Adam Kesher

Médias. Communication. Société.

24 avril 2007

Méfiez-vous des procurations

Pendant que toute la France se félicite de ce formidable renouveau démocratique, je voudrais juste signaler que je connais deux personnes qui avaient donné procuration pour le premier tour mais qui n'ont finalement pas pu voter.

Motif expliqué aux "procurés" de ces électeurs : le bureau de vote n'a pas reçu les éléments nécessaires. (Et au moins une voix perdue pour Bayrou dans cette affaire, d'ailleurs, pffff).

Sur les deux électeurs concernés, l'une avait fait la démarche dans son commissariat lundi 16 à la première heure, l'autre mercredi 18. Je veux bien que ce soit un peu "last minute". Mais si l'administration n'est pas sûre que la procuration aura le temps d'être traitée (ce qui semble un peu inconcevable quand on travaille dans et avec des entreprises ou l'information circule de façon électronique), elle prévient non ? Ou alors elle refuse le dossier ?

Je suis peut-être un peu vieux con là-dessus, mais j'en connais qui ont eu les boules de ne pas pouvoir voter et je comprends.

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23 avril 2007

7

C'est le nombre de voix obtenues par Gérard Schivardi à Neuilly sur Seine.

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22 avril 2007

Sarkozy délinquant

Il n'attache pas sa ceinture à l'arrière.

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08 avril 2007

Voter : pour qui ? Mais pour quoi ?


Même si je n’ai encore déclaré mon soutien à aucun candidat sur ce blog, je sais qu’on me classe côté Bayrou. C’est peut-être depuis que le Monde m’a classé « centriste » ; et / ou suite à des analyses anti-Royal assez virulentes ; et / ou à mon absence d’intérêt pour Sarkozy.

Et c’est vrai : si on votait demain, ce serait pour François Bayrou. D’abord par rejet de l’UMPS : Sarkozy comme Royal me paraissent tous les deux, et pour des raisons différentes, dangereux.

Royal, pour des raisons déjà largement évoquées ici, le problème de la compétence la mettant d’office hors jeu et étant à mon avis un potentiel à gros problèmes internationaux si elle passait.

Sarkozy, parce que je me sens éloigné de ses préoccupations principales, économie et sécurité, et de leur résolution proposée ; et que je suis sensible à l’argument anti-sarkozien de « l’atlantisme ».

Mais si je votais Bayrou demain, ce serait aussi par adhésion : dans la démarche de Bayrou, m’intéressent la volonté de faire alliance avec les deux camps (le clivage droite – gauche étant une de mes cibles préférées) ; de mener une réforme institutionnelle profonde ; de s’attaquer réellement au problème de la dette ; de mettre les PME au cœur de l’économie ; et le soutien de Corinne Lepage.

On retrouve là trois des thèmes qui me sont chers : les institutions, la dette et l’environnement. Et pour les autres thèmes qui m’intéressent (l’aide aux PVD, la stabilité géopolitique, la décroissance et les inégalités), je ne vois pas de raisons d’aller voter Royal ou Sarkozy.

A tout cela s’ajoutent la crédibilité d’un homme qui a à peu près tout fait pour se couper de son électorat traditionnel ; qui a mené une politique d’opposition résolue et cohérente depuis 5 ans ; qui est un vrai républicain et que je pense mille fois plus sincère que Ségolène Royal (critère important dans mon inconscient). Tristram faisait un bon résumé de son vote Bayrou.

Je ne marche pas à « c’est un homme de droite », argument vide qui montre à quel point certains manquent d’imagination ; je ne marche pas à « il n’a pas de programme » - je suis même assez rassuré qu’un ami économiste qui a énormément de mal à se dire qu’il peut voter autre chose que socialiste m’a dit que son programme tenait bien la route.

Et je ne marche pas non plus à « il n’aura pas de majorité, il ne pourra pas gouverner » : quand on gagne, on entraîne, et bien sûr qu’il aura des soutiens. Si les Français veulent une union nationale, les hommes politiques socialistes et conservateurs n’auront pas d’autre choix que d’y aller.

Je m’amuse également beaucoup du « vote utile » gauchiste, le seul moyen de battre Sarkozy à coup sûr étant de faire passer Bayrou.

Je me réjouis presque enfin d’imaginer le candidat socialiste absent du second tour pour la deuxième fois, ce qui forcerait enfin le PS à faire sa mue et devenir le grand parti moderne qu’il devrait être.

Néanmoins, il y a plusieurs questions que je n’ai pas résolues, avant de formuler mon choix.

Parce la seule question posée par les médias est « voter pour qui ? », alors qu’elle devrait être précédée d’un « voter pour quoi » ?

Et c’est toute la question des déterminants du vote qui est bien absente du débat.


1. Devrait-on voter pour un candidat ou pour une famille politique ?

Il est bien évident que ce système d’élection, « la rencontre du peuple avec un homme / une femme », favorise la déification d’une personne qui est largement absente des affaires courantes.

A ce titre il faut se souvenir du mot de Mitterrand à Roland Cayrol (© Guillaume Buffet) :

« Monsieur le Président, quelle est la décision la plus difficile que vous ayez eu à prendre au cours de cette législature ?
Mais enfin, Monsieur Cayrol, vous savez bien que le Président ne prend qu’une décision par législature : celle de nommer un Premier Ministre…. »

De mon point de vue, ce pourrait être un point pour Ségolène Royal. Mais il n’ y a aucune garantie que la famille sociale-libérale soit invitée à jouer les premiers rôles.

Et je n’ai pas la réponse à la question « quel est le poids réel du Président dans la politique qui sera menée jusqu’en 2012 » ?


2. Devrait-on voter pour un projet ou un programme ? Pour des intentions ou des promesses ?

Là, c’est très compliqué. Il faudrait lire les programmes en détail tout en ne croyant pas aux promesses…

Pas de problème pour ne pas croire aux promesses chez moi (et hop, un point pour Bayrou, et les hypothèses de croissance de Royal et Sarkozy à 2.5%, quelle rigolade), mais une énorme culpabilité de ne pas entrer dans le détail des programmes, dont l’aspect technique me met très vite en situation d’incompétence pour les analyser.

Reste alors à espérer qu’il y a cohérence entre les intentions déclarées par le candidat et son projet ; cohérence entre le reporting médiatique et la réalité du programme. Et plus il y a d’information, moins elle est lisible.


3. Devrait-on voter avec son inconscient ou son rationnel ?

Et c’est tout le piège d’une présidentielle extrêmement personnalisée : on a envie de voter pour celui qu’on trouve le plus sympa (d’où Chirac en 1995). D’où le besoin pour les candidats de créer de l’émotion. D’où l’évacuation du fond dans les médias et du rationnel chez les électeurs.

Est-il alors simplement possible d’être objectif sur les bons aspects des candidatures Royal ou Sarkozy quand on a des griefs personnels à leur encontre ? Comment aller au-delà du délit de sale gueule ?

Pire, je me rends compte que je suis la plupart du temps en train de chercher des raisons de ne pas voter Royal et de voter Bayrou. Elle a un programme écologique mieux noté que celui du candidat de l’UDF ? Mon inconscient me dit qu’elle ne le mettra pas en œuvre. Elle s’attaque à la réforme des institutions comme Bayrou ? Ou elle tient un discours cohérent sur les PME ? Oui, mais elle ne fait que de copier, me dit une petite voix.

L’illusion de l’objectivité, ce n’est pas seulement le problème du rédacteur. C’est aussi le problème de l’électeur.


4. Devrait-on voter utile ou pour ses idées ?

C’est sans doute la seule question de la détermination du vote politique qui soit posée dans l’espace médiatique. Il faut voter pour ses idées, nous disent les petits candidats.

Et le système est conçu pour ça : au premier tour on choisit, au deuxième tour on élimine. Mais le 21 avril est passé par là et on sait qu’il faudra se déterminer entre Bayrou, Royal et Sarkozy.

Le vote devient alors tactique. De ce point de vue, le vote Bayrou présente le double intérêt de condamner le PS à se reprendre en main et d’offrir une alternative possible à une politique libérale.

Mais la tactique peut changer aussi vite que les sondages, c’est tout l’inconvénient… Et il est bien embêtant de se dire qu’on accorde de l’importance aux sondages.


5. Devrait-on voter pour un ensemble de choses ou pour une idée forte ?

Et en l’occurrence, pourquoi ne pas voter sur le seul critère écologique et Dominique Voynet ? C’est quelque chose que je n’exclus pas totalement.

Comment résumer tout ce qui précède ? Je suis clairement sur la pente Bayrou, consciemment ou non, mais pas au point d’habiller mon blog en orange comme on me l’a proposé. Et j’ai sans doute besoin de discuter…

Posté par adam kesher à 11:23 - 3. société - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 avril 2007

indépendance de la presse ?

Les discussions off avec les journalistes, c'est toujours un régal, quelle que soit la spécialité de l'interlocuteur. Il n'y a pas si longtemps, j'évoquais le point de vue d'une journaliste basée à Bruxelles sur la com de l'UE. Récemment, c'est une discussion avec une spécialiste mode / beauté qui m'a édifié. Rien de nouveau pour les spécialistes, mais il y a de quoi se poser de sérieuses questions sur l'état de la presse en France :

"Dans la presse féminine, on envoie des journalistes en voyage de presse alors qu'on sait pertinemment qu'on ne va pas couvrir le sujet, simplement parce que l'organisateur est un bon annonceur du journal. La journaliste doit se débrouiller avec l'attachée de presse qui s'étonne qu'il n'y ait pas de papier alors qu'il n'en a jamais été question"
.......... "il y a de petites marques qui font de super opés de com, mais on n'en parle pas parce qu'elles ne sont pas connues".......... "il ne faut surtout pas qu'on aie une appréciation d'un produit dans la presse, de toute façon on ne les teste pas, les produits ; la marque XXXX, qui fait des produits de merde, malgré sa réputation, étant un très bon annonceur, il est hors de question d'en dire autre chose que du bien".......... "les rédactrices qui bloguent peuvent donner un meilleur ressenti personnel d'un produit, mais se font blacklister automatiquement si elles disent des choses tabou. Quand elles trouvent un produit merdique, au pire elles vont dire 'il ne convient pas bien à mon type de peau'. Si elles vont plus loin elles perdent tous leurs contacts et leurs missions"...............

C'est ce qu'on appelle un système bien verrouillé.

Posté par adam kesher à 20:12 - 1. médias - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 avril 2007

Le bonheur c'est simple comme un coup de pied (cadré)

Ca va beaucoup mieux depuis hier soir, moi. Parce qu'il ne faut pas perdre de vue le véritable enjeu de société d'ici le mois de mai : le maintien du PSG.

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Posté par adam kesher à 19:27 - rien de tout ça - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 avril 2007

Pas mieux...

... que ce billet d'Askolovitch suite aux événements de la Gare du Nord, qui s'interroge : "et si la gauche sortait de l'excuse sarkozienne, pour changer ?". Et qui relève à gauche "une dérive moralisante, fastoche (les flics ont tort et les délinquants toujours de bonnes raisons) confortable en somme, peut-être payable électoralement, croit-on, dans les quartiers... Et accélérée, évidemment, par les indéniables dérapages policiers, les réelles brutalités de fonctionnaires qui, parfois, oublient qu'ils sont au service du peuple -peuple des cités aussi- et par la jactance épuisante de Sarkozy..." ainsi que les inévitables contradictions : pourquoi une commémoration pour Bouna et Zyied et pas pour Sidi Ahmed et Jean-Jacques Le Chenadec ?

Posté par adam kesher à 17:51 - 3. société - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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