? Existent-t-il des statistiques pour démontrer leur
victimisation ? Disposent-elles d’un espace public pour réfléchir à la
place de la laideur dans la société et revendiquer une plus grande
égalité ?


Jeudi : une pensée pour eux…

… Car ils sont en crise : Hewlett Packard et Kate Moss. Mais pour cette dernière, c’était sans doute un peu moins anticipé.

Vendredi : juste un paradoxe

Dans
les entreprises, les « affaires publiques » sont souvent d’ordre très
privé. Mais dans l’entreprise, on n’est pas à un paradoxe près.

Samedi : de l’exemple du DJ

Le
bon DJ est le meilleur des communicants. Et ce n’est pas de rester
caché dans son coin à envoyer bouler tous ceux qui viennent lui
demander un morceau qui l’en empêche.

La preuve, c’est que pour faire passer son message il doit :

• être patient (en début de soirée la piste est vide)

• rester cohérent dans sa sélection (s’il change trop souvent de style tout le monde est largué)

• s’appuyer sur des leaders d’opinion (les premiers danseurs, qui vont oser et entraîner les autres)


avant de réussir des coups massifs (passer le méga tube que tout le
monde attend sans le savoir et faire pousser des hurlements de joie à
son public)

Inconnu du public qui ne sait pas qui il est
au départ, il se fera progressivement un nom et réussira à attirer
régulièrement son public sur sa seule présence.

Alors, les communicants ne devraient-ils pas davantage prendre exemples sur les DJs ?

Sinon, grand plaisir de revoir une de mes idoles d’enfance sur le banc de l’équipe slovaque de coupe Davis : Miroslav Mecir.

Dimanche : parlons peu, parlons blogs

En repensant aux critiques essuyées par le Darkplanneur et Max
récemment, je me dis que la légende d’Icare constitue une bonne image.
« Icare, trop sûr de lui, vola si haut que ses ailes de cire fondirent
à la chaleur du soleil et qu’il se noya dans la mer ».

Avez-vous déjà remarqué que l’impressionnante blogroll de Nico de Nues
(119 liens au moment où j’écris ce message) est présentée dans une
rubrique intitulée « Blogs I read » (les blogs que je lis). Mais
comment Nico fait-il ? Je crois que j’ai la solution : « Blogs I read »
peut également se comprendre… « les blogs que j’ai lus ». Désolé Nico ☺.

Posté par adam kesher à 12:08 - rien de tout ça - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 septembre 2005

CECI N’EST PAS UN VRAI MESSAGE

targetAhhhrrgghhh… je voulais ne pas parler de blogs mais là je ne résiste pas. Pour me donner bonne conscience, je vais poster ceci en sus de mon message quotidien (et non pas à la place).

Donc voilà : Loïc Le Meur poste un message sur une étude en ligne (en anglais, donc américaine je suppose) à propos de l'interaction entre blogs et relations publiques. L’étude est conduite par Technorati et la société Edelman (un grand réseau d’agences de relations publiques présent un peu partout dans le monde).

Il s’agit d’interroger des bloggers sur leurs relations, effectives ou potentielles, avec les entreprises. Toujours très intéressant de décrypter les questions d’une étude pour comprendre ce que ses auteurs ont dans la tête. Voici quelques conclusions :

Aux USA, la prise en compte des blogs dans les stratégies de relations publiques est déjà très avancée. En témoignent les questions : A quelle fréquence êtes-vous contacté par des entreprises ou leurs fonctions RP ? De quelle façon ? Aimeriez-vous recevoir des échantillons produit de la part d’entreprises, de façon à évaluer des produits sur votre blog ?

Les entreprises ne se posent pas la question de l’utilisation des bloggers pour relayer leurs messages. Elles se demandent comment : Que peuvent faire les entreprises et leurs fonctions RP pour mieux communiquer avec vous ? Comment les entreprises et leur fonction RP entrent-elles en contact avec vous ? Comment aimeriez-vous être approché par une entreprise ?

Elles s’interrogent sur leur légitimité et la façon de la créer : quelle crédibilité accordez-vous à un blog d’entreprise ? Au blog d’un salarié ? Quelle est la meilleure façon pour l’entreprise de prendre contact avec vous ? Notez de 1 à 10 la confiance que vous portez à un message qui vous est adressé par une agence RP / par l’entreprise.

La question posée n’est pas juste celle de la valorisation de leur activité, mais aussi de réagir à de possibles erreurs : comment faire pour les corriger ? Si un de vos posts contient une information incorrecte, comment le corrigez-vous ?

Conclusion : Blogs sous la loupe des entreprises. Blogs dans la sphère commerciale. Blogs opportunités. Blogs risques. A l’une des questions j’ai répondu que je craignais que les bloggers ne sachent pas bien résister aux sirènes des entreprises et que leur parole perde en liberté.

C’est une réponse honnête, mais si l’on veut éviter que cela arrive, il vaudrait mieux répondre « les entreprises n’ont aucune légitimité à s’adresser aux bloggers ». Ce n’est pas vrai, mais c’est ce qui pourrait permettre d’aboutir au résultat le plus sain (même si je ne me fais aucune illusion à ce sujet).

PS : attention, une fois que vous avez répondu, le questionnaire en ligne devient inaccessible.

Posté par adam kesher à 23:06 - 2. communication - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

INSTANTS VOLES

which_direction_01Il arrive qu’en croisant des gens dans la rue, l’espace d’un instant, on leur vole un morceau de conversation, un morceau de vie. Florilège de ces dernières semaines :

Couple sortant d’un immeuble à 8h du matin (elle) :
« Mais si, tu m’agresses. »

Popeux à l’entrée d’un concert (elles) :
« Je lui ai dit que j’allais voir un concert poilu. »

Couple entre deux âges, dans le métro (lui) :
« Chuis comme ça, qu’est-ce que tu veux. »

Blacks chez le primeur, saisissant un fruit (lui) :
« Maintenant, je vais faire comme les vrais Africains. »

Couple sortant d’un bar foot & rock :
(lui) « Non, mais c’est pas grave… »
(elle) « Ecoute, c’est le dernière fois qu’on bouge dans un bar sans connaître. »

Deux yuppies encravatés dans le quartier de la Bourse (lui) :
« Femme au volant, danger imminent. »

Deux collègues de travail énervées (elle) :
« T’as des gens, y te demandent des trucs… »

5 Experts comptables passionnés un samedi midi dans un restaurant japonais (lui) :
« Une immo c’est comme un grand vin que tu laisses vieillir 15 ans et qui se bonifie »

Fou seul hurlant dans la rue (lui) :
« La prison à perpète !! »

Vieux couple dans le TGV (elle) :
« Tu te rends compte… 72 ans… on aurait acheté sa santé. »

Autant de points de départs pour imaginer un avant, un après, une histoire... Stimulant ? Je l’aimerais.

Posté par adam kesher à 11:45 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 septembre 2005

COMPTE-RENDU DE TELEPHAGIE

criticismMercredi soir. Pendant que les bloggeurs parisiens faisaient chuter l’audience des blogs parisiens en se retrouvant à l’Entrepôt au lieu de blogger, j’étais devant ma télé, pour prendre en cours de route Culture et Dépendances sur France 3.

Bon débat sur un sujet ambitieux, « La télé a-t-elle tué la culture ? », avec en vedettes Jack Lang et Thierry Ardisson, et quatre auteurs plus ou moins étroitement connectés au sujet.

Je ne saurais malheureusement pas résumer ici l’ensemble des propos, même pas pour apporter une réponse à la question posée. En revanche, voici ce qui m’a frappé :

La tête de Jack Lang. Je n’avais jamais vraiment regardé la tête de Jack Lang avant. Il a une tête bizarre, avec une forme bizarre, une peau bizarre, des sourcils bizarres, un nez bizarre, une bouche bizarre et des cheveux bizarres.

A part ça, il est clairement en campagne, et me fait peur en demandant s’il est normal que la redevance française soit deux à trois fois inférieure à la redevance britannique ou allemande. Et puis c’est quoi cette manie de vouloir faire comme les autres pays ? Pourquoi ce que font les autres serait mieux ?

Sur son idée de VIème République, je ne serais finalement pas aussi dubitatif que beaucoup de bloggers. Et si effectivement l’ambition, la dynamique, la foi et la croissance découlaient d’une décision aussi radicale ?

La vraie vedette n’était pas une personnalité médiatique. Etonnamment, c’est Jean-Paul Brighelli, ancien prof en ZEP et auteur de « la fabrique du crétin » qui s’est le plus distingué. La
fabrique en question, c’est l’école. Celle-là qui choisit du Pierre Perret pour le commentaire de texte au bac. Il argumente, tient tête, accuse, convainc. Et défend, entre autres, l’idée que certaines personnalités sont très convaincantes pour vendre leur bouquin en télé, mais qu’il n’y a rien dans le bouquin. En espérant que cette vérité ne s’applique pas à lui.

L’animation dynamique de Franz-Olivier Giesbert. Il sait laisser ses invités s’exprimer, tout en apportant ses convictions, poser des questions cash (« Jean-paul Brighelli, vous êtes de gauche ? ») et prendre du recul. Pas mal pour un type venu de la presse écrite.

J’ai d’ailleurs été frappé par l’une de ses remarques à l’attention de l’un de ses invités, Christophe Donner qui a signé un bouquin, « Bang ! Bang ! », semble-t-il écrit au vitriol et attaquant la télé, le système et les animateurs, mais qui une fois en plateau se présente tout sourire et très arrangeant.

Même si cette remarque était portée à tort à Donner, la théorie de FOG est souvent valable. Difficile de rester constant dans une posture, en toutes circonstances, à l’écrit ou à l’oral. Ceux qui le sont n’en ont que plus de mérite.

Je sais :c’est désolant que ces quelques éléments soient ceux qui me reviennent le plus fortement, alors que le débat a porté (avec ses qualités – la qualité, la richesse – et ses défauts – le manque de temps, le désordre) sur l’appauvrissement de l’enseignement, le rôle de la télé dans la société, l’héritage de mai 68, ou encore le regard que l’on portera sur Koh Lanta dans 40 ans. Un peu fatigant en revanche sur ce prétendu âge d’or de la télé.

Mais l’émission a le mérite d’exister, de poser des questions, et d’être un média qui critique les médias. Les blogs ne sont pas seuls.

Posté par adam kesher à 07:24 - 1. médias - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 septembre 2005

INTERLUDE

pauseQuelques bonne lectures, qui ne parlent même pas de blogs :

La Tribune sur les résultats de la Global Clinton Initiative :

Hugo sur Katrina avec un développement très pédagogique sur le mécanisme de l’économie américaine.

Pascal Riché sur les comportements de diva d’Oprah Winfrey.

Mubility sur "the million dollar homepage".

Une Curiosité (Tom Sizemore est le second de Tom Hanks dans le soldat Ryan).

Et enfin, un clin d’œil à quelqu’un qui m’est cher : l’ouverture du blog de Tag qui promet de parler de mangas, de foot, de musique et de plein d’autres choses.

Posté par adam kesher à 23:15 - rien de tout ça - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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