15 octobre 2005
BONNES LECTURES
Tout d’abord je n’ai pas encore signalé ici le lancement de ChampG, blog collectif à l’initiative de Nico de Nues. D’autant plus impardonnable que j’ai le privilège d’avoir été invité parmi les auteurs, comme l’ensemble des Freemen…
ChampG, c’est tous les jours un article (au moins) pioché sur le web, «
pour changer le monde, tout simplement ». Ca tombe à pic.
Ensuite, un article recommandé sur La Fin du Capitalisme que l’on trouve ici
: le Vénézuela retire ses capitaux des Etats-Unis. Une décision prise
début octobre, une info bien entendu passée inaperçue jusqu’ici, mais
qui a une très grande importance symbolique. Il sera très instructif de
voir les éventuelles suites de cette décision.
Toujours sur le registre de la critique sociétale, un des meilleurs articles de Shanti sur son blog : « où sont les petits nouveaux ? ».
Où comment, partant des résultats des Q Awards (!), Shanti se lance
dans un exercice de critique sociétale globale sur l’absence de
créativité et de nouveauté, la radicalisation des courants et
l’impérieuse nécessité pour chacun d’être au moins responsable de
lui-même.
Bon papier de Libé sur le contrôle d’Internet : « Tentatives de coup d’Etat sur le Net ». A l’approche du Deuxième sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) qui aura lieu en novembre à Tunis sous l’égide des Nations Unies, un certain nombre de pays
(Chine,
Brésil, Iran) s’élèvent contre le contrôle total exercé par les USA sur
le web. Mais la contrepartie pourrait être une résolution de l’ONU
restreignant le fonctionnement démocratique d’Internet. Cet
affrontement pourrait-il faire le jeu de l’Union européenne ? Une
troisième voie existe-t-elle ? Faut-il y voir un prémisse à de futurs
grands affrontements entre les USA et la Chine ?
SENS ET (DE)CROISSANCE
Entendu ceci à la télé : « l’actionnaire est complètement déconnecté du salarié et sa seule préoccupation est la rentabilité. Il ne regarde que le résultat, peu lui importent les conditions dans lesquelles celui-ci lui parvient ».
Déjà entendu ? Oui, cent fois, mille fois. Mais celui qui tenait ces propos n’était autre que Jean Peyrelevade, ancien patron du lyonnais devenu consultant, interrogé au cours d’un intéressant Complément d’Enquête à l'occasion de la sortie de son dernier essai, le Capitalisme Total.
Certes, l'orientation politique de Peyrelevade est connue (il était Directeur adjoint de Cabinet de Pierre Mauroy en 1981). Mais il est plutôt réjouissant de voir des patrons ou anciens patrons, parties prenantes du système, pointer les travers de ce dernier. C'est peut-être l’espoir peut-être d’une amorce de dialogue entre ces actionnaires et ces salariés (pas le bouquin à lui seul, mais la goutte qu'il apporte au vase).
L’analyse de Peyrelevade sur le virage pris par le capitalisme depuis 20 ans est sans doute beaucoup plus intéressante et fine que ce qu’on en a entendu dans cette émission. L’idée que le capitalisme a dérivé vers le tout-actionnariat est simple et a déjà été évoquée un peu partout, y compris ici, mais elle n’est pas si évidente à développer en télé.
Dans Complément d’Enquête, l’ancien patron du Lyonnais expliquait donc que le capitalisme fabrique de la croissance, mais qu’il perd son sens. Parfaite mise en bouche pour aller plus loin.
Malheureusement, tout à ma rêverie, j’avais vite fait d’oublier que nous sommes à la télévision. Ce n’était donc pas la mise en bouche mais le dessert. Evidemment, car « Les médias aiment les problèmes, pas les solutions » (puisqu'ils sont à notre image). Complément d'enquête s'est donc arrêté là, avec cette information d’autant plus fiable qu’elle est fournie par l’un de ses acteurs : le capitalisme devient fou. Générique.
Mais alors que fait-on ? Comment redonner du sens à la croissance ? Ce n’est pas que la question reste sans réponse, c’est qu’elle n’est même pas posée. On n’aura pas l’avis de Peyrelevade là-dessus. Heureusement, il est en tournée promo pour son bouquin et celui-ci doit contenir des éléments de réponse. Un peu de grain à moudre, espérons.
J’aimerais en particulier connaître son avis sur la notion de croissance. Peyrelevade avait l’air de considérer que la croissance est une bonne chose. Mais la croissance à tout prix est à mon sens parfaitement illustrée par le visuel qui accompagne cet article.
La question est donc : l’homme, à l’échelle de l’histoire de l’humanité et des civilisations, est-il encore un bébé, un enfant, un ado, un adulte ? Et est-il déjà musclé ou fluet ? En tout cas, il faut des solutions pour l’empêcher d’avoir une crise cardiaque avant sa mort naturelle. Il me semble que nous les attendons encore, mais rien ne nous empêche de les proposer. Ceci dit, le BAK va faire comme à la télévision et s'arrêter ici sur ce sujet.
PS : Un très joyeux anniversaire à T.G.Nial :)
