05 octobre 2006
Merci Claude Allègre

Merci Claude Allègre. Avec sa chronique
du 21 septembre dernier dans l'Express, mettant en doute le rôle de
l'homme dans le réchauffement climatique, où il déclarait notamment :
"Après
le mois d'août qu'a connu la moitié nord de la France, les Cassandre du
réchauffement auront du pain sur la planche pour faire avaler leurs
certitudes à nos compatriotes",
il a provoqué une levée de boucliers d'une ampleur, non sans précédent, mais disons importante, permettant ainsi de remettre certains points sur certains i et de remettre le sujet du réchauffement dans l'actualité.
Il
faut un sacré sens du sacrifice pour cristalliser ainsi contre sa
personne les opinions de ces fameux Cassandre climatologues prompts à
rappeler le rôle de l'homme (au-delà du débat, un peu technique, sur
les articles cités par Allègre), à l'instar de Sylvestre Huet dans un texte publié par Libération :
"Claude
Allègre prétend que «la cause de cette modification climatique
(récente, ndlr) est inconnue. Est-ce l’homme? Est-ce la nature?».
L’ancien ministre n’a sûrement pas le temps de lire les milliers de
pages présentant les analyses et les mesures de ses collègues dont la
synthèse, réalisée par le Groupe intergouvernemental d’experts sur
l’évolution du climat, affirme qu’il est impossible d’expliquer
l’évolution climatique depuis cinquante ans sans tenir compte de
l’augmentation de l’effet de serre provoquée par les émissions
anthropiques. Cette conclusion est certes récente – elle apparaît pour
la première fois dans le rapport paru en 2001 – mais solide et
prudente, émise après une critique soigneuse des alternatives."
Eh oui. En disant des conneries
livrant un point qui n'engage que lui, Allègre donne une tribune aux
experts du sujet et ça ne nous fait pas de mal d'entendre parler des
enjeux du réchauffement dans les médias et (malheureusement un peu moins, bizarrement, ils sont où les Freemen ?) sur le net.
Et pour cela, encore, merci : a polémique a au moins la vertu de promouvoir un débat.
Allègre a aussi cette phrase étonnante :
"La dénonciation de la responsabilité de l'homme quant au réchauffement de la planète permet de ne rien faire".
Nul doute en effet que les chercheurs,
politiques ou militants qui dénoncent le rôle de l'homme dans le
réchauffement climatique sont favorables au statu quo...
Il complète toutefois cette pensée dans une réponse parue aujourd'hui dans l'Express :
"Je me situe clairement dans l'écologie réparatrice. Celle qui
propose des solutions concrètes pour préserver notre planète. Dans le
cas présent, en aménageant le territoire pour la préservation de l'eau
et la prévention contre les cyclones, en défendant l'idée des voitures
hybrides ou électriques dans les villes et les recherches sur la
séquestration du CO2."
Et finit par déplacer le débat du réchauffement climatique vers ce qu'il définit comme essentiel :
"l'augmentation de la fréquence des phénomènes extrêmes: canicule ou
hiver russe, fortes pluies avec inondations et sécheresse avec manque
d'eau potable, tornades violentes et fréquentes."
Pourquoi
pas. C'est aussi un sujet important. Je doute qu'il réussisse à promouvoir réellement le débat vers ces phénomènes extrêmes, mais pour
avoir essayé, merci aussi.
