Adam Kesher

Médias. Communication. Société.

21 octobre 2005

A GAUCHE, A DROITE, EN HAUT, EN BAS, DEVANT OU DERRIERE ?

maingauchemaindroite1Je n’ai pas réellement l’habitude de prendre les débats par leur bout politique sur ce blog. Je trouve d'ailleurs que le manque de considération strictement politique des débats qui ont lieu sur le BAK est appréciable (si Koz me lit, il ne va pas tarder à dégainer). Aussi ai-je choisi de parler de politique en bloc, d'un coup et d'un seul.

Question : existe-t-il un débat en France sur les notions de gauche et de droite ? J’ai le sentiment que les notions de gauche et de droite sont certes sous-tendues dans de nombreux débats, mais jamais vraiment expliquées.

J’ai souvent rencontré des gens qui se revendiquaient d’une sensibilité politique (à gauche comme à droite) mais étaient à peu près incapables d’expliquer ce que cela recouvrait pour eux. Et en particulier, une considération très répandue qu’être de gauche c’est « cool ».

Ayant eu moi-même toujours énormément de mal à me situer, je me suis donc demandé ce que c’était d’être de gauche ou de droite. Faut-il le définir par la vision économique ? La vision sociale ? La vision de la justice ? La vision de l’environnement ou de la culture ? Sans doute tout cela, et un peu plus encore… Je me suis donc construit le tableau suivant à partir de l’idée que je m’en fais :

gauchedroite21



























Au-delà des erreurs, des omissions ou de la subjectivité de ce tableau, je me pose ici deux problèmes et deux questions :

1. Le problème théorique

D’abord, peu d’individus vont se retrouver exclusivement dans une colonne plutôt qu’une autre. Christophe Ginisty avait évoqué avec humour son incapacité à se situer, il y a quelques semaines ("Je suis plus libéral qu’un UMP, plus social qu’un socialiste, plus vert qu’un écolo barbu macrobiotique et puis laïc qu’un libre penseur du Grand Orient de France"). On va souvent déterminer sa situation par rapport à une tendance (plutôt à gauche, plutôt à droite) mais il est difficile de se retrouver en totalité ici ou là. Je peux être de droite, mais réclamer une meilleure redistribution ; je peux être de gauche, mais vouloir une justice plus sévère.

Ne pourrait-on d’ailleurs résumer ce tableau en disant que la gauche est libérale en matière morale et interventionniste en matière économique, alors que la droite est interventionniste en matière morale et libérale en matière économique ?

Et n’y a-t-il pas déjà là un paradoxe fondamental ? Un individu ne devrait-il pas philosophiquement être « totalement libéral » (économie et société) ou « totalement interventionniste » ? Ceci même si les colonnes ont au moins la cohérence de découler toutes les deux d’une conception différente de l’homme ?

Et pourquoi les principes "de gauche" sont ils plus proches de ceux de la religion catholique alors les cathos sont réputés à droite et les gauchistes laïcs ?

Autant d'indices pour dire que les repères manquent de clarté : au moins le modèle américain fournit-il cette clarté éclatante à nos yeux, Bush incarnant tous les travers de la droite.

2. Le problème pragmatique

Ce tableau est évidemment une théorie, voire une utopie. Peut-on réellement reconnaître les politiques de la gauche ou de la droite de ces dernières années à travers ce tableau ? N’a-t-on pas en France une droite qui se rêve à gauche, en championne du social, augmente les prélèvements, etc. Et une gauche contrainte de gouverner à droite (privatisations, etc.) ? Qu’est-ce qui différencie vraiment la politique de droite de la politique de gauche aujourd’hui ? Quel rapport entre les principes et les réalisations ?

Cet écart entre la théorie et la réalité m’a d’ailleurs toujours surpris. A mon avis, l’un des plus grands paradoxes de la société moderne est l’enthousiasme de la gauche pour la construction européenne, qui pose clairement un cadre d’économie « de droite » : concurrence, libré-échangisme, priorité au consommateur…

A partir de là, les deux questions que je me pose sont :

- la définition de solutions meilleures pour l’avenir de notre société doit-elle dépasser les notions de gauche et de droite qui sont complètement obsolètes à force d’imbrications et de gaps entre théorie et réalité ?

- Ou bien, la perte de repères de notre société n’est-elle pas liée à la difficulté de reconnaissance des individus dans l’un ou l’autre des schémas, et dans ce cas ne faudrait-il pas re-clarifier ce que sont gauche et droite, quitte à les réinventer, et permettre à chacun de se repositionner ?

Posté par adam kesher à 09:47 - 3. société - Commentaires [20] - Rétroliens [1] - Permalien [#]

Commentaires

Diversité ?

Même si c'est parfois son problème, j'ai le sentiment que la France possède une diversité plus grande en matière de partis politiques, non ? > Extrêmes, centristes, etc.

Je trouve qu'on constate une basique alternance chez nos voisins, comme par exemple l'Espagne, les Etats-Unis ou l'Angleterre. Nous avons bien évidemment aussi ce qu'on appelle des "partis de gouvernement", mais nous établissons davantage d'alliance.

Posté par Sam, 21 octobre 2005 à 11:02

http://koztoujours.free.fr

Je voulais être sûr de dégainer le premier :-)
Mais là, j'ai du taf; En revanche, j'y reviendrai parce qu'il y a pas mal de choses à dire.

Posté par koz, 21 octobre 2005 à 11:03

oups, m'a gouré

1. raté, je suis deuze
2. je me suis trompé de case pour le titre... Pourrais-tu rectifier ? Cela fait un peu bizarre, tout de même, surtout avec la reprise dans la colonne de gauche.

Posté par koz, 21 octobre 2005 à 11:05

Salut Koz, je ne peux pas rectifier saauf à supprimer ton message. Mais au moins cela rend ton adresse apparente ce qui n'est pas le cas sur Canalblog...

Posté par Adam Kesher, 21 octobre 2005 à 11:13

Bon...

... pas nécessaire d'en faire un fromage. Je trouvais juste ça un peu "déplacé". Ca fait justement le mec qui voulait aboslument que son adresse apparaisse. Alors qu'il y a déjà un lien, dont je te remercie, dans ton billet...

Ah, au fait, je crois que tu es de gauche ;-)
J'y reviens...

Posté par koz, 21 octobre 2005 à 12:26

Pourquoi...

... dis-je que tu es de gauche ?

D'une part, pour badiner un coup. On ne badine jamais trop.

Mais notamment parce que les valeurs que tu attribues à la droite, comparativement à la gauche, sont très généralement marquées d'égoïsme et que, bien que je sois de droite, je ne m'y reconnais pas. Les développements quisuivent éclairent ta démarche mais, si l'on procède par ordre :

- Valeurs fondatrices : humanisme et solidarité contre individualisme et reconnaissance du mérite. Que la droite reconnaisse le mérite, soit, c'est plutôt un bonne chose. En revanche, je remplacerais volontiers "individualisme", par "responsabilité individuelle". Ce qui, pour moi, ne veut pas dire qu'elle doit être seule à jouer mais qu'elle doit primer sur la "responsabilité collective" ou l'intervention de l'Etat. En revanche, exclure l'humanisme et la solidarité des valeurs de la droite, c'est notamment là que je me dis que tu es "de gauche". J'avou perséver dans mon "droitisme" et ne pas avoir le sentiment de manquer à ces valeurs.

- Gardien de la société : l'Etat vs le marché. Là, je crains que tu n'étendes le libéralisme à l'ensemble de la droite. En ce qui me concerne, je suis extrèment loin d'accepter que le marché soit le gardien de la société. Je prenais un exemple basique sur le libéralisme, en pensant aux HLM. Il y a pour ces logements une forte demande et une offre faible. Si seul le marché est souverain, les prix des HLM ne pourraient que croître, jusqu'à ce que les HLM ne soient plus que des H. J'imagine qu'un tel exemple est absurde pour un libéral. Mais ce que je veux dire par là, c'est que, bien qu'étant un vil faciste, il ne me semble pas imaginable une seconde de laisser le marché réguler l'ensemble de nos choix. Toute une frange de la droite, et notamment une droite gaulliste, s'appuie davantage sur un Etat fort capable de corriger les excès du marché.

- Priorité sociétaire : cohésion sociale vs création de richesse. Dieu merci, les gens de droite ne pensent pas qu'au pognon. Il arrive d'ailleurs à des ministres de gouvernement de droite de créer des plans de cohésion sociale...

- regard sur l'individu : l'homme est bon vs l'homme est profiteur. Là, je m'inscris en faux. Je ne crois ni que l'homme est bon, ni que l'homme est mauvais. Ce manichésime n'a pas de sens. Mais je ne crois pas davantage que l'homem soit profiteur.

- l'individu est : un salarié vs un consommateur. Pour moi, l'individu est avant tout un citoyen. Au demeurant, le voir en salarié, c'est oublier une part considérable de la population.

etc...

Les deux points qui suivent traduisent clairement ta conscience des limites d'une telle classification.

Il y a, je pense, un réflexe de "labellisation" (ça fait mieux que de parler des étiquettes, une vieille lune) chez chacun. Il est plus facile de se construire un schéma d'analyse, que d'accepter la complexité des personnailités, c'est-à-dire d'accepter de se retrouver face à une nouvelle personne comme face à une page vierge.

Certains passent ainsi totalement à côté de tout dialogue, persuadés de connaître d'avance les opinions de leur interlocuteur, qu'ils ont sagement catégorisé.

Cela dit, je souscris plutôt à ton billet. Et notamment à ceci : "je peux être de droite, mais réclamer une meilleure redistribution ; je peux être de gauche, mais vouloir une justice plus sévère."

Posté par koz, 21 octobre 2005 à 16:55

Merci Koz, je savais que ce billet allait réveiller en toi de nombreuses réactions. Ma classification est parfaitement imparfaite et j'en suis parfaitement conscient. Mais le propos est jutement de déterminer ce qui différencie la gauche de la droite. Je ne reporte ici que mes perceptions de ce que sont la gauche et la doite.

Quant à me classifier moi-même, là est tout le problème. Je sais que je donne le sentiment de me classer clairement à gauche avec ce tableau, mais je suis très attaché aux notions de mérite, d'équité, et sceptique quant à la capacité de l'Etat à répondre à tous les besoins.

Je suis certainement sceptique face aux formes modrenes du capitalisme guidées par le profit en dépit de toute autre considération. Ce qui m'intéresse dans ta position c'est justement que tu te revendiques (sans complexe, ce qui est admirable dans ce pays) de droite.

Je comprends de ce que tu écris que le fondement de cette position "de droite" est la responsabilité individuelle (je souscris à cet amendement sur mon tableau, évidemment trop vite fait). Mais un certain nombre des commentaires que tu fais accréditent mon propos sur le flou entre gauche et droite.

Enfin, le plus important dans ce billet est à mon sens la question finale qui se résumé à "faut-il oublier les notions de gauche et de droite ?" ou "a-t-on plus que jamais besoin du débat politique dans notre société".

Qu'en penses-tu ? Te lisant (et non pas te connaissant, ce serait un peu fort), je pense que tu crois au vrai débat politique, mais ton éclairage sur cette question peut être éclairant.

Posté par Adam Kesher, 22 octobre 2005 à 05:05

Un éclairage éclairant... On va dire que c'est un concept Adam Kesher de 5h du mat....

Posté par Adam Kesher, 22 octobre 2005 à 05:13

J'oubliais... Ce tableau reflète peut-être encore moins mes opinions que celles de la société française... Ou comment comprendre qu'être de gauche est cool et être de droite c'est être un "vil facsiste" ! Voilà sans doute la magie opérée par la gauche : imposer ce schéma de pensée à un grand ensemble.

Posté par Adam Kesher, 22 octobre 2005 à 05:36

la verité

la verité avance a grand pas .......

Posté par atmanoun, 22 octobre 2005 à 13:13

le totalitairisme des actionaires

l'ump ne cache plus son jeux :)
Les députés adoptent une exonération partielle d'ISF pour les actionnaires

PARIS (AP) - L'Assemblée nationale a adopté dans la nuit de vendredi à samedi un amendement exonérant de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) 75% de la valeur des actions nominatives détenues dans leur entreprise par les salariés et dirigeants, sous réserve qu'elles soient conservées au moins six ans.

L'amendement, présenté par trois députés UMP et accepté par le gouvernement, a été adopté par 33 voix contre 13.

Cette exonération, si elle est confirmée, entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2006. Elle pourra également bénéficier aux retraités, à condition qu'ils aient acquis leurs actions au moins trois ans avant de cesser leur activité.

"Le gouvernement multiplie les mesures en faveur des classes les plus favorisées", s'est insurgé le député socialiste Augustin Bonrepaux (Ariège).

Cette mesure concernera "de dizaines de milliers de salariés", a rétorqué le ministre de l'Economie Thierry Breton, qui a expliqué à la tribune vouloir "inciter les salariés, les dirigeants à investir longtemps dans leur entreprise". De cette façon, a-t-il expliqué, le capital de ces entreprises serait mieux protégé contre une prise de contrôle hostile.

Les autres amendements, qui demandaient notamment une exonération d'ISF pour la résidence principale, ont été rejetés par les députés.

Posté par david aubrun, 22 octobre 2005 à 13:15

Aujourd'hui tout est dans tout et réciproquement (c'est la droite qui a fait fermé Sangate et la réforme de la Sécu, c'est la gauche qui a fait d'autres trucs de droite...), il n'existe pas de liberté de politique du fait de la globalisation des échanges dont Internet en est une criante manifestation... donc cela se résume à des hommes. C'est terrible mais c'est ainsi. Cela se résume a des hommes en qui nous croyons pour incarner les valeurs de la France. Les leaders sans exception dans les partis de Gouvernement (PS-UMP) sont des hommes d'Etat. Mais il nous a fallu et nous faudra choisir... Alors pas de tableau s'il te plaît...

Posté par Mry, 23 octobre 2005 à 14:26

Un tableau lucide, du parti pris, de bonnes questions. Et une évidence : personne n'a plus privatisé en France que Jospin. Borloo est plus à gauche que Hollande. Cette frontière binaire D/G est une hérésie. C'est en la dépassant que l'on pourra mettre un pied devant l'autre. Et toujours cette question, le DD à droite ou à gauche ?

trop peu de temps pour poster un commentaire plus nourri. Dommage. Il devenait urgent que la BAK se politise. Pour ne pas l'être par défaut :)

Posté par nico, 24 octobre 2005 à 09:25

Si la gauche penche à droite et si la droite se gauchise, c'est sans doute parce qu'elles ont plus ou moins pris conscience que ce clivage n'a pas de sens réel.

Ces deux grands mouvements politiques se différencient certes par 2 choix :
1) l'homme doit se soustraire aux intérêts collectifs, l'Etat étant le seul garant du bien être de chacun. L'Etat intervient dans chaque secteur (education, justice, économie, santé, sécurité) pour apporter à chacun les mêmes services.
2) l'homme est responsable de lui-même au sein d'une société, l'Etat n'a qu'un rôle limité pour contrôler les abus et réguler. Chacun est libre d'entrer et sortir sur le marché économique, d'apporter, de proposer, de choisir des solutions adaptés à ses besoins et/ou ses possibilités. Le tout en respectant les règles de la concurrence.

A la rigueur, ce sont plus 2 philosophies sur la place de l'homme qui s'affrontent que 2 stratégies purement économiques. Et la solution n'est peut être pas de choisir l'un OU l'autre, mais l'un ET l'autre, selon les secteurs desquels on parle.

Sans doute sommes nous arriver à un instant de l'Histoire (oulah ça devient sérieux là ..!) où nous nous dirigeons vers une poltique humaniste, au-delà des clivages droite/gauche. La seule contestation possible ne peut s'exprimer alors que par les extrêmes ou l'abstentionnisme (ce que nous observons actuellement).

Posté par shanti, 24 octobre 2005 à 10:52

gardez vous à droite comme à gauche

Je prends connaissance du débat avec retard mais c'est passionnant.Ton analyse est comme à l'accoutumée remarquable. Bravo de faire réfléchir et réagir. Je ne crois pas me tromper en pensant que tu es de gauche mais toi au moins tu te demandes si ce n'est pas parce que c'est mal vu et ringard d'être de droite. Je sais quant à moi que je me sens de droite avec les gens de gauche et de gauche avec les gens de droite. Beaucoup de gens rêvent en fait d'un autre engagement moins manichéen. Et puis il y a plusieurs droites et plusieurs gauches. Je connais des gens de droite qui comme moi ont une réelle conscience sociale et se trouvent plus proches des petites gens, des laissés pour compte, que des nantis alors que nombre de gens de gauche n'ont que mépris pour le petit peuple qui n'a de vertu à leurs yeux que de voter pour eux.Pour beaucoup être de gauche c'est être pour le mariage gay, pour les sans papiers, pour l'avortement etc... Mais je pense à Jacques Laurent qui était pour l'avortement, se sentait plutôt anarchiste mais était considéré comme un homme de droite parce qu'il n'était pas inféodé aux idées de gauche. Il y a 40 ans c'était simple: ou bien on avait des sympathies pour le marxisme et on était du bon côté (de gauche) ou bien on dénonçait le marxisme et on était un faf. De nos jours c'est plus subtil.Finalement il y a des tas de gens qui revendiquent leur liberté parce que droite et gauche sont déconsidérées.Merci Adam d'ouvrir ce débat salutaire.

Posté par Dang, 24 octobre 2005 à 13:19

QUESTION A RETARDEMENT

Je me fais une réflexion à retardement en lisant tous vos commentaires : et si le flou gauche / droite venait avant tout du fait que les individus changent ?

Nous sommes tous le résultat d'une histoire, d'une famille, d'une culture... Et nous sommes souvent tous des abîmes de perplexité. Mais les gens n'étaient-ils pas plus "simples" il y a 50 ans ? Plus facilement rangés dans des cases ?

Les gens étaient-ils aussi complexes il y a 50 ans ? Etaient-ils déjà le résultat d'influences aussi directes ou venaient-ils de milieux plus confinés ? Et du coup n'étaient-ils pas moins soumis à la diversité des visions du monde ?

En résumé : le monde change -> les individus s'ouvrent au monde, subissent des influences, ont des parents qui viennent de milieux, de cultures, de nationalités différentes -> deviennent donc des individus complexes -> ne se reconnaissent pas dans une vision unique du monde -> prennent ce qui les intéresse à droite ou à gauche -> deviennent de drauche ou de goite -> votent et influencent en conséquence, ce qui induit un manque de cohérence globale des citoyens -> les politiques qui tentent tant bien que mal de s'adapter -> en retour ils font voler en éclat les principes qui sont censés les guider.

Cercle vicieux ? Ou tendance naturelle dont il faut se féliciter si cette complexification des individus est un progrès ?

Posté par Adam Kesher, 24 octobre 2005 à 14:41

back

et je dois dire que ton billet m'a fait réfléchir pendant les vacances... D'autant plus que je suis en train de lire "les droites aujourd'hui" de René Rémond, qui consacre un chapitre entier à la question de la pérennité du clivage droite/gauche. Comme quoi, la question mérite que l'on s'y penche.

Ce que je trouve notamment intérresant dans cette lecture, c'est de constater l'existence d'un certain nombre de thèmes transversaux, notamment sur la décentralisation, la laïcité, le rôle de l'Etat qui rendent nécessairement plus compliquée l'identification de la droite et de la gauche.

La nouveauté de son ouvrage d'origine (La droite en France, devenu Les droites en France) en 54 était d'insister sur la pluralité des droites. Or, comme il le dit lui-même, il existe également DES gauches (de façon plus fine que LCR/PS). Dès lors, il est un peu plus compliqué de se fixer une définition stable.

Si l'on ajoute à cela que l'on n'est pas nécessairement doctrinaire, et que l'on veut bien emprunter à un "camp" et à l'autre...

Posté par Koz, 31 octobre 2005 à 16:08

La pluralité en elle-même ne doit pas empêcher de dresser des grandes lignes "idéologiques"... Mais quand je regarde autour de moi aujourd'hui, je me dis vraiment que l'on a tout intérêt à dépasser les clivages droite / gauche... Ce qui se passe autour de Boeckel en ce moment est d'ailleurs très intéressant... Comment ? Un socialiste sarkozien ???

Qu'est-ce qui te pousse Koz à revendiquer une appartenance à un de ces clivages ? Ou autrement dit : Qu'est-ce qui pourrait me donner tort sur cette idée d'oublier droite et gauche pour penser la politique autrement ?

Posté par Adam Kesher, 31 octobre 2005 à 23:37

revendication, pas vraiment

Je ne revendique pas vraiment le fait que je sois de droite. Je ne le cache pas, parce que je ne vois aps de raison de le faire mais en soi, ce serait bien insuffisant...

Disons que je me trouve plus souvent d'accord avec les gens de droite. Et que le fait d'être de droite semble honteux à tant de monde que ça m'incite à l'affirmer d'autant plus fort.

Je lisais ce matin les pages de René Rémond sur le gaullisme. Bien que je ne sois pas d'accord avec l'intégralité des idées attribuées au gaullisme, c'est probablement la synthèse dont je me sens le plus proche.

Or, De Gaulle avait notamment cette réflexion lors de la campagne de 65 : "ce n'est pas la France, la gauche, ce n'est pas la France, la droite", signifiant bien que son parti, c'était la France.

Dépasser le clivage gauche/droite est une intention louable mais il faut un talent exceptionnel pour y parvenir. Pour d'autres, cela restera une incantation, qui se borne à tenter de faire croire qu'ils sauront rassembler les français.

Pour Bockel, je pense qu'on résume un peu vite sa position. A titre d'exemple, cette dépêche de l'AFP (http://fr.news.yahoo.com/01112005/5/le-maire-socialiste-de-mulhouse-prend-parti-pour-nicolas-sarkozy.html ) : "le maire socialiste de mulhouse prend parti pour nicolas sarkozy". Si vous lisez la dépêche, vous verrez qu'il refuse d'entre dans des considérations de personne, mais qu'il est faux de dire qu'il prend parti poru Sarko. Une nouvelle fois, les médias donnent une version simpliste des rapports politiques. Et si j'étais suspicieux, j'en viendrais même à penser que l'on essaie de le disqualifier en l'étiquetant "sarkozyste", ce qui n'est certainement pas un label enviable au PS.

Posté par koz, 02 novembre 2005 à 17:05

Koz, je suis bien d'accord avec tout ce que tu dis. Mais là où je ne te rejoins pas c'est que je ne suis pas sûr qu'il faille un talent exceptionnel pour dépasser les notions de gauche et droite. Dans la gouvernance oui sans doute ; mais dans "l'idéologie", je trouve qu'il est au contraire difficile de rester dans les notions de gauche et droite.

La démarche intellectuelle qui m'intéresse est de me faire ma propre opinion de tout en prenant ce qui m'intéresse à droite, à gauche, en haut, en bas... d'essayer d'en faire un système cohérent et de valoriser ce système de pensée.

Ensuite, face à des échéances concrètes, il faudra bien choisir son camp, Mry le disait dans les commentaires de ce message, et se choisir un candidat duquel on se sent le moins éloigné... Mais en principe, je ne suis vraiment pas sûr qu'il soit difficile de dépasser les notions de gauche et droite.

Posté par Adam Kesher, 02 novembre 2005 à 20:36

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