26 février 2007
"Le plus grand dictateur de tous les temps"
C'est en ces termes que le DVD de "La Chute" présente Hitler. Très exactement : "la fin du plus grand dictateur de tous les temps". Comme me le dit mon compère Virani, "ça veut dire que le mec, c'est le plus fort dans son domaine".
Simple anecdote, mais il y a des moments où l'argumentation publicitaire mérite vraiment le qualificatif d'irresponsable.
22 février 2007
Guide Michelin, l'institution et l'arnaque
Le guide Michelin, c'est à la base une
formidable idée marketing, très en avance sur son temps. Un fabricant
de pneus qui, au début du XXème siècle, se dit que puisqu'il permet aux
automobiles de rouler, il permet aux gens de voyager. Et que puisqu'il
leur permet de voyager, il est fondé à les accompagner dans leurs
déplacements, à leur rendre d'autres services que celui de rouler. A
leur donner les bonnes adresses, à indiquer les garages, les hôtels,
les restaurants.
D'où un guide pratique, qui deviendra le
petit guide rouge des meilleurs restaurants de France et la référence
que l'on connaît. Un guide qui permet à Michelin de se positionner
comme le "partenaire du voyage de luxe", dirait-on dans un langage de
communiquant.
La science du marketing ?
Cette idée d'accoler sa marque à un outil
de référence est fondatrice dans la communication "corporate". Combien
d'entreprises s'interrogent tous les jours sur les champs qu'elles
seraient légitimes à investir de par la nature de leur activité ? (en
passant, combien y mettent les moyens nécessaires ?).
Exemple fictif : je fabrique des
stylos, je suis donc présent partout au bureau, je suis le partenaire
de la vie professionnelle, j'édite un guide des opportunités de
carrière (qui porte mon nom). C'est la même chose si je fabrique des
imprimantes ? Peu importe : ce qui compte, c'est de devancer les
autres. Et c'est exactement ce que Michelin a fait.
Il est tout à fait possible que Michelin
n'ait pas raisonné une seule seconde comme je le fais à sa place
ci-dessus. Mais peu importe, car le résultat est le même et le
raisonnement décrit ci-dessus est devenu celui des entreprises du
XXIème siècle : à quoi, fondamentalement, sers-je ? Quels terrains
puis-je légitimement investir ? Comment démontrer mon expertise et mon
leadership dans mon environnement naturel ?
Je ne sais pas si c'est cette science du
marketing qui a permis au guide Michelin de devenir une telle référence
dans son domaine. Ou peut-être est-ce une qualité et une rigueur
historique. Ou encore au fait d'avoir été le premier. Ou d'avoir été le
premier à s'internationaliser. Ou peut-être est-ce un peu tout cela à
la fois. Mais aujourd'hui, on peut vraiment se demander ce qui justifie
cette autorité dans le domaine de la restauration.
La légitimité du guide Michelin en question
Force est de constater que l'emprise du
petit guide rouge sur la profession
culinaire est aussi impressionnante qu'irrationnelle : le guide
Michelin ne motive pratiquement pas ses choix, se contente d'une ligne
de commentaire par restaurant, elle-même souvent floue. Veyrat au nirvana, Marcon au pilon.
Ou l'inverse. A qualité égale, on peut perdre un macaron inexplicablement (voir la chronique de François Simon). Hop, un macaron
par-ci, hop, deux macarons par là. Tout est dans le nombre de macarons, chers lecteurs,
démerdez-vous.
On a du mal à comprendre la
logique, la cohérence et la rigueur du guide Michelin, mais le résultat
est là. Chaque sortie est un événement. 500 000 exemplaires se vendent.
Les carrières se font, se défont, les stars naissent et meurent, les
dépressions chez les grands chefs s'enchaînent.
L'opacité y est même une règle - le guide a beau en avoir dit davantage
sur ses méthodes
(nombre de critiques gastronomiques, critères d'évaluation...) suite
aux critiques de ces dernières années, il aura du mal à convaincre tant
que ses appréciations sur chaque établissement ne seront pas plus
étayées. Personnellement, j'ai du mal à faire confiance à un guide qui
n'explique pas VRAIMENT ses choix. Et je préfère un autre guide, plus
volumineux, qui tiendra quand même dans la boîte à gants.
L'opacité était justifiée par
l'indépendance d'esprit. On doit en savoir le moins possible pour que
le moins de pressions possibles s'exercent. C'est un bon argument,
soit. Il nous renvoie à la question de l'indépendance des guides, dont
le Routard a souffert récemment. Mais l'époque est-elle à l'opacité ? Et le lecteur peut-il avoir vraiment confiance quand le système est opaque ?
Un jeu de massacre programmé
C'est donc cette semaine que le guide Michelin a remis ses étoiles. On connaît donc la liste des victimes et on les plaint, mais ici, peu importe qui.
Les avocats du diable diront que c'est la
contrepartie de la starification des cuisiniers, que cela fait partie
du jeu, que les cuisiniers couverts d'or profitent à fond du système.
Un coup on gagne, un coup on perd.
Pour ma part, je n'arrive pas à
m'expliquer que le succès tienne à si peu de choses, que la récompense
du travail de tant de personnes puisse basculer pour un macaron de plus
ou de moins, surtout quand l'attribution de ce macaron paraît aussi
aléatoire.
Mais c'est d'ailleurs sûrement là la
recette du succès : ce système simplissimiste. Ce ne sont pas des notes
de 0 à 20, ce ne sont pas des pages d'explication. C'est 0, 1, 2 ou 3.
Point barre. Facile à relayer pour les médias. Facile de s'en souvenir
pour les clients. Le succès du guide Michelin ne tient-il pas à ce
qu'il donne aux gens ce qu'ils ont envie d'avoir ?
Il
est bien triste de voir des carrières, et parfois des vies (1),
suspendues au bon vouloir d'une équipe de critiques (d'ailleurs
pas-très-auto-critiques) gastronomiques toute-puissante, qui distribue
les bons et les mauvais points comme un maître d'école des années 50
pouvait taper sur les doigts, remettre des images ou attribuer un
bonnet d'âne.
Institution à la dérive ou arnaque institutionnalisée ? A l'opacité du Guide Michelin, je préfère personnellement la
fiabilité du Bottin Gourmand, moins avare de ses mots et très sûr dans ses goûts.
(1)
pour le suicide d'un Bernard Loiseau, partie émergée des l'iceberg, on
ne mentionne pas les dépressions inavouées d'autres grands chefs
désétoilés...
20 février 2007
Nooon, rrrrien de rrrien...
Sur tous les plateaux télé, en une de tous magazines de cinéma, féminins, people ou actu, là où on l'attend, là où on ne l'attend pas : ça faisait un mois que je n'en pouvais plus de voir ça p-a-r-t-o-u-t :
Et votre intérprétation est vraiment étonnante, et comment avez-vous fait pour devenir Piaf, et "étiez-vous" Piaf en permanence, et c'est le plus grand film français de ces 10 dernières années...
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la campagne de promo est réussie.
Dans ces conditions, une seule solution pour exorciser Marion Cotillard : aller voir La Môme. C'est maintenant chose faite. Je ne vais pas aller jusqu'à me recueillir sur la tombe de Piaf mais c'est vrai que c'est un beau film. Un film extrêmement classique en fait. La vie de Piaf se suffit a elle-même, pas besoin d'en faire des tonnes au niveau de la narration.
Pour moi qui ne connaissais quasiment rien à la vie et l'oeuvre d'Edith Piaf, c'était une bonne séance de rattrapage. Comme Piaf meurt à la fin, c'est aussi un bon plan pour consoler sa copine, mais il faut être prêt à manger du Nooon rrrrien de rrrien pendant quelque temps à la maison après l'avoir vu.
Au secours du pluralisme démocratique
S'il y a un domaine où le net est vraiment un meilleur exemple que les médias traditionnels, c'est bien dans la représentation de la diversité des idées. Si vous ne l'avez pas déjà fait, allez donc signer l'appel pour le pluralisme démocratique.
Accessoirement, cela peut montrer que le net sert à quelque chose et qu'il est parfois capable de se débrouiller sans se référer aux médias traditionnels. Et en passant, n'oubliez pas les travaux en cours pour le pluralisme médiatique.
19 février 2007
Ségolène Royal : déficit d'émotion ?
J'ai tout intérêt à me remettre à parler
politique, puisqu'hier j'ai vu un reportage dans le 20h de France 2 sur
"Internet qui s'invite dans la présidentielle" dans lequel j'ai appris
que c'est le net qui allait faire élire le prochain président (dixit
Loïc Le Meur, si, si).
Donc, la semaine dernière, France Inter s'est
acharné à s'étonner tous les matins de ce que l'annonce du programme de
Ségolène Royal ne l'ait pas fait évoluer dans les sondages.
"Toujours
27% malgré l'annonce du programme" : je crois l'avoir entendu tous les
jours sauf vendredi, comme si on était devant un phénomène surnaturel. Et d'aller jusqu'à citer Chevènement selon qui il
faut "une semaine pour que l'annonce d'un programme se répercute dans
les sondages" (?!?!?!?!?!).
Sans
vouloir verser dans le cynisme,
je ne vois pas bien comment l'annonce d'un programme pourrait faire
évoluer significativement les sondages. Les opinions se déterminent
essentiellement par l'émotion, pas par le rationnel. Si les sondages
stagnent, c'est que les propositions ont échoué à créer de l'émotion.
Cela va à l'exact encontre de l'exigence de vérité
qui devrait être celle de cette élection, mais ce n'est pas très
étonnant. Oui, on aurait aimé que l'annonce du programme ait un impact
- quel qu'il soit - sur les sondages, qui aurait permis de pouvoir dire
que les électeurs s'intéressent à ce qu'on leur propose. Mais non,
France Inter, il ne fallait pas vraiment s'y attendre.
Je n'irai pas jusqu'à exclure totalement
que le fond puisse jouer un rôle. Il me semble être une condition sine
qua non de crédibilité : il faut que les électeurs reçoivent un
message, via les médias ou via le bouche à oreille, qui laisse à penser
que le programme se tient, ou en tout cas qu'il n'est pas ridicule. (1)
Donc, d'abord un programme qui se tient,
pour faire partie de la course. Mais ensuite et surtout, de l'émotion,
de l'enthousiasme. Et une belle dernière ligne droite. C'est là que la
différence se fait, que l'élection se joue. Revoir à ce sujet le
documentaire "Les Communiquants" de Tristan Séguéla, sorte de "In bed
with Lionel Jospin en 2002", que j'avais commenté
il y a quelques mois. C'est bien bête mais à deux mois du premier tour,
je ne vois vraiment pas ce qui pourrait inverser ce mécanisme où la
séduction l'emporte sur la conviction.
Un déficit d'émotion pour Ségolène Royal ?
J'y vois plutôt un retour à l'équilibre après un emballement justement
très "émotionnel" et pas très rationnel autour de sa personne.
Et si Ségolène Royal renouvelle son équipe
de campagne, elle a donc tout intérêt à ce que sa prochaine équipe crée
les conditions pour générer de l'émotion. Avec plus de hiérarchie et
moins d'autogestion, annonce-t-elle... C'est dommage.
(1) Par exemple, je suis personnellement persuadé que Bayrou et Lepage sont les candidats les plus intéressants.
Pourquoi ? Parce que ceux à qui j'accorde du crédit l'ont dit, à un
moment ou à un autre. Et je serais prêt à relayer ce message dans mon
cercle intime. Mais sur le fond, je serai bien infoutu de détailler
leurs propositions.
Caca pipi popo
"There is three type of girlfriend. First type will never let you fart.
They will get very upset if you do. Second type : would not mind so
much. And the third type, my favorite, is the one that really actually
enjoy if you fart. Only problem is they fart back at you.
One time I was with the first type, in a bed, trying to find a strategy
to discreetly squeeze wind as she was sleeping. I made this poisonous
one out, hoping she would not notice. She was deeply asleep and I
notice she's having a horrible nightmare. I had to wake her up. She's
crying and laughing in the same time.
- it was like shit everywhere, my
mother, my brother, everybody was pooping, and then it was like a
torrent in the street!'
- oh I'm sorry, it must be scary, I don't know
what it means."
- Michel Gondry dans "I've been twelve forever" (sur son dvd), en V.O.
sans le froggy accent mais avec les fôtes.
13 février 2007
Tout sauf Le Pen
J'ai vu Marine Le Pen samedi matin sur
LCP, interviewée par Christophe Jakubyszyn du Monde et Marie-Eve
Malouines de France Info, et je dois dire que j'ai été très
impressionné par la solidité de son discours. Je crains que le Front
National ne fasse un carton, surtout avec l'égalité de temps de parole.
Dans
la logique de son parti et de ses électeurs, sa performance a été de
très haut niveau. Elle a réponse a tout. Les réponses sont simples,
compréhensibles, concrètes, séduisantes. Elle a ce qu'il faut de
"modération" dans le discours ("la préférence nationale, c'est quand on
doit choisir entre deux dossiers de même valeur"). Elle a ce qu'il faut
d'agressivité vis-à-vis des journalistes - complices du pouvoir en
place ("vous allez me parler de Georges Frêche, de Dieudonné ? Moi je
veux parler des problèmes des Français"). Elle a ce qu'il faut de
nouveauté, de crédible quand on lui dit que Sarkozy empiète
sur son territoire ("il reprend les idées qui sont les nôtres depuis
toujours" / "il est au pouvoir et ne change rien"). Elle est crédible
dans la victimisation ("ce serait une catastrophe pour le Front
National que Le Pen ne soit pas au premier tour"). Elle parvient à
occuper le terrain des propositions. Elle s'assume ("oui, il y a une
lepénisation des epsrits"). Elle affiche ses ambitions
(gouvernementales) et se projette dans l'avenir. Impossible de la
coincer : dans la logique FN, son discours est totalement mûr et
cohérent.
Je voyais en elle une femme agressive, rougeaude,
brutale, inintéressante. Force est de constater qu'elle a hérité de
certaines des qualités oratoires de son père (les bons mots en moins)
et qu'elle est en fait très à l'aise. Le discours du Front national est
parfaitement rôdé, prêt à séduire (n'oublions pas que tout va se jouer
sur la capacité à séduire dans la dernière ligne droite avant les
élections). Elle comme son père sont prêts à profiter à plein de
l'égalité du temps de parole... et n'attendent que les 500 signatures.
Marine
Le Pen soulevait à juste titre pendant ce débat le fait que si les
scores du Front National sont hauts, on ne sait pas si c'est parce que
les gens se dévoilent plus facilement ou parce que Le Pen bénéficie de
davantage d'intentions de vote. Elle fait le pari qu'on est sur la
deuxième hypothèse. Je serais tenté de penser qu'il y a un peu des
deux.
Ne l'oublions pas, le Front National est très haut, il
est prêt à séduire et réalisera de meilleurs scores que ceux qu'on lui
attribuera. Il y a ceux qui disent "Tout sauf Sarkozy". Que diraient-ils en cas de deuxième tour Sarkozy - Le Pen ?
Un
deuxième tour Sarkozy - Le Pen est-il possible ? Je me le demande
vraiment. d'un côté je me dis que l'expérience de 2002 conduira
inévitablement à davantage de "vote utile" au premier tour qu'il y a 5
ans. De l'autre... les électeurs sont plutôt à droite dans l'isoloir...
et je viens d'avoir cet étrange pressentiment en regardant Marine Le
Pen.
Un deuxième tour Sarkozy -
Le Pen est-il possible ? En l'absence de conviction profonde, c'est de
la réponse à cette question que dépendra mon vote du premier tour. Si
oui, je voterai "utile". Si non, ce sera un vote de "choix".
Si
vous réussissez à me convaincre qu'un deuxième tour Sarkozy - Le Pen
est possible, je risque donc de voter pour Ségolène Royal. Ce qui ne
serait pas une couleuvre pour moi, mais un python.
Je
sais : je ne dois pas exclure d'office Ségolène Royal juste parce
qu'elle me donne de l'urticaire et que je ne supporte plus d'entendre
ses extraits de discours tous les matins sur France Inter, prononçant
des phrases d'une banalité totale, du genre "nous allons gagner
ensemble !" derrière des applaudissements hystériques. Je peux même
dire du bien d'elle : par exemple, je n'exclus pas qu'elle puisse nous
faire sortir d'un modèle politique ou le Président omniscient est le
sauveur du peuple, pour évoluer vers un modèle politique ou le
Président crée les conditions pour que le peuple (1) se sauve par
lui-même. C'est ce que Thierry Crouzet décrit dans le Cinquième Pouvoir, dans le chapitre sur Tolstoï. (A lire vraiment pour voir les choses différemment.)
Si
j'en arrive à la conclusion qu'un deuxième tour Sarkozy - Le Pen n'est
pas possible, je me déterminerai "pour" un candidat, "pour" un
programme, "pour" des propositions. Et probablement "pour" le meilleur
programme environnemental. Mais étant donné que mon emploi du temps me
met en situation passive devant l'information politique, cette
réflexion n'est pas encore bien avancée... Et à ce stade, la seule
chose que je suis capable de dire, c'est "tout sauf Le Pen".
(1)
le mot 'peuple' ne vous fait-il pas affreusement penser au commentaire
d'un match du tournoi des VI nations : "peuple de rugby", "peuple
irlandais", "peuple gaélique"... un peuple que l'on imagine "droit",
"digne" ou "fier"...
09 février 2007
Avec 10 ans de retard...
... (ou presque), je découvre le clip de Praise You de Fatboy Slim dans le DVD des films de Spike Jonze, et c'est je crois clip le plus dingue que j'aie vu.
Bien communiquer avec les médias
Le Milan AC révolutionne la façon de faire des relations presse avec sa
sortie contre le quotidien madrilène As. Ah, ce serait tellement plus
drôle si les grandes entreprises s'inspiraient de ce type de
déclaration :
« Cher As,
L'AC Milan dément toute négociation. Est-ce clair ? Est-ce très clair ?
Est-ce définitivement clair ? As, nous te parlons. Parce que tu dois
savoir, cher As, que nous avons décidé de t'écrire comme si nous le
faisions à un ami. Et qui trouve un ami, trouve un trésor, aussi nous
avons une richesse infinie de sujets à soumettre affectueusement à ton
attention. Par exemple : comment devons-nous t'écrire que Kaka ne bouge
pas du Milan ? Pour faire bref cher As (...) titre plutôt : "Kaka ne
bouge pas de Milan" dans toutes les langues du monde. La phrase est
objectivement brève et simple, tu peux donc la décliner comme tu veux.
Tu peux la prendre comme pense-bête pour tous les jours de l'année avec
une vaste liberté de choix même dans l'emploi des caractères : en
majuscules, en majuscules-minuscules, simplement en minuscules, en
cyrillique, avec des idéogrammes ou des hiéroglyphes. Tu fais comme tu
veux (...) Tu peux même la prononcer, la mimer, l'illustrer avec des
dessins. L'important, c'est que tu ne l'oublies pas »

