23 décembre 2005
2005 EN IMAGES
Pour recharger des batteries vieillies, usées et fatiguées, un blogueur doit paradoxalement se débrancher. Dernier post de l'année donc, avec quelques thèmes régulièrement abordés ici, illustrés par des images fortes de 2005.
Médias
Blogosphère
Espoir
Un dernier coup de coeur avant de vous laisser les clés : "Quoique" ou l'accompagnement d'apprentis handicapés au quotidien. Un blog dans lequel je n'étais jamais vraiment "entré" et qui m'a beaucoup ému. Ou comment les blogs deviennent un outil de compréhension des réalités sociales. Joyeux Noël.
21 décembre 2005
LA SOCIETE DU GRIGNOTAGE
Barres chocolatées, biscuits et apéritifs que l’on mange quand on n’a pas faim : nous grignotons.
Emissions regardées d’un œil distrait, zapping incessant et choix multiples : nous grignotons.
Des centaines de morceaux téléchargés gratuitement et qu’on n’écoutera pas : nous grignotons.
Un
tour dans les grands magasins pour se faire du bien en achetant des
produits dont on ne se servira pas : nous grignotons.
Informations à portée de clic, incitations à cliquer et articles à moitié lus : nous grignotons.
Blogs
lus en diagonale, commentaires laissés sans avoir suivi le début de la
conversation ni sans avoir l’intention d’en suivre la fin : nous
grignotons.
Politiciens décevants, intérêt distrait
pour les débats, sanction du sortant plutôt qu’élection de l’entrant :
nous grignotons.
Rencontres, Meetic, Speed dating, maîtresses, divorces, échangisme, partouzes : nous grignotons.
Qu’on
l’appelle grignotage, zapping ou prêt-à-consommer, tout ce qu’on nous
apporte aujourd’hui est accessible, facile, immédiat, libre, sans
effort. Il faut se résoudre à l’appeler le progrès, si le progrès
consiste en la suppression de l’effort.
Mais la
valeur d’un objet ou d’un acte n’est-elle pas intimement dépendante de
l’effort qu’on a consenti pour l’obtenir ou le pratiquer ? Comment dès
lors réhabiliter la notion de valeur ?
Avant qu'il ne reste que des miettes de nous...
18 décembre 2005
CE QUI NOUS MANQUE LE PLUS

"Tout a déjà été dit, mais comme personne n'écoute, il faut toujours recommencer."
C'est André Gide qui l'a dit et je l'avais lu sur Carnets de Nuit.
Si tout a déjà été dit, il n'y rien à inventer. Bonne nouvelle, les solutions pour changer le monde existent donc déjà. Il n'y a qu'à les répéter (pardon : les dire). C'est ce à quoi certains travaillent.
Mais se répéter, ça use. François fait part de sa lassitude dans plusieurs commentaires laissés ici ou là. S'est-il (déjà) trop répété ?
Pour pouvoir se répéter, il faut de l'énergie. Pour pouvoir être entendu, il faut de l'écoute.
Le monde changera-t-il tout seul si l'énergie de la répétition et la force de l'écoute se réunissent ? Sûrement pas tout à fait, mais peut-être presque.
Mais comment créer de l'énergie dans une société morose, qui stagne, qui se protège, qui refuse le présent tout en ayant peur du changement ?
Et comment créer de l'écoute dans une société où l'individualisme est la norme voir l'objectif et qui conduit à un besoin de reconnaissance omniprésent, que les blogs pourraient à la fois rassasier et alimenter ?
Et enfin qu'est-ce qui, de l'énergie ou de l'écoute, nous manque le plus ?
BONJOUR GOOGLE
N.B. : Ce post n'a pas vocation à être lu. C'est uniquement un post "technique".
Chez les freemen, on parle de tout. Et notamment de :
Résistance, medias, oasis, élections, freemen, sarkozy, chat, développement durable, mythe, bébé, activiste, capitalisme, réchauffement climatique, satire, rock, évasion, citoyenneté, biodiversité, politique, autre, apprentissage, développement durable (encore), biocarburant, sdf, utopie, papier recyclé, auteur, littérature, changement, présidentielles, et croissance.
14 décembre 2005
VACILLER
Comment mes lecteurs pourraient-ils prendre le temps si je ne le prends pas moi-même ?
Je blogue depuis 118 jours. J'ai posté 137 messages. Je ne suis jamais resté plus de deux jours sans poster. La plupart des messages sont longs, voire très longs.
Certains défient les normes en vogue dans les blogs, d'autres s'y plient.
Certains ont été "bien" commentés (rarement plus de 20 commentaires quand même), d'autres pas du tout. La moyenne est entre 5 et 6 commentaires par message.
En parallèle, j'ai bien sûr beaucoup lu de blogs, beaucoup commenté.
Je me suis aussi engagé sur trois projets collectifs : le premier n'existe pas encore et demande de l'énergie, le deuxième existe mais ma contribution n'a pas démarré, le troisième ne requiert rien de spécial de ma part (en tout cas dans la forme de collaboration que j'ai choisie).
Pendant le même temps, j'ai travaillé pour un employeur et pour des clients, dans une vraie vie tour à tour magnifique, déprimante et anecdotique.
Bref, mon cerveau n'a jamais été aussi sollicité. Je me suis senti très bien pendant un bon moment, mais aujourd'hui je suis très fatigué. Intellectuellement. Je manque de cartouches. La qualité de ma production est en baisse, je reçois moins de commentaires, mon audience a connu un pic il y a plus d'un mois et, depuis, décroît régulièrement. Je fais vivre mon blog en m'intéressant beaucoup moins aux autres. Bref, il y a surchauffe.
J'écrivais récemment chez Eric Maillard, qui se posait des questions blogexistentielles, que finalement c'était le plaisir qui devait primer. Alors, le plaisir est-il toujours là ?
Cette activité m'a apporté beaucoup de reconnaissance, même avec (seulement) 19 000 pages vues au total et 9 000 visites uniques (statistiques canalblog : Xiti, impitoyable, divise tout par deux). Mais aujourd'hui, je suis profondément interpellé par le message de Laurent Javault. Course à l'audience et superficialité ne me guettent pas : elles m'ont atteint.
Plusieurs lecteurs de Laurent semblent vouloir prendre du recul. Inventer un autre modèle de blogging. Un autre modèle qui existe d'alleurs déjà : Leblase poste une fois par semaine en moyenne et récolte plusieurs centaines de commentaires à chaque note. Laurent Javault, déjà, avait ralenti le rythme sur son blog Retour de pêche. On parle peu de ces deux exemples (et il y en a sûrement d'autres) qui donnent au mot "blogger" un sens différent.
Faut-il d'ailleurs parler de "modèle" ? Puisque chacun fait ce qu'il veut de son blog, ne s'agit-il pas, certes d'inventer, mais surtout de résister ?
Résister à la pression de l'audimat. Résister à la pression du commentaire sans sens. Résister aux cadences infernales. Résister aux idées qui ne sont pas les siennes. Résister aux habitudes, aux façons de faire, à ce qui est installé.
"Blogger" est à l'image de "consommer". On veut consommer toujours plus mais pas souvent mieux. On veut blogger toujours plus mais au détriment de la qualité (du contenu, de l'échange).
La discussion a lieu sur Faim d'un monde (Laurent a surpris son monde en annonçant un commentaire qu'il a finalement posté en message : il y a donc deux lieux de discussion). Avec son premier post, Laurent a suscité des échanges d'une rare richesse.
Sans le vouloir, ou en le voulant, il a peut-être déjà inventé son propre modèle. De mon côté, j'ai (déjà / pour le moment) ralenti le rythme, et en ai retiré une certaine sérénité. A suivre.
12 décembre 2005
A LIRE ABSOLUMENT
Je n'ai pas pour habitude de faire de la pub pour un seul post mais celui-ci en vaut vraiment la peine.
Il s'agit du "Premier Bilan" de Laurent Javault dans la blogosphère, sur son blog Faim d'un Monde. Rassurons-nous, cela parle de blogs. Inquiétons-nous, c'est très intelligent, très profond, et très long.
INNOVATIONS EN COMMUNICATION
De ces 3 "faits de communication" piochés dans l'actualité de ces derniers jours, lequel est le plus innovant ?
-
José Bové qui appelle Stéphane Paoli depuis Hong Kong et réussit à
passer en direct sur l'antenne de France Inter, faisant savoir qu'il
est en instance d'expulsion
du sommet de l'OMC avant même d'avoir posé ses valises, sans raison
(selon ses dires) ? Et qui obtient ainsi de Pascal Lamy, Directeur
Général de l'OMC, l'engagement de voir s'il peut lui permettre l'accès
au sommet, et obtenant un lot de consolidation pas dégueulasse : être
l'invité de Stéphane Paoli demain matin s'il se fait quand même
expulser ?
-
Libération qui utilise le mot "Putain" dans sa une du jour ? Signe de
modernité, de démocratisation de la presse, déliquescence de la langue
française ou recherche de lectorat ?
- la bande-annonce de Marie-Antoinette
de Sofia Coppola, qui mêle des images du dix-huitième siècle à une
bande sonore de New Order (Age of Consent) et conclut sur une typo qui
doit plus à "Never Mind The Bollocks... Here's the Sex Pistols" qu'à
Jean-Baptiste Pierre ? (exercice : remplacer New order par Mozart et voir ce qui se passe à l'intérieur de vous).
(NE PAS) PASSER A COTE DE L'ESSENTIEL
La blogosphère a ses qualités et ses défauts. Parmi ses très nombreuses qualités, elle permet une ouverture sur le
monde, des débats, des rencontres : elle accélère la vie, comme j’avais
déjà eu l’occasion de l’écrire.
Parmi ses défauts, elle se regarde un peu (beaucoup ?) le nombril.
L’actualité récente de la blogosphère illustre particulièrement bien ce constat. C’est d’abord l’élection des blogs de l’année 2005 qui suscite une controverse plus ou moins sympathique.
Au-delà des insuffisances méthodologiques propres à toute élection de ce type, critiquables et critiquées, l’essentiel est de pouvoir y découvrir de nouveaux blogs (d’autant que les listes de blogs « candidats », sont complétées par des listes de blogs non retenus et par des propositions d’internautes).
Il n'est pas nécessaire de voter pour que cet outil remplisse une fonction utile. C’est là l’essentiel, que certains comme Benito Report ou José Ferré retiennent.
Un autre outil a vu le jour très récemment : le journal papier des blogs, Pla.net’blog, présenté (et téléchargeable) chez Mry. Tant pis si les textes contiennent des coquilles, tant pis si la maquette peut mieux faire. L’essentiel est l'existence d'une autre vitrine sur le monde des blogs pour mieux le faire connaître.
La blogosphère mérite qu’on construise autour d’elle
des portes d’entrées. Pour être mieux connue et mieux appréciée. Pour
aller au-delà des préjugés et des étiquettes. C'est ainsi qu'elle
gagnera un public plus large, plus éclairé et qu'elle permettra à des
initiatives citoyennes de rencontrer une plus grande résonance.
De telles initiatives voient régulièrement le jour.
La dernière d'entre elles, Imagine 2012 et Imagine 2050, déjà annoncés ici, là, là et là, sont
par définition les plus ambitieuses qui soient, puisqu’elles
visent à, respectivement, changer la
France en 2012 (Le Président élu
en 2007 devra avoir rempli ses objectifs en 2012 : arrêtons donc d’ores
et déjà de parler de 2007 pour parler de 2012) et changer le monde en
2050. Le monde de nos enfants.
Utopies ? La référence à John Lennon pourrait le laisser croire. Mais c’est tout le contraire : Imagine est déjà essentiel. Tant les grands problèmes de ce monde sont complètement laissés de côté par un capitalisme devenu fou, par des politiciens enchaînés, par des médias paralysés.
« Imagine » arrive à un moment où d’une part, on sait que le débat présidentiel ne fera pas l’économie d’aller à la rencontre de la blogosphère, où une part des opinions se feront ; et où d’autre part, les initiatives citoyennes et les débats en tous genres se multiplient tout en faisant un constat unanime : le monde capitalistique fonce dans le mur et les classes dirigeantes sont coupées du peuple.
Je ne ferai pas mieux que José Ferré, encore et toujours lui, pour poser la situation.
Imagine s’efforcera d’aborder les grandes questions de notre société et du monde. Via une approche pluraliste et non pas spécialisée par discipline. En étant aussi concret que possible dans ses propositions. Avec deux armes fatales : la foi et une volonté absolue de se faire déposséder de ses idées.
Imagine enthousiasmera et décevra. Imagine devra renforcer ses expertises, écouter, rencontrer, persévérer, se répéter, durer. Mais Imagine doit exister. Car Imagine a finalement une seule fonction : ne pas passer à côté de l’essentiel.
11 décembre 2005
IN SURVEYS WE TRUST
Moi qui voulais depuis un moment rédiger un papier sur la fiabilité des sondages, me voilà soudainement déchargé. L'actualité de ce dimanche nous fournit une éclatante démonstration de ce problème, qui se passe de commentaires :
- Sondage IFOP pour le Journal du dimanche : les Français souhaitent à 36% que le candidat de l'UMP pour les présidentielles de 2007 soit Nicolas Sarkozy, et à 19% que ce soit Dominique de Villepin.
- Sondage CSA pour Aujourd'hui - le Parisien : Villepin est à 41% la personnalité la mieux placée pour représenter l'UMP, Sarkozy le suit à 38%.
Les nuances de formulation des résultats (formulation reprise ici d'après le Nouvel Observateur), qui induisent en principe des nuances dans la façon de poser la question, expliquent-t-elle cette contradiction ? Rien n'est moins sûr. Les sources officielles ne sont pas en ligne à cette heure, ni chez CSA, ni chez IFOP, ni chez Le Parisien (et certainement pas chez le JDD qui n'a pas de site officiel).
Mais au moins, tout le monde est content. Chacun a son sondage. Serait-ce l'instrument de la réconciliation Villepin / Sarkozy ? On attend quand mêmes les réactions d'IFOP et de CSA...
Pardon, j'oubliais... Cette journée de sondages marque quand même la fin officielle des ambitions présidentielles de Jacques Chirac (1% selon IFOP - JDD). C'est sûrement là son principal intérêt.
THANX GOD I'M A PROF (3/3)
La voilà la voilà... La suite et la fin des aventures de Thanx God I'm a Prof au ski, dont voici la source.
7h30: cette fois ci, je ne suis pas le seul à me lever, Grégory est là egalement. Le soleil aussi, et c'est encore plus dur à supporter que la veille. Nous prenons une douche (pas ensemble hein) et nous nous posons sur la terrasse en essayant de nous souvenir de ce qui s'est passé hier.
Je ne sais pas encore comment je vais pouvoir faire un cours de 4h, vu que mon état est environ dix fois pire que la veille. A la radio, les types expliquent que les etudiants de la japad risquent d'avoir un retard à l'allumage ce matin (tu m'étonnes, vu comment ils etaient quand on les a laissés la veille) et ne pourront certainement pas faire la distribution quotidienne de croissants.
Et là, soudain, on se regarde et on se fait "Merde! le petit dej ! On a rien du tout à leur filer, et ils vont débarquer dans cinq minutes". Nous avions en effet demandé aux types de la japad de venir nous ravitailler en croissants pour pouvoir recevoir les gagnants du tirage au sort, et là on a rien du tout. Deux minutes après, on frappe à la porte, c'est la télé qui debarque pour filmer le petit dej des profs avec les deux nanas et le mec de l'appart gagnant. Tous les trois sont des anciens etudiants de Grégory, ce qui facilite le contact. Mais le truc reste quand meme totalement surréaliste: on leur annonce d'abord que nous n'avons rien d'autre à leur offrir qu'un verre de jus d'orange degueu avec un paquet de petits beurres. Grotesque. Pour délirer, on leur sert leurs jus d'orange dans des verres sur lesquels il est écrit "upsa, merci l'efferverscence" puis on se retrouve autour de la table avec un caméraman et un mec avec des lunettes noires qui tient le micro à coté debout et qui comatent complètement. On finit par chanter joyeux anniversaire à l'une des deux nanas qui fete ses 20 ans, puis on se casse tous ensemble en cours. Fin d'un grand moment.
Cette fois-ci, le cours a lieu dans la salle polyvalente. J'approche de la salle quand je tombe sur une autre equipe de la télé qui me demande "comment ça va etre ce cours?" et je leur fais une reponse à la Karl (NDR : Karl est le nom de l'auteur de ces lignes). Ils m'accompagnent vers la salle. Comme je suis à la bourre à cause du petit dej, il y a une foule d'étudiants dans l'escalier, et les gars de la télé leur demandent de faire une haie d'honneur pour que je puisse passer en gueulant "Faites place, gueux, laissez passer le professeur". Je commence le cours tranquillement, avec quand même une certaine difficulté à articuler. Je suis obligé de m'accrocher au dossier de la chaise qui est devant moi. Au fond il y a carrément un type qui est allongé par terre, avec une couette et un oreiller et qui pionce.
A la pause, je cours dehors et croise Grégory qui a fini son cours et à qui je demande "steplait, va m'acheter une bouteille d'eau, j'en peux plus". Il revient deux minutes apres, et me dit "bon, moi j'ai fini, je vais me coucher". Les étudiants autour le regardent un peu bizarrement. Au retour de la pause, certains etudiants se sont mis en sitting autour de du type qui pionce au fond et lui chantent une berceuse, puis la télé debarque pour filmer le truc. Je reprends le cours en annonçant je ne vais pas parler trop fort pour éviter de le reveiller.
12h: ca y est c'est fini, je suis en vacances. Les étudiants me filent la newsletter du jour, dans laquelle ils m'ont rebaptisé "DJ Fi", alors j'essaie en vain de leur expliquer que mon surnom c'est "Karl", mais ils ne veulent rien entendre alors je laisse tomber.
13h: Nous dînons avec Grégory et le prof d'anglais fou qui a plein de cheveux. Je me rends compte que je ne suis toujours pas au courant des resultats des élections (note : le récit se situe au moment des dernières municipales). Heureusement, il y a un Monde qui traine dans le resto. J'apprends donc que Paris et Lyon ont basculé dans le coté obscur, mais qu'il y a eu une vague bleue en Province. Nous passons le dîner à discuter politique, evoquant l'avenir politique de Philippe Seguin, l'anomalie de Paris et pariant sur le fait que la gauche ne restera pas plus de 6 ans au pouvoir, je fais un exposé sur le passé politico-économique de Levallois et analysant le passage d'une municipalité communiste dans les années 60 au Balkanisme des années 80-90, puis l'Anglais nous fait un topo sur la crise de la fièvre aphteuse et nous nous rendons compte qu'il vient de commander une souris d'agneau.
Dehors, le soleil a disparu et il commence à faire moche. Je décide de ne pas me trainer en haut des pistes et d'aller faire une sieste d'une heure ou deux
En realité, je dors jusqu'a 18h. Je me releve complètement dans le pâté, juste au moment où les nouveaux profs debarquent. Nous allons boire un pot avec eux en regardant au loin le concours de saut à ski et en comptant les gamelles, et le prof de GRH m'invite à passer le week end chez des potes à lui à Perpignan mais je décline l'invtitation car juste avant ils passaient de la musique latino dans le bar et lui a dit "c'est cool ce qu'ils passent ici", puis nous nous retrouvons à nouveau dans la salle des fêtes pour mater le jt. Il y a un sujet sur le petit dej du matin: c'est assez drôle, le reportage commence dans l'appart des etudiants où ils se demandent qu'est ce qu'on a bien pu leur préparer pour le petit dej, et puis apres on les voit sonner chez nous, et nous qui disons qu'on a rien preparé du tout. Et apres y'a une séquence "Les cours" où on me voit arriver, et là y'a la scène suivante:
Le mec de la télé: "Bonjour monsieur, c'est donc vous le prof de gestion fi"
Moi: "Oui c'est moi, en effet"
Lui "Alors ce cours ca va etre sur quoi?"
Moi: "Ben, je sais pas si vous êtes allés en boîte hier? Non? Bon, ben ca va etre de l'impro totale. Disons que ca risque d'etre un peu freestyle, comme cours."
A ce moment-là, j'ai crû qu'il allaient devoir interrompre la diffusion du jt tellement les gens ont hurlé de bonheur.
Desormais bien rôdés, nous nous dirigeons avec le reste de la foule vers la boîte où notre table n'attend que nous, laissant en petit comité les responsables de la japad qui doivent faire une "mise au point" concernant les problèmes et les ratages de la journée du genre le fait que le couloir qui mène à leur appart soit integralement recouvert de nutella et de confiture. En boîte, je discute avec léetudiant qui se charge de nous apporter les boissons et j'apprends qu'il est en realité le fils du directeur d'HEC, et il me dit qu'il tentera d'y rentrer dans un an par admission parallèle et je me dis "ben oui c'est plus discret de cette facon là et le piston a plus de chances de fonctionner". Comme c'est le dernier soir et que nous n'avons pas à faire de cours le lendemain, je décide de me mettre le compte et je me retrouve assez rapidement en train de danser au milieu de jeunes étudiantes. L'une d'elle me regarde et me dit "tu n'aurais pas une cigarette", ce qui est étonnant car je suis censé avoir fait cours à toute la promo et donc il devraient normalement tous connaitre ma tete, alors Grégory lui explique que je suis prof mais que ca fait cinquante fois qu'on nous fait le coup du tutoiement alors la fille ne se demonte pas et fait "ah ouais, prof de quoi", moi: "de finance", et là elle prend un air confus et fait "oh non! je voulais trop y aller, à ce cours". La suite est assez floue. Ils reveulent que je mixe, mais les gars aux platines me font peur, mais finalement je me retrouve quand meme derriere les platines où je joue "digital love" de daft punk ce qui a le don de rendre les étudiants fous vu que c'est en meme temps le générique de leur JT, et aussi le don d'énerver le president de la japad pour une raison que j'ignore. Je decide de quitter les lieux vers les 4 heures, je récupère ma doudoune et manque de renverser l'integralité des bouteilles qui restent sur notre table, mais l'une des filles qui etait invitée à prendre le petit dej ce matin a le réflexe de tout rattraper. Je m'eclipse donc discretement et je m'écroule en pensant que demain grasse mat.
Jour 4 et fin:
C'est la derniere journée. J'arrive à m'extirper de mon pieu sur les 11H. J'ai rendez-vous en haut des pistes pour bouffer avec les profs. Il fait de plus en plus moche, la pluie ne cesse de tomber et le temps se radoucit de plus en plus. Du coup je passe l'apres midi au chaud à boire du chocolat. Je redescends sur le coup des cinq heures pour ranger mon sac. Nous croisons le directeur du 2e cycle avec qui nous prenons un verre et il me dit "il paraît que vous avez mixé, les etudiants étaient fous" ; puis il nous raconte des souvenirs d'anciens ski-etudes, notamment une fois où les flics ont debarqué pendant son cours et lui ont fait "vous voudrez bien nous suivre à la fin de votre cours, s'il vous plait, monsieur" car un etudiant s'etait battu la veille avec un patron de café. Il ne nous reste plus qu'a prendre le taxi pour rejoindre la gare de Modane. Arrivée à Paris vers 23h, je me dis "tiens y'a la soirée des suédoises au Pop In et je suis à 5 minutes en voiture", mais ca c'est une autre histoire.
Fin.
Prochaine série : "Thanx God... Au Club Med" ?? Et pourquoi pas... En attendant, le BAK reprend des activités plus sérieuses dès demain.






