Adam Kesher

Médias. Communication. Société.

17 novembre 2006

Les médias et Ségolène Royal : une analyse

C'est un commentaire d'Isabelle d'Eco-Echos chez José qui m'a mis la puce à l'oreille :

"Les 60 % de Ségolène (qui a le triple des voix de DSK quand même) me font penser au référendum. Le vote n'a pas suivi l'opinion dominante des médias. Les journalistes politiques ont vraiment à se remettre en question."

Ma première réaction a été l'inverse, comme je le disais dans mon billet de soirée électorale : la victoire de Ségolène Royal est une petite revanche des médias, qui, pour la première fois depuis un bon moment, avaient vu venir le coup (et simultanément participé à cette construction de l'opinion).

Evidemment, Isabelle fait référence aux dernières semaines et aux multiples critiques, tandis que je fais plutôt référence à la couverture médiatique depuis un an (par exemple, Royal a été la seule des 3 candidats du PS à avoir droit à des unes de presse quotidienne avant la campagne).

Victoire de la France d'en bas contre les médias, ou victoire des médias tout court ? Les médias ont-ils été pro-Royal ou pas ? La question mérite d'être un peu explorée, sur des bases objectives. J'en viens donc à ma méthodologie favorite, l'analyse des unes de presse.

Les unes de presse m'interpellent particulièrement parce qu'elles sont beaucoup plus vues que les articles ne sont lus. Je suppose qu'elles participent à marquer l'imaginaire populaire, ou en tout cas de ceux qui passent devant des kiosques. L'analyse a ses limites (1), mais essayons de nous débrouiller avec ce que nous avons et commençons par le quotidien "de référence", j'ai nommé Le Monde :


LeMonde_4LeMonde_3
LeMonde_6

LeMonde_7LeMonde_1LeMonde_5

LeMondeLeMonde_2

Qu'est-ce qu'on voit ? 8 unes sur la période, donc une grande implication du Monde dans le débat. Qui de leur tonalité ?
- on peut classer 2 de ces unes dans la catégorie anti-Royal : "chahutée", ses "difficultés qui redonnent espoir à DSK"
- 2 autres sont favorables à ses adversaires, ce que l'on peut assimiler à de l'anti-royalisme : la une sur Fabius, celle sur DSK qui propose de casser la machine à faire des pauvres.
- 2 sont plus neutres : les "styles et différences" ; le "rapport de forces".
- 2 sont plus favorables à Royal "sa conception de la politique" (mais qui n'est pas en titre principal) et le "débat qui s'organise autour de (ses) propositions".

Conclusion : le Monde a fait une campagne plutôt anti-Royal.


Passons au Figaro, qui s'intéresse déjà beaucoup moins à ce qui se passe à gauche :
LeFigaro
LeFigaro_1

Et c'est tout. Le Figaro n'aime pas Royal, mais ne titre pas sur ses concurrents. Appelons ça de l'anti-royalisme.


Maintenant, Libé, qui sans surprise a fait de la primaire un thème fort :

Liberation_4

Liberation_3Liberation_6Liberation_2Liberation_9

Liberation_5
Liberation_8Liberation_7

Liberation




















9 unes sur la période, 1 de plus que Le Monde. Une seule me semble clairement "pro-Royal" : "la pose du peuple" ; et une seule me semble clairement anti-Royal : "DSK : je peux battre Ségolène". Je mettrais les 7 autres en "neutre". Libération est donc un acteur impliqué mais relativement neutre.


On a également eu deux unes de la Croix :

LaCroix_2LaCroix

La Croix s'efforce de montrer les 3 candidats ensemble (et pas dans le même ordre sur les deux photos) et n'utilise pas les noms des candidats dans ses unes. On peut donc y voir une forme de neutralité (équité) distante (seulement deux unes).


Egalement deux unes pour Aujourd'hui :

LeParisienLeParisien_1

On est clairement dans de l'anti-Royalisme sur la une de gauche ; on peut considérer que l'autre une est neutre, mais qu'elle tend à dévaloriser la candidature Royal puisque "rien n'est joué" alors quelle "fait la course en tête"). Aujourd'hui est dans une hostilité distante.

Enfin, France-Soir :

FranceSoir

1 seule une, très tranchée : hostilité distante mais affichée.


Tout cela donne en fait plutôt raison à Isabelle. Sur les 24 unes de PQN depuis début octobre, on en a 10 qui lui sont défavorables, 11 qui sont neutres, 3 qui lui sont favorables.

La Croix et Libé sont les deux seuls quotidiens à rester neutres dans l'ensemble, tous les autres ont plutôt penché, non pas forcément contre elle, mais dans un sens qui lui était défavorable. Et il n'y  pas de clivage "intelligentsia" vs. "le vrai peuple" puisque Le Monde, Le Figaro, Aujourd'hui et France-Soir s'inscrivent dans cette logique anti-royaliste.


En revanche, ce qu'on voit, c'est que Royal a été au coeur de l'information : la une est centrée sur elle 12 fois, soit une fois sur deux. DSK : 5 fois, Fabius : 1 fois.

Je ne l'apprends à personne : la campagne s'est organisée autour d'elle. Il était davantage question de savoir si on était pro ou anti-Royal que de savoir si on était pro-Fabius, pro-Royal ou pro-DSK. Dans la presse comme sur les blogs.

Et c'est là qu'à mon sens les médias ont contribué à la victoire de Royal : ils ont fabriqué le mythe en distillant l'idée qu'elle était INCONTOURNABLE. On le voit bien sur plusieurs unes de PQN qui, bien que neutres d'apparence, installent cette idée qu'elle est un phénomène :

Liberation_1Liberation_3LeMonde_2LaCroixLiberation_9


Etait-il plus important pour Ségolène Royal d'avoir la PQN avec elle, ou juste d'être à la une de l'actualité ? Je crois qu'on est dans une forme d'illustration de la théorie selon laquelle peu importe le message du moment qu'on a le buzz.

En conclusion, Isabelle a raison de dire que la "grande" presse ne lui a pas été favorable, mais cette même grande presse a largement contribué a installer l'idée que l'élection ne se ferait pas sans Ségolène. Dans la foulée de sa sondomanie.

Un autre exemple de ce type de mécanisme : l'interview de DSK chez Fogiel il y a quelques semaines. ceux qui l'ont vue se souviendront que Fogiel n'a posé que des questions sur la place de DSK par rapport à Royal, l'installant de facto en situation d'infériorité.

J'aurais assez envie d'appeler ça de la persuasion cognitive. Persuasion qui fait que le miltant PS a le sentiment d'avoir le choix entre une "grosse" candidate et deux "petits" - alors que Fabius ou DSK auraient été des candidats de poids, à n'en pas douter. Mais je ne pense pas que les militants aient voté Royal "contre" les médias et les élites comme ils avaient voté non contre les médias et les élites.

Au contraire, on peut y voir une vraie forme de renouvellement des médias qui après avoir incarné l'establishment, ont rendu Royal incontournable alors qu'elle semble être la candidate du peuple. Mais non sans une certaine schizophrénie, comme on le voit dans cette petite analyse.

En passant, la victoire de Royal aussi un signe de la fin de lutte des classes ou de boboïsation du PS : on voit des militants socialistes qui plébiscitent une femme bourgeoise... [update : c'est con ça en fait, José a raison :D]


Terminons sur les unes du jour de cette presse nationale qui n'aime-pas-trop-Ségolène-Royal-tout-en-n'imaginant-pas-d'alternative :

lemonde1711LeParisienlefigaro1711

Liberation


Voilà. J'aurais bien fait le même exercice sur la PQR pour poursuivre l'exploration de l'idée d'une fracture Paris / Province, mais ici je ne trouve que les unes de PQR du jour...



(1)
3 limites :

- Imedias.biz, qui permet d'accéder en ligne à ces unes, n'offre que deux mois d'archives. Cela ne tombe pas trop mal puisque ça nous ramène au début de la primaire, mais je serais bien allé voir plus loin en arrière.

- les unes proposées ne sont que celles de la presse quotidienne nationale, pas celles des hebdos d'actualité dont j'ai trouvé qu'ils avaient été affreusement pro-Royal à un moment (je n'ai pas fait attention à eux ces derniers temps).

- les unes ne préjugent pas nécessairement des messages subliminaux des articles. Une une neutre peut cacher un contenu orienté.

Posté par adam kesher à 23:00 - 1. médias - Commentaires [21] - Rétroliens [1] - Permalien [#]

Commentaires

Adam, je viens de finir chez moi un commentaire qui répondait notamment au tien. J'y demande une opinion un peu claire sur l’impact des médias : tantôt les gens votent contre l’avis des médias (TCE), tantôt ce sont des moutons manipulés par les médias.

Là-dessus, je découvre ton beau travail ! Tu connais le mot de Sarah Bernhardt à qui l'on rapporte une mauvaise critique sur sa dernière pièce de théâtre : “Combien de colonnes ? Cinq ? Très bien !“

Tu as raison sur la primauté du quanti sur le quali.

Je te suis moins sur “En passant, la victoire de Royal aussi un signe de la fin de lutte des classes ou de boboïsation du PS : on voit des militants socialistes qui plébiscitent une femme bourgeoise...“

Tu as des infos qui m'auraient échappées sur la jeunesse prolétaire de Blum, Mitterrand, Fabius ou DSK ? :)))

Posté par José, 18 novembre 2006 à 00:03

Vu. Et bonne question. Je copie-colle la réponse faite chez toi :



José tu as raison de soulever ce point, j'y réfléchis beaucoup et il m'arrive assez souvent de me sentir schizo. :-)

Ce sont des questions assez complexes. Je fais en général l'hypothèse que si les médias en rajoutent, tentent d'infléchir un résultat et qui si ça se sent, les gens se plaisent à voter CONTRE les médias. Je pense que ça a été le cas en 2002 et, de façon très nette, pour le TCE.

On n'observe pas vraiment la même chose sur la victoire de Royal : dans la dernière ligne droite, les médias lui sont effectivement plutôt hostiles (voir le billet chez moi), mais je ne pense pas que le vote s'est construit contre cette hostilité.

Ce que je pense c'est qu'il y a un schéma de pensée dominant qui veut que ce soit Sarko contre Ségo. Exactement comme tu le dis. Le vote militant, qui est forcément plus calculateur que le vote des électeurs, a retenu Royal parce qu'elle fait davantage la comparaison avec Sarkozy dans les médias. Même si on ne parle pas toujours d'elle en bien, on parle d'elle.

Et puis il ne faut pas confondre les électeurs et les militants socialistes.

On peut aussi se dire que les médias ont, cette fois, su saisir l'air du temps et porter Ségolène Royal qui incarne la France des régions. (avec une certaine schizophrénie quand même comme le montre l'hostilité de fin de campagne...) Chose qu'ils n'avaient pas perçu au moment du TCE.

Si tout ça était simple, les Oracles que nous sommes auraient prédit les 60% de Royal. Personnellement j'en ai été bien infoutu :)

Une autre hypothèse : ce ne sont pas les médias qui gouvernent mais les sondages. C'est vérifié pour le référendum et pour Royal. Dans un cas les médias avaient pris parti contre les sondages, dans l'autre ils ont été plutôt avec sauf à la fin.

La dernière hypothèse, c'est que les gens ont des convictions, sur le TCE, sur Royal et sur d'autres sujets, et que peu importe ce que racontent les médias. Les opinions ne se font ni avec les médias, ni contre les médias, et on ne parle plus des médias !!

Mince, je voulais faire une réponse simple, c'est raté. Je ne pense surtout pas que les gens sont des moutons ; mais je pense que les médias peuvent imposer des schémas de pensée (en général conformes aux sondages) ; mais que si ces schémas sont trop "gros", il y a une réaction d'hostilité des gens à leur encontre.

Ouf !



PS : merci pour Sarah bernardt. Un prochain mot du jour sans doute.

Posté par adam kesher, 18 novembre 2006 à 01:42

PS : tu as raison sur le côté Bobo. Tu m'offriras un bouquin sur l'histoire de la gauche quand on se verra la prochaine fois...

Posté par adam kesher, 18 novembre 2006 à 01:59

Superbe boulot Adam.
A noter que lorsqu'on regarde les scores de Royal, département par département, on note qu'elle a fait ses plus gros scores dans des départements ruraux. Son score parisien, à l'inverse, est en deçà de sa moyenne nationale. C'est bien une lame de fond anti-parisienne.
Cela correspond je pense à une image "province" renforcée par sa posture sur la démocratie participative, sachant que Paris incarne, de fait, la démocratie représentative, et l'Institution.

C'est ce qui a fait sa force. Mitterrand (toujours lui) et dont elle s'inspire manifestement, était lui aussi un "homme de la province" contrairement à DSK et Fabius... et Sarkozy (il faudra se souvenir de ce possible point faible chez le champion de l'UMP et n'oublions pas que TOUS les présidents français depuis de Gaulle, excepté Giscard, disposaient d'un ancrage "terrien".
Royal actualise en outre le truc en apparaissant comme "mère" ; mère nourricière, etc.

Bien sûr, expliquant le succès de Royal, l'effet quantitatif n'est pas négligeable, et il vaut mieux en effet avoir cinq colonnes de mauvaises critiques qu'un entrefilet bienveillant, genre Bayrou.

Autrement dit, Royal semble avoir profité de deux facteurs a priori antinomiques : plus la presse parisienne tentait de la destabiliser, plus on parlait d'elle et plus elle séduisait les lecteurs-citoyens-militants non parisiens. Trop fort.

Posté par Laurent, 18 novembre 2006 à 12:43

Pas que la pqn

Beau travail.
Effectivement, la victoire n'est pas politique, c'est une victoire de buzz.
Elle a été très mauvaise dans les débats et discours (et je le dit en essayant d'être objectif) et a vu sa cote chuter légèrement.
Pourtant, elle n'a pas fait d'erreur grossière.

Ne pas perdre, c'était déjà gagner, grâce à cette atmosphère de buzz.

La pqn va plus au fond des choses, observe plus finement, et c'est pas là que s'est créé le buzz.
Il faudrait reprendre les JT, l'association de qualificatifs à son nom, et aussi la presse magazine.
La pqn, c'est lu par une minorité. Les TV, la pqr, les unes de magazines chez le marchand c'est énorme.

Bref, de mon point de vue, la pqn c'est peanuts dans le buzz. Révélateur surement, mais c'est pas le gros de la troupe

Posté par charlie brun, 18 novembre 2006 à 17:03

Quel travail ! Bravo!
Je suis daccord avec toi et José et Sarah Benhardt ! Plus tu es vu, plus tu t'imposes dans un inconscient collectif, plus tu deviens incontournable. Même si on dit le contraire de Le Pen : Il n'a pas besoin d'être présent quand ses "copies" s'emparent de ses thèmes.

Je reproche aux blogs "politiques" de suivre la dominante de la presse, la TV etc... Ils parlent de Sarko ? Les blogs parlent de Sarko. Ils parlent de Sego ? Les blogs parlent de Sego. Là il y a eu une élection, c'est différent : c'est un évènement de l'actualité citoyenne. Donc je trouve que c'est normal qu'on en parle. Mais sinon ? A part Nico et son politic'show, peu de blog de la mouvance "politique" donnent la voix aux autres.

Mais est-ce que ces unes peuvent expliquer un 60 % ? Le oui pour le referendum a été matraqué, le non pour Ségolène aussi. Il s'est passé le contraire. Est-ce un mouvement anti-presse ? Non je ne crois pas, je pense que c'est plus complexe.
Ce serait trop long de revenir au referendum, mais pour Ségolène, je pense que le mépris qu'on lui a signifié de toutes parts a été sa chance, avec le fait qu'elle ait incroyablement résisté.

Les discriminés se sont senti proches d'elle :
- les femmes (la France a un des plus haut taux de femmes actives en Europe et un des plus faible taux de femme aux postes clé dans les entreprises, les pouvoirs politiques et les association)
- la province
- les bas salaires

En allant au supermarché tout à l'heure, je j'ai croisé deux femmes qui discutaient "La victoire de ségolène, c'est comme une revanche personnelle, son parcours, c'est toute mon histoire". 5 minutes après, en achetant mon lait, j'entends "Elle les a tous fumés !!" C'était une employée. c'était chez ED.

Les journalistes politiques se sont plantés. Ils vont souvent chez ED ?

Posté par isabelle, 18 novembre 2006 à 21:08

PS : ils se sont plantés dans leurs analyses. Dans les Unes ils ont en effet suivi plutôt l'intérêt du public. Et complètement d'accord : C'est un peu schizo en effet de donner du poids à une personne dont on trouve qu'elle manque de poids.

Posté par isabelle, 18 novembre 2006 à 21:21

Thanks. Ce n'est pas un énorme boulot en fait, c'est presque plus long de charger les images dans l'administration du blog que d'aller les chercher et de rédiger l'article. Je suis d'accord avec Charlie Brun, faire ça juste sur la PQN c'est un indicateur mais la PQN n'est pas un tout.

C'est plus un problème d'accès aux infos (le site qui me sert de référence, imedias.biz, ne recense que la PQN) qu'un choix délibéré. On fait avec ce qu'on a. En même temps, s'il avait fallu mettre les TVs, les radios, les news et la PQR, on y serait pas encore dans un mois ici (par contre, c'est un boulot qu'un chercheur ou que les gens d'Arrêt sur Images pourraient faire).

Pour en revenir au sujet, je crois que c'est une victoire anti-establishment. Certains médias - plutôt ceux qui sont analysés dans cette article participent à cet establishment. D'autres non. Plus précisément ça a bien l'air d'être une victoire des régions contre l'establishment parisien.

Dans cette analyse on voit que la PQN, plutôt parisienne, a été plutôt hostile à Ségolène Royal, mais le seul moyen de faire douter son électorat aurait été de l'assimiler à l'establishment. La qualité du discours, des idées, les problèmes de volte-face, etc. n'ont eu aucune importance.

Posté par Adam Kesher, 19 novembre 2006 à 00:56

Tiens, je viens de voir dans la semaine des Guignols à la veille du vote du PS :

"qui va garder les enfants du couple Ségolène Royal - François Hollande ? La réponse : DSK et Fabius, qui seront sans emploi à partir de demain"

C'est un bon exemple de "persuasion cognitive".

Posté par Adam Kesher, 19 novembre 2006 à 14:01

Encore plus loin

Voici une vidéo qui, si elle était sorti, aurait bien pu changer le cours du destin du PS:
http://alternative-libertine.neufblog.com/

Posté par Manofzeyear2, 19 novembre 2006 à 21:51

Les mags...

Votre analyse est intéressante à n'en pas douter. J'avoue avoir davantage perçu les magazines de news provoquer et encourager la campagne de SR. La une du Nouvel Obs "Si c'était elle ?" et les nombreuses unes qui ont suivi sur l'Obs, l'Express, Match, le Point, Challenge, etc. ont conforté sa place de cnadidate, de phénomène "nouveau". Cela n'empêchait pas ensuite les éditorialistes d'être quelques fois sévères avec elle sur le fond, mais comme vous l'évoquez, les gens remarquent davantage une couv et la tendance qu'elle laisse suggérer.
Je pense malgré tout que les médias traditionnels ont eu un rôle peu négligeable dans la manière dont ils ont imposé SR dans le paysage politique. Elle, a su en jouer de main de maître.
Je crois qu'après l'épisode du TCE, ces mêmes médias traditionnels ont voulu se positionner davantage en phase avec leur lectorat et ne pas reproduire le hiatus du référendum. De ce fait, il n'est pas non plus incompatible de considérer SR comme la candidate du peuple / Province vs les élites / Paris. Sa base électorale au PS le montre assez bien...

Posté par Danielle, 20 novembre 2006 à 09:23

Tout à fait d'accord. Si j'avais pu accéder aux infos j'aurais intégré les mags (cf. la note de bas de page du billet) : "l'irrésistible ascension" dans Paris Match, "les secrets d'un hold-up" dans le Point, sans oublier l'Express...

Posté par Adam Kesher, 20 novembre 2006 à 09:54

Formidable, vous expliquez exactement ce que je ressentais intuitivement !
C'est d'ailleurs la stratégie que NS essaye de forcer.

Posté par Dclg, 20 novembre 2006 à 11:01

Good job !

Intéressant. Bravo pour ce travail.

Allez maintenant, l'analyse des JTs (qui influent bien plus sur l'opinion que les unes des quotidiens)! Je sens que la balance pencherait nettement en faveur de Royal...

Posté par carolus, 21 novembre 2006 à 16:13

J'en suis sûr aussi... En fait c'est assez frustrant de faire ce genre d'hypothèses et de ne pas accéder à une matière ordonnée pour pouvoir l'analyser. Il faut tout faire soi-même :)

Posté par Adam Kesher, 21 novembre 2006 à 18:42

Mais ce sera bientôt le job du CSA...as tu essayé de voir avec eux?

Posté par carolus, 22 novembre 2006 à 11:23

Non non j'écris dans mon coin avec ce que j'ai sous la main, si je devais investiguer je n'aurais plus le temps pour rien !

Posté par Adam Kesher, 22 novembre 2006 à 15:20

Buzz & medias

Il est intéressant de noter que peu de temps après, une nouvelle version du site "beta" du parti socialiste très Web 2.0 était mise en place, faisant écho aux propos de Mme Royal sur la démocratie participative, mais concourant à créer du buzz sur la Toile.
Ainsi le buzz s'étend de façon multicanale. Reste à savoir qui en sont les artisans principaux : médias ou politiques ?

Posté par Arnaud, 23 novembre 2006 à 09:41

Je pense que d'une manière générale les deux se nourrissent l'un l'autre... En tout cas c'est assez malin de faire du site du PS un site participatif. Enfin, c'est cohérent, disons.

Posté par Adam Kesher, 23 novembre 2006 à 23:47

beau travail en effet, mais que représente la PQN par rapport à la télé, et aux newsmag. Sur la période considérée, combien de news ayant présenté Mme Royal sous un angle non politique (ses vacances en maillot de bain, son enfance dans une famille "dure"...). Il faut lire la dernière livraison de Pouvoirs "La démocratie sous contrôle médiatique", en particulier l'article de Jacques Gerstlé, "de M. X à Mme Royal" pour un bon aperçu de la couverture médiatique de Ségolène.
Par ailleurs, quid de la toile ? En plus du désormais très smart blog, "faites vos propositions d'avenir", la visibilité de Ségolène sur les plateformes vidéo type Dailymotion (Bourdieu, les 35h des profs) a aussi fait monter le buzz.. La PQN, si l'on sent tient à ses chiffres de diffusion, intéresse-t-elle encore ses lecteurs ? Le lectorat segmenté par titre n'est-il pas de l'histoire ancienne ?

Posté par julienb, 29 novembre 2006 à 12:55

Merci de cette recommandation de lecture. Comme j'ai eu l'occasion de le dire je me rends bien compte que la PQN n'est pas qu'un tout et que les news en particulier seraient intéressants à étudier si on avait un accès facile aux infos.

Par contre je pense que ce qui s'est passé sur le web n'est qu'un épiphénomène : parce qu'on parlait avant tout de Ségolène Royal dans les médias, ça a aussi été le cas sur le web ou les contenus sont "média-suiveurs"... Donc je pense que c'était plus un indicateur du poids de SR dans le débat qu'un élément dans la balance.

Posté par Adam Kesher, 01 décembre 2006 à 09:03

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Référencé le 20 novembre 2006 à 10:59