Adam Kesher

Médias. Communication. Société.

03 octobre 2006

La polémique Schönberg

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Que faut-il penser du retrait temporaire de Béatrice Schönberg de l’antenne à partir du 25 février prochain ?

On a ceux qui se félicitent que l’on sépare politique et médias. Qui estiment qu’il n’est pas sain que la femme d’un Ministre en exercice présente le journal de 20h de la première chaîne publique française. Et pas seulement pendant une campagne présidentielle, d’ailleurs.
One point.

On a la Société Des Journalistes de France 2 qui se félicite de la décision, mais pour qui ça ressemble plus à une façon de sauver les apparences (y'a quand même pas que Schönberg qui connaît des politiques ou qui a des opinions à France 2, non ?) que de vouloir véritablement assainir la situation. Zero point.

On a ceux qui considèrent que la présence de Schönberg à l’antenne n’est pas réellement de nature à favoriser Borloo ou son parti, puisqu’elle est plus crédible quand elle le critique que quand elle l’adoube. Half a point.

On a ceux qui considèrent le débat comme hypocrite et qu’il serait temps pour les politiques et les journalistes d’assumer leurs liens intimes. Half a point.

On a ceux qui veulent foutre tous les journalistes à la porte parce qu’ils ont serré la main d’un politique à un moment ou à un autre. Zero point.

On a ceux qui plaident le bon sens ou le principe de précaution, Schönberg n’étant pas connue pour ses débordements à l’antenne. One point.

On a ceux qui argumentent qu’on fait deux poids, deux mesures puisque Christine Ockrent continue à animer son émission. One point. Et ceux qui estiment qu'on se trompe de débat en se focalisant sur un cas et non sur toutes les amitiés politico-médiatiques. One point.

On a 52 députés UMP qui font circuler une pétition en faveur de Schönberg et qui argumentent que « ce n’est pas parce qu’on est marié à un ministre qu’on partage ses idées » (Lionnel Luca, député des Alpes-Maritimes, qui ignore sans doute que deux êtres peuvent être unis non par intérêt mais par amour ou affect). Zero point.

On a Schönberg elle-même qui proteste-contre-la-pétition-qui-proteste-pour-son-maintien, et qui a l’air de vouloir qu’on lui foute la paix. One point.

Malgré ce merdier, la décision me semble passer plutôt bien. En fait, cette « parenthèse » présentée comme volontaire me semble être un bon exemple de ce qu’est un bon compromis. Ce n’est pas idéal, tout le monde a des raisons de ne pas être content, mais dans l’ensemble, c’est la moins mauvaise décision.

Posté par adam kesher à 08:00 - 1. médias - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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