20 septembre 2006
DEBAT POLITIQUE : L'EXIGENCE DE VERITE
Le temps libre étant une donnée rare ces jours-ci, on va continuer à republier des articles déjà écrits pour Le Monde Citoyen.
« Ce qu’on doit attendre d’un gouvernement, c’est de
faire fonctionner l’Etat au mieux des intérêts des citoyens. En France,
on lui demande le spectacle en plus. Quiconque refuse la partie
spectacle se le voit reprocher (…) L’évolution des techniques change la
nature des rapports entre les hommes. Avant même l’omniprésence et la
rapidité de l’information, l’électricité est coupable : cela va à une
vitesse telle que les dépêches d’agence tombent tout de suite ; dès
qu’il se produit un événement grave, vous avez des dizaines de milliers
de micros derrière des dizaines de milliers de museaux d’hommes et de
femmes politiques sur toute la planète, immédiatement. Tout le monde
parle maintenant sans réfléchir et sans avoir le temps d’accumuler
l’historique, les considérants, la mise en situation, la projection
d’un événement quelconque. Les politiques malaxent une matière première
faite d’attitudes et de comportements, mais qui ne passe plus par la
délibération : l’opinion est une somme d’humeurs. Deuxième point : le
passage progressif de l’imprimé à l’image fait que le média dominant –
qui fut très longtemps l’imprimé, puis la radio pendant une brève
période – ne s’adresse pas au même organe. Il est impossible à l’image
de s’adresser au raisonnement, elle ne s’adresse qu’à l’émotion. Avec
l’image, cela va trop vite et c’est trop fort en densité. De ce fait,
vous avez une déperdition sur le sens et la durée, sur la mise en
perspective de tout événement. (…) notre système médiatique est en
difficulté pour transporter du fond (…) la politique est inaudible dès
qu’elle devient sérieuse (…) Parmi les messages qui arrivent au
citoyen, vous en avez 95% qui sont des mots de commentateurs et
seulement 5% qui sont des messages politiques – et encore, sélectionnés
par petites phrases. (…) Alors, allez faire passer là-dessus un message
de société… » (1)
Michel Rocard, entretien avec les Inrockuptibles, réalisé en mars 1995.
Le problème n’est pas nouveau : dans le débat
politique, le fond est sérieusement handicapé par rapport à la forme.
Pas seulement du fait de l’évolution des techniques comme Rocard le
notait amèrement à quelques semaines de la présidentielle de 1995 : ce
triomphe de la forme est aussi lié à la personnalisation à l’extrême de
la politique en France, consécutive du suffrage universel direct.
On vote pour une personne, on porte un candidat,
on déifie un vainqueur. En 1995, Chirac élimine Balladur sur sa
capacité à communiquer ; en 2002, Jospin perd parce qu’il est austère
et chiant. Plus tôt, Mitterrand avait torpillé un Rocard trop
gestionnaire et, de son propre aveu, pas assez théâtral. Et on en
passe, bien sûr.
L’image toute puissante : tous coupables.
Dans ce système, les médias et les politiques se
nourrissent l’un l’autre. Aucun des deux ne précède l’autre : c’est un
cercle vicieux. Les médias demandent au politique du spectaculaire et
ceux-ci le leur donnent. Quiconque ne participe pas au système est
sanctionné.
Et les citoyens aussi sont responsables. De ce
que nous saisissons du débat politique, nous sommes plus prompts à
retenir le superficiel que le complexe. « Les gens n’aiment pas qu’on leur dise la vérité », dixit Pierre Lellouche. Chacun à notre façon, nous entretenons l’état des choses.
L’émergence d’une demande d’un débat « vrai »
Pourtant, à l’approche de la présidentielle de
2007, des voix s’élèvent pour en appeler à un débat responsable,
honnête, vrai. Ne parlons pas ici des voix des politiques eux-mêmes,
dont on ne peut pas attendre qu’ils disent autre chose que leur
discours est celui de la vérité et du courage. Ce sont les voix les
plus indépendantes qui nous intéressent.
C’est par exemple Jacques Attali qui, dans son éditorial de l’Express du 24 août intitulé « Tout le monde le sait », écrit : «
on entendra les candidats à la candidature (…) promettre de diminuer
les impôts, d’augmenter les dépenses, de réduire le chômage, d’assurer
la sécurité, de rompre avec le passé, et de faire mieux que tous les
autres sur tous les sujets. A mon sens, il faudra surtout les juger sur
un point : leur capacité à dire la vérité sur les menaces qui pèsent
sur la France. ».
C’est aussi la « peopolisation du politique » dont Libé a fait sa une le 5 septembre dernier. Djamel roule pour Ségo, Johnny et Gynéco pour Sarko. Pour Alain Duhamel (Libé du 6 septembre), la peopolisation «
symbolise le triomphe de l’image sur le verbe, de l’émotion sur la
réflexion, de la subjectivité sur la rationalité. Elle incarne la
victoire de la séduction sur la conviction ». Et comme Libé ne manque pas de le noter malgré son titre « la grande dérive » (2), la peopolisation du politique n’est pas, loin s’en faut, un phénomène nouveau.
La « tendance Royal », symbole de la primauté de l’image sur les idées
La percée décrite par les médias au sujet de
Ségolène Royal témoigne du phénomène de l’image toute puissante. Parmi
les articles que j’ai pu lire sur elle, il y a l’analyse de forme et
l’analyse de fond. Sur le fond, je ne crois pas avoir lu autre chose
que « ses propositions sont vides », « elle n’a pas de programme », «
elle en dit le moins possible », « elle communique uniquement sur des
valeurs ».
Sur la forme, tous partent du principe qu’elle
est populaire, déterminée, qu’elle incarne la rupture, qu’elle renverse
tout sur son passage. Sondages à l’appui : la personnalité politique préférée des Français, la seule capable de battre Sarkozy.
En gros, il n’y a pas de contenu, mais le contenant est irrésistible, donc on n’y échappera pas.
Royal se revendique d’ailleurs de l’héritage
Mitterrandien. Ce qui signifie essentiellement deux choses : d’abord,
qu’elle surfe effectivement sur l’air du temps - Mitterrand n’aura
jamais été aussi populaire qu’en 2006, anniversaire de sa mort oblige.
Difficile d’y voir autre chose que de l’opportunisme…
Ensuite, cela signifie la revendication d’un
héritage de la politique par le calcul, la communication, le mensonge
et le goût du pouvoir.
Il faut se méfier à l’extrême de l’emballement « populaire » autour de Ségolène Royal. Pour trois raisons.
D’abord, parce qu’il faut se méfier à l’extrême
des sondages. Bien sûr, la France n’a pas attendu la prise du Medef par
Laurence Parisot pour se laisser gouverner par les sondages. Mais les
instituts d’étude peuvent se tromper. Ils se sont même viandés en
beauté en 2002. 2007 sera pour eux une épreuve de vérité.
Ensuite, parce que l’opinion est infidèle. Elle
brûle un jour ce qu’elle a adoré la veille. Et inversement : un homme
politique a plusieurs vies, il peut renaître de ses cendres.
Mitterrand en a été le meilleur exemple. Comment
croire, en regardant en arrière, qu’un homme ayant organisé un faux
attentat contre sa personne ait été élu deux fois Président de la
République ? Et les exemples de ressuscitation politique sont nombreux.
Juppé prépare activement la sienne… L’opinion a ceci de paradoxal
qu’elle s’entiche de l’image, mais qu’elle est tout aussi capable de
balayer cette image.
Enfin, parce que le débat présidentiel n’est pas
joué. Il se jouera dans les semaines précédant le premier tour, voire
dans les tout derniers jours, comme en 2002. Et ce, quels que soient
les candidats.
Alors, élection-vérité ou pas ? L’émergence de
Ségolène Royal comme probable candidate socialiste n’est pas, dans
cette perspective, une bonne nouvelle. Ou plutôt : les conditions de
son émergence ne sont pas rassurantes.
De l’autre bord (?), les sentiments à l’égard de Nicolas Sarkozy sont ambivalents. Il est accusé de démagogie jusque dans son propre camp. Certains lui reconnaissent son parler vrai et sa capacité à faire bouger les choses, et pas seulement parmi ses supporters.
Sarcosmétique ou Sarkoprovidentiel ? Ou les deux
? Les critiques qui lui sont faites sont parfois bien argumentées,
parfois le simple résultat de réflexes épileptiques et partisans. Je
serai fortement preneur d’un bilan global de son action type promesse /
action / résultat. Ce type d’étude me semble manquer pour « objectiver
» notre relation au candidat. Quelques éléments sont à saisir ici, là et là.
Qu’on ne s’y méprenne pas : il ne s’agit pas ici
d’une analyse de la pertinence des idées ou des candidatures Sarkozy et
Royal, mais d’une réflexion sur leur place dans cette problématique
d’exigence de vérité. D’ailleurs, on devrait bien se fiche de savoir
QUI est le candidat, mais s’intéresser d’abord à son programme et
ensuite à sa capacité à le mettre en œuvre.
Le débat d’idées suppose de se débarrasser de ses a priori
Veut-on être partisans ou veut-on écouter ce que
chacun a à dire avant de se décider ? Car chacun d’entre nous a beau
avoir le cœur à gauche, au centre ou à droite (il est bien quelque
part), il n’a jamais été aussi nécessaire d’étudier les propositions
pour se faire son intime conviction. Parce que les clivages
idéologiques entre droite et gauche sont, sinon morts, du moins moribonds.
Une appartenance, formelle ou non, à un courant
politique ne signifie plus que l’on va se retrouver dans le discours et
le programme du candidat de son parti. Pendant que Royal prône l’ordre
et la famille, Sarkozy fait des propositions qu’on ne peut pas négliger
en matière environnementale. La confusion idéologique est grande. La nécessité d’écoute est absolue.
Débattre de quoi, au fait ?
Ce n’est pas l’objet principal de cet article,
mais il me paraît difficile de brandir la nécessité d’aborder les «
vrais sujets » sans aborder la question suivante : « dire aux Français
la vérité, c’est dire quoi » ?
Dans l’édito de Jacques Attali, sus-cité, on a un élément de réponse : «
il faudra, progressivement, réduire de moitié la dette publique,
retarder de huit ans l’âge de la retraite, accueillir 500 000
travailleurs étrangers par an, permettre à ceux qui le voudront de
travailler au-delà de 35 heures, doubler les dépenses publiques par
étudiant à l’université et décider en conséquence d’économies
budgétaires et de hausses d’impôt ». Il s’agit d’un programme en soi, tourné vers la réduction de la dette.
Avec une volonté de vision globale et de long-terme, José Ferré
(à qui je ne peux décidément pas m’empêcher de faire référence) évoque
d’autres problèmes entrecroisés, pas moins graves que celui de la dette
: déplacements de population, réchauffement climatique, capitalisme
financier devenu incontrôlable, idéologie meurtrière de croissance,
désordres géopolitiques…
On pourrait ajouter que dire la vérité aux
Français, quand on est un homme ou une femme politique, c’est avouer
son incapacité à produire de la croissance.
Le politique peut beaucoup, mais le politique n’a plus de pouvoir sur
l’économie. C’est ainsi. La croissance française ne dépend pas de la
France. Ce qu’on peut faire, c’est créer les conditions de l’accueillir
ou pas, et créer ou lever des protections sociales.
Pierre Moscovici, qui fut mon prof en fac et dont
je ne peux que regretter qu’il ne fasse pas davantage partie des
personnalités politiques en vue, disait en 1995 : « la France a
connu deux périodes de croissance au cours des dernières années. L’une
sous Michel Rocard, l’autre sous Edouard Balladur. J’ai beaucoup
d’estime pour Rocard, mais je ne crois pas que la croissance ait été
engendrée par sa politique. J’en ai moins pour Balladur, et je ne le
crois pas davantage ». Et je ne suis pas sûr que les politiques aient gagné en marge de manœuvre depuis.
On pourrait enfin dire que dire la vérité, c’est
dire que la France vit doublement au-dessus de ses moyens, aussi
difficile soit-il à admettre. Doublement, parce que la richesse du pays
est historiquement basée sur l’exploitation du « tiers monde », d’une
part, et d’autre part à cause de l’endettement.
Vivre sur le dos des êtres humains les plus pauvres et de nos enfants : voilà l’exploit que nous avons accompli.
Un devoir d’utopie
Tout le monde est bien d’accord : la prochaine
présidentielle est l’occasion d’un vrai débat politique de fond, et
tout le monde s’inquiète que ce débat n’ait pas réellement lieu.
On peut même se demander s’il ne faut pas
admettre une bonne fois pour toutes que l’image balaie les idées,
quitte à jouer le jeu de l’image : un « appel au débat vrai »
relève-t-il juste de la plus grande naïveté ? Les candidats
doivent-ils, comme la plupart des militants le réclament, être choisis
sur le seul critère de leur capacité à l’emporter ? « Le devoir de
victoire » défini par François Hollande relève-t-il d’une vision juste
ou cynique ?
A cet égard, je crois que nous avons un devoir
d’utopie, que chaque citoyen, que sa voix soit publique ou non, doit, à
sa façon et avec ses moyens, réclamer du débat plus que de la politique
politicienne.
L’acceptation du triomphe de l’image dans tous
les compartiments de la société, le renoncement collectif au débat
serait le pire symbole de la faillite démocratique.
Il ne s’agit pas pour autant de nier le rôle de
l’image. Mais il serait plus utile à la collectivité que l’image serve
à départager des candidats qui proposent réellement du fond, de façon à
entraîner, créer de l’enthousiasme. L’image oui, mais après les idées.
La forme après le fond.
Pas facile d’imaginer que chaque citoyen va
admettre qu’on lui demande de faire des sacrifices. Pourtant, on peut
légitimement se dire que le désintérêt des Français pour la politique
est lié aux promesses non tenues et au dégoût de la langue de bois.
Et puis, de toute façon, a-t-on vraiment le choix ? Comme le dit Attali, «
il appartient aux électeurs qu’ils exigent des candidats qu’ils parlent
de ces sujets (…) Le pays est assez adulte, la situation est assez
grave, pour qu’il soit politiquement payant de dire la vérité ».
L’image reste toute-puissante. A chacun de
s’en départir, de rechercher le meilleur du politique, de la
télévision, de la presse, des radios et d’Internet. La qualité du débat
exige cet effort individuel.
(1) J’ai sélectionné les
passages qui m’intéressaient par rapport à la démonstration souhaitée.
Pour remettre en perspective les propos de Rocard, on peut ajouter que
ces propos sont tenus dans le cadre d’une démonstration sur le rôle des
partis politiques : « la seule activité « présentable » des partis
politiques est le tri dans les conflits d’ambition (…) Ce rejet des
partis est en train de tuer la démocratie, parce qu’il est faux qu’on
puisse gouverner sans forces constituées ».
(2) et pour aller au bout
de l’analyse de cette une de presse qui dit « en vue de la
présidentielle de 2007 et face aux artistes mobilisés contre sa
politique, Sarkozy drague le show-biz », il faut signaler que le
contenu du dossier renvoie dos à dos Royal et Sarkozy, à plusieurs
reprises. Pourquoi ce choix à sens unique « Sarkozy drague le show-biz
» pour la une ? Sarkozy fait-il vendre ? Ou est-il la cible de Libé ?
Ou les deux ?
Commentaires
Tout va bien!
Au Président de prendre de la hauteur, de garder ses distances pour, justement, rester le guide que les Français veulent. Celui qui trace le cap vers la réalisation du rêve.
Au Premier ministre les cameras, l'emportement journalier, l'emporte-pièces, la mise en oeuvre (tatônnante, on lui pardonnera)...
Si nous avions un couple où les rôles étaient bien partagés, peut-être y arriverions-nous.
Dans l'idéal, je verrais bien Christian Blanc président et Sarko PM...
En tous les cas si les électeurs de tous poils -croyant en la nécessité du sursaut- veulent faire pression dans le sens préconisé par Attali, ils trouveront en Energies2007 (www.energies2007.com) le lieu idéal pour s'exprimer et peser...
Allez, courage et ardeur!
la croissance
"On pourrait ajouter que dire la vérité aux Français, quand on est un homme ou une femme politique, c’est avouer son incapacité à produire de la croissance. Le politique peut beaucoup, mais le politique n’a plus de pouvoir sur l’économie. C’est ainsi. La croissance française ne dépend pas de la France. Ce qu’on peut faire, c’est créer les conditions de l’accueillir ou pas, et créer ou lever des protections sociales."
Je ne suis pas du tout d'accord avec toi. La croissance n'est pas un cadeau tombé du ciel. Le modèle économique n'en est pas absent. Sinon, la Russie serait encore soviétique...
Le politique peut, par l'organisation du territoire, la réalisation d'infrastructures, la transmission de l'information, la facilitation de l'échange et de la coopération entre les acteurs économiques, par l'offre de formation (initiale et continue), jouer un grand rôle pour créer des conditions favorables ou non.
Et puis les grands projets industriels peuvent aussi créer d'importans effets d'entraînement et faire vivre une multitude de PME.
Et la politique monétaire joue encore un grand rôle.
Et le budget (même si la dette nous empêche aujourd'hui de manier cet outil) peut aussi jouer un rôle, via par exemple le soutien aux entreprises innovantes, une politique fiscale favorable aux secteurs d'avenir (même si c'est pas gagné que l'Etat soit mieux placé que le privé pour savoir où il faut investir, l'Etat peut au moins transmettre des infos pas forcément connues des acteurs privés...).
Tout le monde s'accorde à dire que l'innovation est aujourd'hui le moteur de la croissance -à tout le moins dans les pays développés. Créer les conditions favorables -en particulier dans l'enseignement, soutenir, mettre en place des clusters, c'est un des rôles du politique. Il peut le remplir. Pour cela il doit rester ambitieux sans croire non plus qu'il peut et doit piloter. En matière économique, l'Etat doit être un facilitateur.
Je suis d'accord avec un certain nombre de choses là-dedans, mais en même temps j'en ai un peu marre d'entendre les politiques se plaindre que les conditions ne sont pas présentes pour un exercice sain de la démocratie sans jamais rien faire pour essayer de dépasser ces difficultés. Certes le culte de l'image change beaucoup de chose, mais voilà, le monde change. Que va t-on faire: passer son temps à dire "c'était mieux avant", ou tenter de réinventer la politique moderne en fonction de ces éléments nouveaux ? Ce qui me chagrine, c'est surtout le déficit de faculté d'adaptation de tous ces politiques à une société qui semble les dépasser. En ça la démarche de Sarko est intéressante: d'un côté il use et abuse de l'image, mais en même temps ce fameux "parler vrai" est très rocardo-mendèsiste. Mendès est le premier à s'être adressé directement aux français en utilisant les possibilités des médias modernes (la radio à l'époque), et Rocard lui-même était un pionnier de la maîtrise de la télévision... à l'époque, les tenants de la démocratisation de la vie politique ne s'en plaignaient pas, bien au contraire. En clair, je suis persuadé que si Sarko ne mettait pas son talent au service d'idées populistes, ce qui nous apparaît aujourd'hui comme des défauts serait par magie métamorphosé en qualités.
Carolus : je dis que l'Etat est incapable de PRODUIRE la croissance, pas de créer les conditions de l'accueillir... Quelle politique française a créé de la croissance depuis 25 ans ? Je suis bien d'accord qu'on peut faire des choses, mais quel est leur poids réel dans une économie mondialisée ? Si demain la croissance US se casse la figure, n'allons-nous pas en subir les conséquences immédiates ? Bon, je te le concède, j'aurais pu écrire que l'Etat est PRATIQUEMENT icapable de créer de la croissance... L'idée étant que j'hésite entre rigoler ou être fou de rage quand j'entends les politiques expliquer comment ils vont grâce à leur programme réussir à créer de la croissance...
TS : je suis en fait tout à fait d'accord avec toi. Sarkozy a compris que l'usage de la langue de bois avait fait trop de dégâts. Il n'hésite pas à donner des coups de pieds dans la fourmillière. Sur la forme, la rupture est bel et bien là. Je m'inquiète davantage des conditions par lesquelles Royal est en train de s'imposer... Reste qu'il n'y a pas de prime à la vérité en politique.
formatage
il est clair que l'hyper médiatisation / personnalisation du débat dans des segments - notamment TV - ultracourts ne permettra pas de débattre sur le fond.
Ca m'arrange pour mon projet actuel, mais ça n'arrangera pas la France.
Donc ton projet actuel n'arrangera pas la France, c'est ça ?
Dire le vérité pour un candidat serait suicidaire. De Gaulle vient au pouvoir en criant "vive l'Algérie française" tout en sachant bien qu'il va devoir larguer ce pays le plus vite possible. S'il le disait les ultras d'Alger qui l'ont poussé en avant deviendrainet méchants. Mitterrand fait 110 propositions que personne ne lit en entier mais dans lesquelles chacun trouve ce qu'il a envie de trouver. Il promet donc tout et ne tiendra rien .Quand on voit la photo lors des manifs contre le cPE d'un type d'un certain âge qui porte une pancarte disant "la retraite à 55 ans pour tous tout de suite" on se prend à avoir des doutes sur la maturité des français.ILs veulent des promesses même si tout homme raisonnable sait qu'elles ne seront pas tenues. Tu parles de la mondialisation Adam et tu soulignes fort justement que l'économie ne dépend pas uniquement de nous. Il faut voir pourtant ce que j'ai pu me faire engueuler sur un blog de tes amis pour avoir dit cela. On finit par s'interroger sur le sens qu'il faut donner au mot démocratie dans notre pays. Etant donné que chacun ne pense qu'à ses intérêts corporatistes tout candidat qui veut être élu ne peut que mentir sur ses intentions. Comme il a envie d'être réélu il se contentera de gérer au jour le jour, reculant devant tout ce qui fâche.Si par malheur pour lui il montre un peu de sens de l'état et prend des décisions impopulaires il dégoûtera de la politique plus d'un électeur au prétexte qu'il ne fait pas ce qu'il a dit. C'est pour cela que le quinquennat a été une grave erreur qui ne peut qu'aggraver les problèmes. On aurait mieux fait de garder le septennat (et pourquoi pas 8 ans) mais en le rendant non renouvelable.
Je suis d'accord au sujet du quinquennat... Sur le fait de dire la vérité, le problème est que l'on se trouve dans une situation telle qu'on ne va bientôt plus pouvoir se permettre de passer longtemps à côté des vrais sujets. Et il vaut mieux dire "il faut dire la vérité" et tendre vers elle que d'y renoncer.
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