08 août 2006
Coulisses bruxelloises
Récent "dîner en ville" avec la correspondante à
Bruxelles d'un grand média francophone. Ecouter les journalistes
parler des coulisses de leur métier est toujours très éclairant.
En
l'occurrence, l'analyse de cette journaliste, initialement très pro-européenne, est que la Commission
européenne cherche à occuper le maximum de terrain sans jamais rien
dire.
Occuper le maximum de terrain
: cela donne des
conférences de presse à répétition, en présence parfois de plusieurs
commissaires, pour annoncer par exemple qu'il y aura des résultats
d'étude rendus sur tel sujet... dans deux mois. Peu importe
l'incrédulité de la salle : la conférence a eu lieu, les journalistes
sont venus, le terrain est occupé.
Ne jamais rien dire : dans d'autres conférences de presse, les
commissaires lisent des batteries de chiffres (qui de toute façon sont publics)
et lorsqu'ils sont interrogés sur leur stratégie, sont complètement secs. On peut entendre un vague "nous avons
une très bonne stratégie" mais pas grand-chose d'autre.
On sent bien
évidemment la Commission très affaiblie depuis le Non. Mais une analyse
partagée par "de nombreux observateurs" à Bruxelles consiste à dire que
Barroso a une vision nulle et une impulsion néante. Qu'il est bien, là,
dans sa pré-retraite, mais que l'avancement de l'Europe, il s'en fout.
Cette
mollesse avait été palpable lors du débat référendaire.
"Plutôt que d'aller donner des interviews à Ouest France ou au
Parisien, la Commission ne pense qu'à être dans le Financial Times".
Mais que peut faire un journaliste basé à Bruxelles de cette analyse ? "On ne peut
pas vendre à la rédaction en chef des articles pour dire que la
Commission fait de la communication au lieu faire de l'information, ou
pour dire que le Président de la Commission européenne est un type
médiocre. On peut juste l'évoquer sur une rubrique de notre site".
Internet, encore et toujours... Le média de la contestation, ou plus simplement de la transparence ?
