03 octobre 2006
La polémique Schönberg
Que faut-il penser du retrait temporaire de Béatrice Schönberg de l’antenne à partir du 25 février prochain ?
On
a ceux qui se félicitent que l’on sépare politique et médias. Qui
estiment qu’il n’est pas sain que la femme d’un Ministre en exercice
présente le journal de 20h de la première chaîne publique française. Et
pas seulement pendant une campagne présidentielle, d’ailleurs. One point.
On
a la Société Des Journalistes de France 2 qui se félicite de la
décision, mais pour qui ça ressemble plus à une façon de sauver les
apparences (y'a quand même pas que Schönberg qui connaît des politiques
ou qui a des opinions à France 2, non ?) que de vouloir véritablement
assainir la situation. Zero point.
On a ceux qui
considèrent que la présence de Schönberg à l’antenne n’est pas
réellement de nature à favoriser Borloo ou son parti, puisqu’elle est
plus crédible quand elle le critique que quand elle l’adoube. Half a point.
On
a ceux qui considèrent le débat comme hypocrite et qu’il serait temps
pour les politiques et les journalistes d’assumer leurs liens intimes. Half a point.
On
a ceux qui veulent foutre tous les journalistes à la porte parce qu’ils
ont serré la main d’un politique à un moment ou à un autre. Zero point.
On
a ceux qui plaident le bon sens ou le principe de précaution, Schönberg
n’étant pas connue pour ses débordements à l’antenne. One point.
On
a ceux qui argumentent qu’on fait deux poids, deux mesures puisque
Christine Ockrent continue à animer son émission. One point. Et ceux qui estiment qu'on se trompe de débat en se focalisant sur un cas et non sur toutes
les amitiés politico-médiatiques. One point.
On a 52 députés UMP qui font circuler une pétition en faveur de Schönberg et qui argumentent que « ce n’est pas parce qu’on est marié à un ministre qu’on partage ses idées »
(Lionnel Luca, député des Alpes-Maritimes, qui ignore sans doute que
deux êtres peuvent être unis non par intérêt mais par amour ou affect).
Zero point.
On a Schönberg elle-même qui
proteste-contre-la-pétition-qui-proteste-pour-son-maintien, et qui a
l’air de vouloir qu’on lui foute la paix. One point.
Malgré
ce merdier, la décision me semble passer plutôt bien. En fait, cette «
parenthèse » présentée comme volontaire me semble être un bon exemple
de ce qu’est un bon compromis. Ce n’est pas idéal, tout le
monde a des raisons de ne pas être content, mais dans l’ensemble, c’est
la moins mauvaise décision.

