Adam Kesher

Médias. Communication. Société.

29 août 2006

5 VOTES, 5 CLAQUES (rediff)

Post original ici.

L’actualité nous a fourni 5 grandes élections au cours des trois dernières années. Elles ont été l’occasion de couvertures médiatiques archi-massives au traitement souvent engagé, mais surtout de pronostics erronés. Rappel :

Avril 2002 : alors que les médias dans leur ensemble parient sur un deuxième tour Chirac – Jospin, c’est Le Pen qui passe.

Novembre 2004 : les médias français veulent absolument voir Kerry battre Bush, mais ce dernier est facilement élu.

Avril 2005 : élection du nouveau Pape. Les spéculations vont bon train sur le nom du successeur de Jean-Paul II. On parle beaucoup de rénovation, de changements de positions... Le cardinal Ratzinger, perçu comme le leader du courant conservateur, l’emporte facilement.

Mai 2005 : c’est NON à la Constitution. Le débat a été très vif, mais malgré la persistance du Non en tête des sondages, beaucoup de médias font le forcing en faveur du Oui et invitent à y croire.

Juillet 2005 : Paris est donné archi-favori pour l’attribution des J0 2012. Londres l’emporte alors que Paris a même failli être sorti par Madrid au 3ème tour. Nouveau phénomène d’autopersuasion collective malgré un facteur déterminant bien connu depuis longtemps : l’insaisissabilité du CIO.

Dans certains cas, on n’a pas voulu voir venir la surprise malgré des signes (Présidentielles, Singapour) ; dans d’autres, on a joué une suprise espérée mais qui ne s’est pas produite (Bush, Pape, Constitution). Mais à la limite, qu’importe. Ce quintuple constat qui peut appeler de très nombreuses réflexions. J’en retiens deux :

Un signe parfois de manque d’ouverture, parfois d’arrogance, et en tout cas d’absence de remise en question des médias dans leur traitement de ces grands événements de société (et d’un événement à l’autre).

On peut l’expliquer par la logique mercantile qui pousse au sensationnalisme (pas très sexy de dire que Bush va gagner facile ou que Ratzinger écrase tout le monde) et bien sûr par le fait qu’aucun média puissant n’a pour fonction ou vocation de critiquer le système médiatique…

Deuxièmement, les médias agissent comme des repoussoirs pour le vote politique auprès d’une importante frange de la population, en particulier lorsqu’ils dépassent leur rôle d’observateurs pour tenter d’infléchir le résultat. Mais ça ne semble pas les inciter à changer d’attitude.

Prochain grand vote : 2007.

PS : pardon de parler de l’attitude des médias en général et d’oublier les voix qui nuancent le débat.

Posté par adam kesher à 08:00 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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