Adam Kesher

Médias. Communication. Société.

23 août 2006

"AUJOURD'HUI, LA LAIDEUR SE VEND BIEN" (rediff)

Post et commentaires originaux ici.

Le graphisme en état d’alerte ? Oui, à croire de nombreux graphistes effarés par la baisse de qualité des logos et chartes graphiques lancés récemment. En particulier, le lancement de la nouvelle identité visuelle de LCL semble avoir fait déborder le vase. Le BAK fait le point avec son invité du jour, D.A.Nonyme, dit DAN. Dan travaille en agence et ne mâche pas ses mots. Longue interview : ça tombe bien, le BAK prend trois jours de vacances.

Dan, on va tout de suite évacuer le débat sur les « bons » termes à employer et parler non pas de graphic design, mais de graphisme. Alors, quelles sont les grandes tendances de la création graphique aujourd’hui ?

La tendance, ce sont des identités visuelles atroces et c’est très inquiétant. Depuis deux ans, c’est l’horreur. Ca culmine en ce moment avec LCL, SNCF, on peut rajouter Europe 1, EDF… le pire c’est que ces logos ont la plupart du temps été conçus par de grandes agences d’identité : Carré Noir pour la SNCF, ou Desgrippes pour LCL … A croire que les véritables graphistes ont désertés ces agences ?!

image_11

Comment peut-on servir ça au grand public ? Le pire, c’est qu’à la médiocrité de
leur style (on peut les considérer comme de véritables attentats visuels présentant ce qu’il y a de pire au monde en matière d’identité), on peut rajouter le scandale de leur prix… celui de l’ANPE en tête (signé Euro RSCG)…

Le fait que ces logos sont souvent ceux d’entreprises d’origine publique… les contribuables que nous sommes devraient pouvoir réclamer des comptes et des dédommagements tant pour l’inesthétisme qu’ils représentent , que pour le prix que chacun de nous a en quelque sorte déboursé pour ces merdes !!

A quoi peut-on attribuer cette dégradation de la qualité ?

Il y a de nombreux problèmes.

Avant la démocratisation de l’informatique, le graphiste était considéré comme un spécialiste, on écoutait ses conseils, puisqu’il qui possédait en plus du savoir faire créatif, un savoir faire technique – peu répandu dans le grand public et souvent difficile d’apprentissage (règles typographiques, de reproduction, critères de lisibilité, connaissance des papiers, etc.)…

Grosso modo, ce qui se passe en ce moment, c’est qu’avec la démocratisation de l’informatique, et la diffusion de logiciels issus du milieu professionnels dans le grand public (ex : photoshop, x-press ou indesign), chacun pense qu’il peut être graphiste... mais sans en avoir la culture, ni l’apprentissage de base.

Je ne parle pas là des autodidactes qui, bien souvent, ne connaissant pas la base, cherchent tellement à l’acquérir qu’ils deviennent au final d’excellents spécialistes, souvent très pointilleux… Je parle simplement de gens possédant un ordinateur et qui, parce qu’ils ont Photoshop et font deux filtres sur une images, pensent qu’il est facile de devenir graphiste…

Par exemple : l’étudiant en école de commerce - aculturé graphiquement - qui fait, pour sa putain de promo de cons, des tee-shirts et des flyers pour aller se saoûler la gueule… C’est ce même genre d’abruti que tu retrouves quelques années plus tard en face de toi et qui te dit : je suis dircom et je sais comment ça se passe : j’ai fait des flyers en école de commerce »….

Aujourd’hui, les dircoms ou les consultants arrivent de la pub, ou d’études de commerce et ont une non-culture graphique, alors qu’ils pensent en avoir une. Ces gens-là mélangent tout, et ont un véritable problème de méthode, en plus de leur aculture : ils font des tests, constituent des panels pour valider un logo, alors c’est tout l’inverse de ce qu’il faut faire.

Le graphiste ne doit pas donner aux gens ce qu’ils attendent mais les éduquer. Il ne faut pas prendre les gens pour des cons. Il faut leur donner de la qualité. Maintenant, on croit qu’un logo se fait rapidement. Un mauvais logo sans doute, mais un bon, un qui dure, se crée après une véritable réflexion de fond et de forme…

Autre chose : ce n’est souvent pas le graphiste qui défend son boulot lui-même, mais un consultant ou un intermédiaire qui n’y connaît rien. On n’écoute pas le graphiste, mais le quidam dans une étude de marché.

Bref : il y a donc un problème global de culture visuelle, ou devrait-on parler d’une non culture visuelle à la française… Plus on tire vers le bas, moins cela fera progresser les choses !

Tu veux dire qu’un des problèmes est lié à la plus grande accessibilité des techniques, donc au progrès ?

Non, mais a l’effet pervers de l’accessibilité des techniques.

On peut comparer la situation avec celle de la photographie, où c’est aujourd’hui encore plus flagrant. Avec le numérique, les véritables photographes ont du souci à se faire : dans une entreprise, on va filer un numérique à quelqu’un qui aime bien la photo, à qui on va demander de faire des reportages au sein de l’entreprise en plus de son boulot, pour ensuite les utliser dans le rapport annuel ou le journal interne….

Mais faire une belle photo est tout un art et un savoir faire technique : connaître la lumière, savoir comment réagit la pellicule, l’objectif selon son ouverture, etc.

L’effet pervers, c’est qu’au lieu d’avoir une amélioration de la qualité parce que les techniques se simplifient ou simplement parce que la photo est accessible au plus grand nombre… on assiste à un appauvrissement qualitatif…

On peut être autodidacte, là n’est pas le problème, le problème étant d’avoir un esprit visuel aiguisé. C’est comme de bien cuisiner. On peut très bien faire la cuisine chez soi, c’est pas pour autant qu’il faut ouvrir un resto.

Tu parles de la technique comme d’une condition pour faire de la qualité… mais en musique par exemple, ce n’est pas forcément la technique qui crée l’émotion. Au contraire, la technique, ça peut être assez chiant…

La technique doit être une aide, mais ne doit pas guider le graphisme. Elle permet de connaître les choses que l’on réalise, de les appréhender, et de connaître les possibilités, la faisabilité, les limites… La technique n’est pas l’idée, elle est juste là pour concrétiser l’idée… Le graphiste, comme le photographe, ne doit pas être soumis à la technique, il doit juste savoir l’utiliser, la dompter, mais ce n’est pas elle qui dirige.

La technique est un outil, comme un crayon si tu veux, tu tailles ton crayon pour avoir un trait plus ou moins fin, mais ce n’est pas le crayon lui qui va faire que ton dessin est reussi ou pas… ou pire, te donner l’idée de ce que tu vas dessiner…

Regarde la technique photographique : Andreas Gursky, ou Thomas Ruff, qui sont parmis les plus grands photographes contemporains, ont une maitrise technique de la chambre hallucinante. Leurs photos sont ce qu’elles sont parce qu’ils ont la maîtrise de l’outil qu’ils utilisent… avant même d’avoir le résultat de la photo ils savent à quoi elle va ressembler, ce n’est pas de l’aléatoire… Ils savent ce qu’ils veulent obtenir et ils l’obtiennent. Avec un ordinateur, cela doit être la même chose. Ce n’est pas le logiciel qui guide la forme, il est juste là pour réaliser la forme que l’on a en tête…

Y’a-t-il un problème d’exigence des publics ? Qu’est-ce qui peut tirer le graphisme vers le haut : l’offre ou la demande ?

Les publics sont suiveurs. C’est clairement l’offre qui peut tirer le graphisme vers le haut.

La notion de qualité en matière de graphisme n’est-elle pas complètement subjective ? Est-ce que ça ne dépend pas juste des goûts et des couleurs ?

Il y a quand même des critères objectifs d’efficacité, comme des critères de lisibilité… Mais le graphisme, c’est surtout du bon sens. C’est fait pour des commanditaires, certes, mais ça ne devrait pas empêcher de faire efficace et joli. N’importe qui peut voir si c’est efficace. Bien sûr, il y a des goûts et des couleurs, mais il y a autre chose au-delà de ça.

Ce qui est terrible, c’est que plus on aura des trucs genre LCL, plus ça va rentrer dans le système visuel des gens. Les gens qui ont grandi dans les années 70 ont le papier peint à fleurs comme repère. Ce serait terrible que les jeunes d’aujourd’hui aient des horreurs type LCL comme repère.

Si on laisse la qualité se dégrader, est-ce que ça veut dire qu’on a un problème de sensibilité artistique en France, ou que ça ne rapporte rien aux entreprises de faire de la qualité ? Autrement dit, quel est le retour sur investissement de l’effort sur le graphisme ?

Pour le graphisme, en France on est suiveurs et on n’ose pas prendre les devants. Ceux qui pourraient donner un élan nouveau ne le font pas, je veux parler de dircoms, ou simplement de ceux qui dirigent la culture de notre pays… (les deux inter agissant les uns sur les autres… ☺). Non seulement on suit, mais en plus on le fait mal. Raymond Loewy a écrit « la laideur se vend mal ». Le problème est qu’aujourd’hui elle se vend bien. Et de mieux en mieux chaque jour !

En ce qui concerne le retour sur investissement… Ce serait intéressant de savoir quelle proportion de personnes sont allées chez LCL à cause du logo… ou en sont parties…

Qu’est-ce qui peut redonner de la qualité au graphisme ?

Il y a pas mal de choses à faire. Il faudrait des cours d’histoire visuelle en école de commerce, dans les cours de marketing. Pour inculquer une vraie culture visuelles des marques. Que les graphistes y donnent des cours. Ainsi, les décideurs  qui sortent de Sciences-Po, HEC ou autre auraient une éducation visuelle… Cela pourrait changer pas mal de choses.

Il faudrait reconnaître aux graphistes leur valeur de conseil. Qu’ils puissent travailler directement avec les vrais décideurs, qui ne seraient pas des panels de consommateurs, comme cela se faisait il n’y a pas encore très longtemps.

Enfin, il faudrait que les D.A. refusent de faire de la merde quand on le leur demande… Mais c’est difficile et on comprend bien pourquoi…

On est dans une période un peu creuse. Dans le graphisme comme dans de nombreux domaines, il y a beaucoup d’énergie, beaucoup de jeunes talents auxquels on ne donne pas leur chance : parce qu’ils sont trop jeunes, manquent d’expérience…

Est-ce qu’il n’y a pas aussi un besoin de remise en question des graphistes ? De mieux faire leur pédagogie par exemple ?

D’une certaine façon c’est effectivement un serpent qui se mord la queue. Parce qu’il y a des grands graphistes qui refusent par principe de se compromettre avec le privé : les graphistes auteurs inspirés du mouvement Grappus par exemple… qui sont sans concession mais qui pourraient apporter beaucoup a certains dircoms (pour ne parler que d’eux), surtout dans la manière de regarder les choses…

Mais je pense c’est quand même avant tout un problème d’ouverture et de culture de la part des décideurs. Aujourd’hui, les décideurs savent juste le minimum de ce qu’il faut savoir pour tenir la route dans un dîner. Ils font de la synthèse, mais c’est tout… Ils ressortent le pré-mâché de leur reader digest culturel……

Quant au problème de pédagogie, je pense qu’au contraire si il y a bien une chose que les graphistes aprennent dans leur métier, c’est de presenter leur boulot. C’est la toute première chose que tu fais, d’ailleurs.

La qualité, aujourd’hui, on la trouve où ? Quels sont les exemples à suivre ?

La qualité est dans de nombreux endroits mais sans doute pas en France, on la trouve en Suisse, en Angleterre, en Belgique, aux Pays-bas, en Suède… Mais pas ici ou de moins en moins …

Si on parle de qualité lié aux logos et identité visuelles, je dirais que les meilleurs logos sont ceux qui durent (IBM, Lucky Strike, Centre Pompidou, Coca-Cola…). Leur charte d’application evolue régulièrement, mais eux ne changent pas (ou très peu), c’est simplement la manière de les utiliser qui change, car ils ont été pensés…

ibm_logolucky

En terme d’exemple d’évolution à travers le temps, je citerais Electrolux (suédois), car leur charte, en plus d’expliquer comment utiliser les éléments, les remet en contexte. Par exemple, la charte utilise l’helvetica et des grilles de mise en page de Joseph Muller Brockmann, eh bien, elle explique aussi l’historique de l’Helvetica et de son créateur originel, ... C’est vraiment remarquable… !

En ce qui concerne des exemples récents, je citerais le travail d’une remarquable qualité de Ruedi Baur et Integral pour la Cité Internationale Universitaire de Paris, ou l’aéroport de Cologne… Mais aussi dans un tout autre style, l’excellent logo du Parti Socialiste Belge, réalisé par Base Design.…

ps_belge

En terme exemple à suivre il y en a quand même beaucoup… Là pour le coup c’est très subjectif – pour les agences ou studio je citerai Ruedi Baur / Intégral (Franco-suisse) , Base Design (belge d’origine), Wink, the Kitchen, Non Format (GB)… créé par l’ancien D.A.(Tyler Brulé) de Wallpaper...

Pour le coté graphisme d’auteurs moins corporate, je citerais Antoine et Manuel, qui ont été rattrapés par la pub, mais qui sont aujourd’hui à la source d’un nouveau style graphique (cf. Galeries Lafayette Maison) entre graphisme pur et illustrations.

Et puis, il y a M/M, qu’on ne présente plus tellement ils sont partout (des pochettes de disques pour Björk à la maquette de Vogue, en passant par des cours à Lausanne…). Ils font partie des rares français qui sont au Design Museum de Londres. Ce sont des graphistes qui ont compris exactement comment fonctionne le système et ont su l’utiliser de manière remarquable, en plus d’avoir su s’entourer, et de sentir l’air du temps.

Ton pronostic sur les grandes évolutions du graphisme pour les années à venir ?

Neville Brody lors d’une conférence en 2003 présentait un aspect pessimiste du devenir de notre métier, aujourd’hui nous sommes en plein dedans… c’était très visionnaire… A mon avis on vit une période charnière. Ou bien on continue cette descente aux enfers et c’est dramatique, ou bien il y a une prise de conscience. Et une organisation des graphistes pour ne plus faire les merdes demandées… du lobbying en quelque sorte…

Comment vous faites-vous entendre actuellement ?

Il y a des forums, des conférences, des magazines, mais c’est tout… il y a bien l’AGI (Alliance Graphique Internationale) – sorte de club des DA pour les graphistes, avec de très grandes figures du graphisme, ils se rencontrent, débattent, mais cela reste très fermé…

Il faudrait l’équivalent d’une CGT du graphisme avec pour mot d’ordre la qualité visuelle. Hahaha !

La presse du graphisme n’a pas d’influence. Il faut sortir du microcosme. Il faudrait par exemple que Libé aborde le sujet de l’identité graphique de LCL. LCL, ça fait couler de l’encre, mais seulement dans le milieu.

Ou alors, il faudrait qu’une boîte traverse une crise à cause de la laideur de son identité visuelle pour qu’il y ait une prise de conscience de la part des entreprises. Ca, ce serait le bonheur !!!

Conclusion - dites : « Non je ne veux plus faire de la merde ! »

Merci Dan. Donne l’adresse de mon blog à tous tes potes, ce sera déjà un début…

Posté par adam kesher à 08:00 - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Acculturation du technocrate

On connait bien le problème des Mozarts du Photoshop (un passage sous Gimp devrait leur rendre une certaine forme de modestie ;-) ), mais le fond du problème ne vient-il pas plutôt de la formation des décideurs? Pas de culture graphique, certes, mais je dirais pas de culture du tout! Ils ont survolé un peu tout et savent rien, mais ce sont eux qui continuent à dicter leur loi. Je me souviens, après 5 ans de Sociologie être tombé sur le sourire narquois des "j'ai-tout-compris" d'HEC ou sciences po qui ont pratiqué quelques heures de vagues généralités, le temps de valider un module.

Bref, pour la baisse de niveau, faut peut-être regarder vers le haut et ne pas focaliser sur les petits bras, dont beaucoup bossent dur pour ce maintenir à jour ou s'autoformer avec les moyens du bord!

Ps : 100% d'accord pour ce qui est du logo ANPE. Purement scandaleux!

Posté par Le Monolecte, 23 août 2006 à 16:24

je n'ai que quatre mots à vous dire

Comme vous avez raison !



bien à vous | pg

Posté par peter gabor, 23 août 2006 à 16:34

L'art contemporain donne le ton

La dégradation des recherches en arts visuels et à l'image de ce que produisent les artistes avec un grand A, le n'importe quoi au quotidien et on peut dire qu'avec les moyens qu'offre le numérique cela ne peut que s'emplifier. Les graphistes ne font que subir une évolution de l'inculture organisée à grande échelle. Le pays "modèle du monde" produit des étudiants de fin d'étude supérieure incapable de situer le Chili sur la mappemonde... Quand l'individu devient le centre du monde on peut s'attendre à tout.

Posté par Deshalles, 24 août 2006 à 07:54

Un pur produit du système est parfaitement d'accord avec vous

Votre article est tellement salutaire. Ca faisait bien longtemps que je ruminais tout seul dans mon coin face au dégueuli visuel qu'est le logo LCL. Je suis un pur produit que vous pourriez détester à priori: diplômé de scpo et de la sorbonne, je suis amené à travailler de manière assez marginale, sur des projets graphiques. Le problème selon moi est que l'on ne donne pas assez de moyens aux graphistes dans les devis qui sont mis en place. Les gens avec qui je travaille aujourd'hui, des décideurs politiques, sont d'une inculture graphique crasse. ils se permettent des jugements à l'emporte pièce, minorant des aspects qui me semblent fondamentaux. Ne tombez pas dans le travers de "bouh, la démocratisation des outils graphiques produit de la médiocrité". Je me suis formé grâce à ces outils et je n'en ai pas pour autant la prétention de dire que je me sens graphiste. Cependant, j'ai à coeur de travailler avec des graphistes, des vrais, des pros, mais c'est hyper dur de le faire passer en amont, là où on l'on décide.
J'ai travaillé auparavant dans une des grandes agences parisiennes. Et franchement, on peut se demander si la multiplication des consultants stratégiques se vaut. Ils sont trop trop trop cons. En affaires publiques, on devait bosser sur l'identité visuelle d'une collectivité territoriale en concurrence avec Dragon rouge. Bah, pour tout vous dire, quand j'ai vu la manière dont on bossait avec la free lance, je me suis bien marré. Elle n'avait pas de prise réelle sur le projet, j'étais écoeuré de constater être le seul à disposer d'une mince culture graphique. N'y a-t-il pas là une responsabilité fondamentale des agences dans leurs prospects et dans leur organisation interne qui nous a conduit à cette avalanche de bouses en série.

Perso, je considère encore que l'identité de la SNCF (avec en plus sa préconisation globale "idées d'avances") reste le pire crime créatif que l'on ait commis.

Posté par Etienne, 24 août 2006 à 15:24

Manque de temps, de culture et de respect du créatif

Il est évident aujourd'hui que le manque de qualité devient dramatique. Hormis des infographistes qui se prennent pour des graphistes, la non connaissance, l'inculture est bien au coeur du problème. Faut-il en arriver à créer un label (100% graphiste, à se faire tatouer sur le cul). Créer une commission (de professionnels biensur, internationale de préférence, à vu de l'engagement de la capacités et de la frilosité de nos décideurs, être avant gardiste ça ne se fait pas vraiment en france).
Il est de plus en plus difficile en agence, d'avoir un planning qui nous accorde un temps nécessaire à une reflexion pour un logo, une charte ou autre. Je m'entends déjà dire "le temps c'est de l'argent, il faut que l'on bouffe, bla bla bla..." A quand les distributeurs de logos à côté des distributeurs de canettes dans les gares ? Ce manque d'engagement, cette crainte de ne pas plaire, la peur omniprésente de perdre le client ; si les gens du marketing ou autres accordaient un peu plus de confiance en leurs créatifs, ils pourraient se cultiver un peu et apprendre à réfléchir par eux même afin d'argumenter des concepts taillés sur mesure pour le client. C'est ça la culture, apprendre des autres et par soi-même. Se mettre en position d'otage par rapport à son client, j'ai l'impression que c'est ce que les agences font de mieux, les négociations ressemblent de plus en plus au marché aux puces, c'est bien beau de frimer dans des beaux carrosses mais faudrait un peu apprendre à driver les clients !
N'ayons pas peur d'appendre, de dire que l'on ne sait pas, la jalousie de certains DA (qui cache souvent un manque de reflexion est assez frappante quelques fois. j'ai appris beaucoup des imprimeurs par exemple et j'en apprends encore, je trouve quel'on n'échange pas assez avec eux, pourtant beaucoup d'anciens sont des maitres de la composition, merci à eux. Ayons les (c..illes) de refuser des compromis abérants, coute que coute, respectons les autres et respectons nous, les graphistes. Je bosse en tant que graphiste depuis plus de 10 ans, j'ai fais de la peinture en lettres (à la main, à la martre, pas d'ordi), photographe, prises de vues pour divers projets, pas mal de scène, quelques années en tant que laborantin N & B, argentique biensur, l'illustration et la peinture sont au coeur de mes travaux. Il y a pas mal de gens aussi autodidactes qui font leur chemin, ce n'est pas chose facile parce que la condition est très souvent précaire. Pour moi être graphique, ce n'est pas un métier, c'est une façon de voir, d'entendre et de dire, en plus des connaissances, c'est une vie. J'ai mes valeurs et aussi mes défauts, je suis souvent en colère quand je vois des travaux de merde, parce que derrière je sais qu'il y a des créatifs souvent frustrés, des décideurs incultes, un pognon gaspillé et un NON RESPECT GRAPHIQUE.

Posté par io:, 24 août 2006 à 16:07

Absolument d'accord mais ...

... mais étant novice dans ce domaine, j'aurais tellement aimé avoir quelques éclaircissements objectifs, techniques sur ces ratages! Evidemment, je pressens plus que je ne ressens directement cette débacle du travail autour de l'identité visuelle.
Je suis musicien professionnel, compositeur, et je dois dire que le parallèle avec la musique est frappant. Par manque de formation, ou simplement de curiosité, les agents artistiques donnent leur aval à de la soupe en boîte.. Je parle surtout de la production discographique en général, des usines à tubes..
Si je devais parler des identités sonores, je dirais que l'uniformité semble gagner du terrain.
Au revoir l'originalité et l'impertinence ..
Donc pour finir, j'aimerais vraiment pouvoir lire une analyse précise et fine de ces logos dont vous parlez ..

Posté par bux, 25 août 2006 à 11:51

ça fait mal, toutes ces productions de soupe

comme tu le dis si bien Bux, "les agents artistiques donnent leur aval à de la soupe en boîte". Je pense que leur titre d'Agent Artistique ou autres Directeur artistiques n'est qu'un signe extérieure pour ces gens là, ça fait plutot bien de se présenter comme DA, cela donne une impression de grandeur, de hauteur, de maitrise et le mot c'est biensur : artistique, ça pète. Aujourd'hui, surtout au sein de grosses boite, ce sont plus des chefs de produits (consommable) plutot que de véritables DA. Un DA doit avoir une vrai culture, un savoir faire et une vrai reflexion (sans pomper les autres ou s'appuyer sur des choses déjà écrites, j'ai rencontré ça pas mal de fois), biensur on ne peut pas tout connaitre, mais il faut se forger un noyaux pour pouvoir tout autour, fabriquer le fruit de notre savoir. Perso, la qualité première, c'est la reflexion, savoir prendre du recul, savoir oublier ce que tu sais, penser par soi-même, oublier le mode école et là, seulement là tu peux rentrer dans un processus créatif. Je n'aborde pas l'aspect technique, parce qu'il me semble que c'est une évidence, que l'on apprenne des techniques écoles, traditionnelles (bases très importantes qui se perdent à l'arrivée du numérique), l'on fini par développer ses propres techniques ce qui débouche sur un style, donc un caractère dans l'oeuvre de chacun et c'est là qu'intervient le talent, il est mis en avant (si il y en a, biensur). On peut être virtuose, très bon interprète, un copiste talentueux, mais on n'est pas un créatif pour autant, la créativité nait de l'improvisation et l'improvisation nait de la créativité. Il est évident qu'il y a des personnes, des graphistes, des dir.com ou autres qui ont un manque de technique, ce que j'appelais le noyaux dur, ils se démerdent comme ils peuvent, ils bidouilles, ce ne sont pas des professionnels et il y en pas mal. Bux toi qui est musicien tu dois comprendre ça, tu sais ce que c'est de se masturber la cervelles, les angoisses de ne pas trouver la sorties dans ton processus et l'euphorie de trouver la note entre les silences. Les boites veulent du fric à n'importe quel prix, le BIG PROBLEME MAJEUR : LA QUALITE. Quand il y a un manque de culture c'est plus facile de vendre de la merde, arts graphiques, musique ou autre. La musique est au coeur de mon processus créatif, avant même d'etre plasticien, j'avais déjà commencé la musique, c'est ma fondamentale. Pour ce qui est de l'uniformité sonore, je l'applique aussi pour les arts graphiques, il y a des musiques comme le jazz selon les formes ou le classic selon les périodes où on ne peut pas vraiment tricher, parce que là, la merde, avant de la voir on la sent.(je vais encore me faire traiter de puriste, mais non, faut pas). Etre entier et avoir des valeurs, ses propres valeurs, savoir dire non (ça peut vous couter de vous retrouver à la rue, ouais), alors quand je vois quelques dir.com ou autres singes incultes (pas tous biensur, mais il y en a beaucoup) qui palpent un vrai salaire et qui ne roulent pas dans une poubelle, ça me fais chier ; sur mes cartes j'ai écrit Graphiste et non DA, je gère la DA, l'éxé jusqu'au calage machine (dernière étape de fabrication en imprimerie, avant façonnage) mais quoi qu'il en soit je suis un GRAPHISTE.

Posté par io:, 25 août 2006 à 12:52

le consommateur de base

Bonjour,

Je suis un consommateur d'image lambda.
Je n'ai pas eu d'éducation graphique.
En gros je fais partie du public suiveur.
malgré tout, j' ai effectivement trouvé le logo LCL horrible.
La lecture de cet article m' a donné envie de m'initier à la culture graphique et à celle de l'image.
Avez-vous des sites web ou des ouvrages à me recommander ?
Bonne route.Baptiste

Posté par batlebatt, 25 août 2006 à 14:37

juste des consommateurs

Merci de votre intervention Baptiste, cela fait plaisir de lire votre commentaire. Heureusement que l'on n'est pas obligé d'être un professionnel pour apprécier les choses, l'élistisme est mauvais et en tant que créatif je souhaite que mes travaux touchent toutes les personnes, que chacun trouve une part de plaisir chacun à sa mesure. En support papier vous pouvez trouver 'Etapes Graphiques' ou leur site www.etapes.com www.pixelcreation.fr
www.artazart.com. Niveau photographie, si je peux vous recommander un journal : libération, bien que lecteur de ce journal, je vous donne cette référence pour la forme, voir la composition de certaines pages et pour les images, du 24x36 au moyen format, des images, des vrais. Pour une approche à la l'image par la photographie, je vous recommande Raymond Depardon, un maitre en la matière, il y en a beaucoup d'autres, mais c'est un choix personnel. Laissez de coté la photo numérique et intéressez-vous plutot à la photographie argentique, le développement et le tirage étant aussi important que la prise de vue et le fond d'une image. Tout cela n'est qu'une histoire de lumière, c'est la base.

Posté par io:, 25 août 2006 à 15:41

Un site de référence

http://paris.blog.lemonde.fr/paris/
Franchement, j'aime beaucoup, j'y ai appris beaucoup et je mesure le chemin qui me reste à parcourir.

J'aime bien la typographie, cela me semble de plus en plus négligé, mais je pense que c'est une base de travail et de réflexion importante dans l'évolution du graphiste.

Posté par Le Monolecte, 25 août 2006 à 19:57

Suite...

Merci pour cette adresse Monolecte.
Très pertinent votre commentaire : Acculturation du technocrate. Je me suis formé pendant des années comme ça 'en petit bras' au fond de studios, j'ai rencontré pas mal de gens qui m'ont apportés beaucoup, des graphistes ayant de l'expérience, leur expérience, me laissant me développer sans jamais exercer de pressions négatives, en mouvement pérpetuel. Quand les gens ont les mots justes, du bon sens, ils décuplent votre envie d'apprendre.Merci à eux.
Le jour où mon activité me permettra de prendre quelqu'un, c'est avec grand plaisir que je prendrai des graphistes en herbe afin de leur transmettre ce que je sais et qu'ils m'apportent de nouveaux points de vu sur mes travaux, c'est ça l'évolution, transmettre un savoir et le faire évoluer. Juste un dernier mot pour dire qu'il me semble essentiel de régulièrement rouvrir quelques vieux livres, toucher des papiers vieux, lire de vieux caractères, une forme de pélerinage graphique et typographique. En fouillant un peu on peu trouver des mises en pages quasi parfaites pour ne pas dire parfaites.
Des trèsors de compositions et de matières (graphiques) dorment souvent dans des cartons, il suffit d'aller à leur rencontre et de les faire réspirer à nouveau.

Posté par io:, 25 août 2006 à 22:07

Je veux recevoir la 6 dans ma geôle fasciste.

"Créatif" hein? Huhu.

Si je comprends bien, des bons graphistes en appellent à ma conscience esthétique, à mon droit à voir du beau, pour qu'on arrête de donner du boulot aux mauvais graphistes? Voilà en effet une cause noble, genre si au moins le logo était beau je penserais moins aux agios et à l'incompétence des stagiaires qui semblent pulluler.

Sinon, c'est dommage que ce blog soit moche, ça aurait un peu agrémenté la profondeur (abyssale) du propos.

Monolecte, arrête de faire ta fayotte tête baissée.

Posté par Abel Chemoul., 25 août 2006 à 22:13

?

Posté par D.A. nonyme, 25 août 2006 à 22:24

Les nombreux commentaires

Je suis étonné de voir que cette interview malgré ces quelques mois d'ancienneté continue à être d'actualité … et surtout d'y voir un écho chez des personnes d'horizons différents, permettant ainsi d'élargir le débat au delà du cercle restreint des graphistes… C'est vraiment très encourageant, d'autant plus, si elle donne à certains l'envie d'agrandir leur culture générale en passant par celle de l'image… j'en serai particulièrement ravi !!! :-)

En vous remerciant de la pertinence de vos commentaires.
Bien à vous.

DAN

ps: Pour Baptiste si tu souhaites élargir tes connaissances visuelles, tu peux commencer par aller voir les quelques références que je cite dans mon interview, elles permettent (selon moi) d'avoir un panorama rapide et actuel du graphisme… tu peux agrandir celui-ci par les liens donnés par "io:" et poursuivre par les liens ci dessous (qui sont des portails et donnent donc des liens divers et variés, bons et certains moins bons …) :
www.linkdup.com
www.cpluv.com
www.surfstation.lu

Pour quelques références et critiques pointues concernant la typo. et le graphisme, je te conseille d'aller faire un tour sur l'excellent blog de Peter Gabor :
paris.blog.lemonde.fr

Après digestion de tout cela, si tu souhaites quelques ref. concernant la photographie contemporaine, contact Adam Kesher qui me transmettra.

Merci beaucoup.:-)

Posté par D.A. nonyme, 25 août 2006 à 22:27

Abel Chemoul

c bien abel chemoul tu as finalement été libéré… tes propos également …! Les gens ont signé la pétition ?!…

Posté par D.A. nonyme, 25 août 2006 à 22:33

aujourd'hui il existe pas mal d'ouvrages sur la typo, le graphisme, je voulais juste en choisir un qui me semble être un beau pavé : 2 kilo of Kesselskramer, un livre regroupant les travaux de l'agence Kesselskramer, agence située à Amsterdam, c'est un bel ouvrage pour un graphiste ainsi que pour toutes personnes souhaitant découvrir ce qu'est la définition de Graphisme. Il y en a d'autres mais c'était juste mon choix du moment, un coup de coeur en quelque sorte. A mon gout je trouve qu'il manque un peu de livres abordant le graphisme en tant qu'essai et reflexion. Je travaille la-dessus depuis un moment et j'aimerai peut-etre un de ces 4 lancer une page ouverte aux graphistes, sous forme papier si possible afin de garder un support palpable, une sorte de matière (première). Je nomerai bien ça : reflexion sur un mode graphique.
Si des personnes sont intéressées et ont des idées veuillez m'en faire part. Merci à tous.

Posté par io:, 27 août 2006 à 14:08

De l'image vide de sens ...

Amusant, en passant devant une façade du Crédit Lyonnais, la semaine dernière, je disais à mon épouse : "Qu'est-ce que c'est laid, leur nouvelle identité visuelle : on dirait une boîte d'informatique ...".

Comme je ne suis pas graphiste, mais informaticien, ça peut donner une idée de la non-pertinence de leur communication.

Les changements d'identité visuelles sont des prises de risques qui me paraissent souvent insensées tant est grand le risque de perte de repère. La reconnaissance de la nouvelle image peut parfois être très longue, surtout quand l'absence de créativité a produit un objet voisin d'autres entités : à l'époque, il y a une quinzaine d'années, la Société Générale avait complètement perdu en lisibilité en passant de sa boule à rayures à son logo actuel, copie conforme de ceux de Rowenta, ou des cafés San Marco, par exemple.

En outre, de nombreux changements d'apparences sont justifiés à grands coups de dossiers de présentation, à plusieurs k€ pièce, qui expliquent le pourquoi du comment ça va tout changer. Quelque part, le fait qu'il faille expliquer et justifier les changements me paraît être un aveu d'échec de la communication graphique.

De plus, les changements à répétitions (comme la SNCF, FT ou EDF qui changent tous les 10-15 ans) sont plus de nature à m'inquiéter qu'à me rassurer.

Finalement, pour tracer un parallèle avec un autre art graphique de grande consommation, je me demande si le "marché" de la communication visuelle et graphique n'est pas un peu en train de faire le grand écart, comme le monde de la Bande Dessinée, entre deux productions : l'une de très haut niveau, tant dans le fond que sur la forme, et l'autre qui présente une bouillie graphique plus choquante qu'autre chose pour le regard "averti".

Entre les deux, le gouffre se creuse ...

Posté par 2Eurocents, 29 août 2006 à 16:18

des valeurs et des hommes

je pense en effet qu'il y a 2 productions aujourd'hui, d'un côté des indépendants et quelques agences avec de vrais créatifs, ayant une vrai culture, un vrai savoir et biensur du talent. Pratiquant des tarifs assez abordables pour une qualité artistique. En ajoutant à ça, soucis de qualité et respect du métier ainsi que respect du client (je pense que vendre un travail graphique aussi pourrit que tous les logos cités ci-dessus, c'est se foutre de sont client ainsi que des créatifs qui ont du talent et qui se battent pour une reconnaissance. Les compromis pourrits faut arrêter mesdames et messieurs les soi-disant DA et autres brainstormers à 2 balles).
De l'autre côté des agences (grande distribution, usine...) voir l'agence qui a plagié le dernier logo ANPE et toutes ces agences qui vivent sur leur image de marque, pour moi ces usines pretent à n'importe quoi pour faire du fric, c'est de l'anti-culture. Si je peux me permettre un conseil à tous les jeunes qui débarques, d'écoles et autres formations, il y a pas mal de jeunes qui ont un potentiel alors évitez les stages ou les mauvais contrats dans ces grosses agences, vous n'apprendrez pas grand chose. Visez plutot quelques agences ou studios graphiques moins renommées, mais avec une âme et un vrai savoir à transmettre. Allez vous ballader chez des imprimeurs et les ateliers de sérigraphie, sentir l'encre et toucher du papier, c'est là que vous apprendrez ce qu'il faut savoir et non derrière un écran qui n'a ni touché ni odeur. N'oubliez pas non plus un p'tit tour chez un photographe, un vrai, qui a passé des jours et des nuits à la seule lumière d'une ampoule inactinique, lui il pourra vous parler de l'Image. Pour finir, entre votre iPod et votre téléphone, gardez un bon vieux crayon, quelques fois il arrive qu'il prenne la main.

Posté par io:, 29 août 2006 à 19:24

Mouerp?!?

On se connait, Abel?

Posté par Le Monolecte, 01 septembre 2006 à 14:27

Bon, il va falloir faire une suite à cet entretien qui a eu droit à pas mal de liens et, entre ses deux publications à 10 mois d'écart, beaucoup de commentaires et plutôt approfondis.

N'étant pas spécialiste du graphisme, je ne vais pas répondre sur le fond sauf à Abel Chemoul qui dit à propos du graphisme :

"Voilà en effet une cause noble, genre si au moins le logo était beau je penserais moins aux agios et à l'incompétence des stagiaires qui semblent pulluler."

Autrement dit, il y a plus important que le sujet du graphisme. C'est vrai, mais ce sujet est assez exemplaire :
- de ce qui se passe dans les entreprises, de leurs dysfonctionnements
- de la façon dont on traite l'image et la culture en général en France. Il y a une vraie menace sur un grand nombre de ces domaines, ce qui se passe dans le graphisme est un exemple de ce qui peut se passer ailleurs.

Posté par Adam Kesher, 10 septembre 2006 à 16:21

Pour reprendre le thème, je tiens à dire que depuis quelques années, je constate que des graphistes, éxé ou créa (je parle de vrai graphiste avec une culture réelle et pas tendance, une gestion de la typo, etc...)finissent par quitter la profession et se recyle dans des choses qui n'ont rien à voir. Parmis eux j'ai une amie, une super éxé, rapide et perfectionniste, en 1995 quand j'ai commencé à me former à l'outils informatique, elle enseignait différentes applications de PAO, elle m'a appris à me servir d'outils qui maintenant font partis de ma vie, mais ce qui pour moi est un grand malheur c'est qu'aujourd'hui Finito, elle ne touche plus un ordi, plus rien, comme beaucoup qui sont écoeurés de ce climat puant de la plupart des agences et de ces travaux pourrits que l'on continu à vendre. Oui je sais, dans la vie il y a des choses beaucoup plus graves diront certain, mais là nous parlons d'un domaine précis qui est le Graphisme. Si je puis me permettre de donner un conseil pour les nouveaux qui se forment dans la profession, pour choisir vos stages, franchement éviter les grosses agences, les usines à pub (sauf exception), privilégiez les petites structures qui n'ont pas forcemment leur nom à la télé, les collectifs de graphistes ou autres et carément faites au moins un stage dans une imprimerie, pas pour la créa mais pour la technique au moins vous risquez d'apprendre beaucoup de choses essentielles.

Posté par io:, 11 septembre 2006 à 14:08

Les décideurs savent pourquoi ils débilisent le peuple

Dans cette ascenssion des identités pourries, la première à m'avoir choqué est celle de Gaz de France. S'en est suivi toutes celles que vous citez dont les pires sont bien SNCF et LCL.
Moi qui suis designer (produit) de formation mais qui garde toujours un oeil passionné sur le graphisme, je partage toutes vos inquiétudes et surtout celle du risque de l'émergence des nouveaux standards (pourris à la souche) pour les générations futures.
Alors, je vous en supplie, agissez pour éviter cela !
On est bien d'accord sur le fait que les grosses agences ("celles qu'on voit à la télé") n'ont pas le monopole de la créativité...
D'ailleurs la télé elle-même n'est vraiment pas le révélateur de la culture, du goût ou d'autres valeurs que nous pourrions partager.
Elle est seulement le médium essentiel pour débiliser le peuple et lui faire avaler n'importe quoi : émissions débiles, JT au contenu filtré et orienté, sports de masse, approche politique plus que discutable et séries à regarder de loin, l'essentiel étant de garder le peuple confortablement installé devant son poste (la TNT pouvant augmenter les occasions de ne pas se relever pour prendre sa vie en main) et qu'il évite de trop réfléchir à la politique intérieure.
Je m'égarre, alors revenons sur ces malheureux logos.
Dès leur première parution, chacun d'entre eux m'a fait pensé qu'il avait été confié à un stagiaire de 1ère année, récent bachelier d'une série non créative et qui sait juste utiliser l'outil dégradé de son fameux logiciel Adobe piraté et installé sur son PC à 1 €/jour !
Voilà, nous payons déjà très cher la belle idée de démocratisation, idée que je défend mais dont je ne supporte plus les nombreux effets boomerang.
Concernant le logo EDF, il fait surtout penser à la flamme de ma gazinière qui fonctionne au gaz de ville GDF ! Peut-être que le stagiaire s'est trompé de dossier en le rendant à son dir-com pressé et que les décideurs incultes n'y ont vu que du feu...

Posté par Noel, 14 septembre 2006 à 11:29

J'ai commencé à bosser sur une lettre ou un papier inter graphistes et autres être graphiques qui pourrait servir à échanger des idées, présenter des projets, amener certains d'entre nous qui bossent dans leur coin, qui aimeraient faire des choses avec d'autres, se poser sur de vrai reflexions de fonds sur ce que j'appelle l'Etre Graphique.
Ma lettre est encore en reflexion mais je pense que d'ici quelques semaines elle devrait voir le jour. Voici son nom : ' bop ' Thème : réflexion sur un mode graphique. Sans vouloir etre elitiste, je souhaiterai que des graphistes ou autres personnes des arts graphiques (personnes ayant une âme graphique, une certaine culture, ds valeurs et ça dans la peau, ou biensur des gens qui sans être graphiste portent une analyse pertinant sur l'état des chose (comme Etienne, 24 août 2006, voir ci-dessus) puissent dirent ce qu'ils pensent, lancer des idées, analyser pourquoi, le role du graphiste dans notre société aujourd'hui, le devenir, etc... Un certain militantisme qui permettrait à certain aussi de se décoller le cul et enfin de prendre conscience que la reflexion existe. Echanger des idées et des reflexions, c'est déjà agir.Merci par avance à tout ceux qui croient en notre état d'Etre graphique. Pour l'instant je n'ai pas aboutit totalement ce projet mais pour ce que cela intéresserai, voici un mail pour envoyer vos contacts afin que je vous prévienne dès que ce projet démarre. envoyez à : bopgraphique@hotmail.fr
Merci à tous

Posté par io:, 14 septembre 2006 à 14:47

Pollution visuelle

C’est bizarre, j’étais entrain de faire des recherches pour mon mémoire de fin d’étude, et je tombe sur votre blog. La laideur se vend mal, et oui, a vrai dire je suis aussi graphiste en freelance, et je termine mes étude en design graphique cette année, et je voudrais dire qu’il y a quelques années les graphistes étaient vraiment des roi en Algérie vue que on vient à pêne de s’ouvrir sur le marché et la concurrence, alors, les graphistes ont fini par reconnaître leur age d’or en Algérie, mais depuis quelques temps, des écoles privées qui forment des infographes en six mois, la vulgarisation de la technologie( surtout photoshop, mais alors là, ce logiciel, tout le monde s y met) chez nous même des coiffeuses, des filles qui travail en confection, des amateurs qui ne savent même pas ce que symbolise un cercle, qui ne connaissent rien en mise en page, sans parler des contraintes techniques, genre un logo en bitmap, ni déclinaisons (couleurs pantone, CMJN, etc.) ni…mais vraiment de la merde, car avec un chef d’entreprise, il te dit, « quoi ? Telle somme pour un gribouillis ? Ma fille le fait en deux seconde »…en plus il y a une grande spécialiste de la communication « C. Causette » qui confirme l’exportation du graphisme, et qui veux que ce denier soit purement technique, nous sommes d’un coté face à une pollution visuelle qui risque de nuire aux société quelques soit leur nature, et d’un autre coté face à des hommes de marketing qui veulent vider le graphisme de son âme artistique, on risque de se retrouver à l’époque de USP, et des rédacteurs de presse qui on fait du texte le seule principe de communication même en pub, encore pire aujourd’hui, les hommes de marketing, commerce eux même vont s y mettre comme vous dites dans la conception même…j’ai toujours dit « celui qui ne sait pas dessiner ne peut prétendre d’être graphiste »

Posté par bilel, 05 décembre 2006 à 22:02

En effet!
La technique, c'est bien! Mais les recherches et expérimentations graphiques sont bien plus importantes! Les logiciels ne sont que des outils à maîtriser certes, mais ne doivent pas prendre le pas sur les recherches "papiers"...

Posté par moana, 15 février 2007 à 00:32

Aborder le sujet sur Agoravox

Merci Adam pour ce coup de gueule sans langue de bois, ton article m'a donné envie d'aborder le sujet sur le site Agoravox...
Amicalement.
Isabelle Buot-Bouttier

Posté par BUOT-BOUTTIER, 13 août 2007 à 03:29

Merci de me l'avoir signalé. Je ne trouve rien sur Agoravox, c'est normal ?

Posté par adam kesher, 13 août 2007 à 16:43

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